‹ Histoire de Charles VII (volume 2)Chapitre 173 sur 362 · CHAPITRE Yl LE DAUPHIN DE HONTEREAU A BAUOE e. 1i19-3i HARS un · texte numérisé non relu

CHAPITRE Yl LE DAUPHIN DE HONTEREAU A BAUOE e. 1i19-3i HARS un

n après [e meurtre de Uontereaa : les lelli III ml d'Angleterre. — Le Ddiphin s'adrca n voyage Iriomphal dans la Midi, qni c prise de NImug et de Obiers. AttenlaL i part de responubïlité du Dauphin cl d< ' — - 'o Dauphin 90 remet ep eau

Au lendemain du tragique événement de Montereau, i grave question 'se posait. La paix avait été ^olennellcmi jurée ; le serment de l'observer avait été prêté, non aeulemi par les deux parties, mais par les conseillers de chacun i princes, par les grands corps de l'État, et, dans tout le royaui par les bonnes villes. La mort du duc Jean détruisait-elle Tel du traité t Allait-on demeurer Adèle aux engagements contri tés? Ou, au contraire, était-ce un nouveau serment de vengeai et de haine qui allait être prêté sur le cadavre de Jean sans Pei

Personnellement, le Dauphin n'avait rien à se reprocher de la catastrophe, accomplie d'une manière fortuite, et sans participation. 11 cmt qu'il pouvait se maintenir sûr le terr. où il s'était placé jusque-là, et dès le soir même, par les soi de son Conseil, un manifeste fut rédigé pour faire connaître pays ses intentions.

Il exposait que, par son consentement et sur son initiative *, . une paix avait ét(^ conclue et une abolition générale promulguée ; que, pour pourvoir aux affaires du Royaume, et résister aux Anglais, il s'était rendu de sa résidence du Berry à Montereau, où il avait séjourné dix-huit jours, attendant le duc de Bourgogne, qui devait se réunir à lui pour régler les points laissés en suspens; que, dans Tentrevuc, il lui avait d'abord « remontré amiablement » comment, malgré le traité signé entre eux, malgré l'engagement pris par le duc d'attaquer les Anglais dans le délai d'un mois (à partir du 1 1 juillet) et de faire évacuer ses garnisons, rien n'avait été fait ; que le duc lui avait alors répondu « moult en oultrageuses paroles, » et qu'eu outre il avait tiré l'épée pour attenter à sa personne, voulant, comme on l'avait su plus tard, la « mettre en sa subjection ; » que le Dauphin, grâce à Dieu et au dévouement de ses serviteurs, avait été préservé, et que le duc, « par so;i oultrage et entrepriuse, » était « demeuré mort en la place ; » que comme, en raison du « cas advenu, » on pouvait supposer que le Dauphin ne voulait pas maintenir la « paix et abolition générale, » il déclarait que son intention était de la maintenir, et promettait, en parole de iils de Roi, de l'observer entièrement*.

Le même jour, et les jours suivants ', des lettres missives furent adressées par le Dauphin au Parlement de Paris, à l'Université, aux prévôt des marchands, échevins, bourgeois et habitants de Paris, aux bonnes villes de son obéissance, pour

^ 1 . « A noslre pourchaz. »

2. 10 septembre U19. Archives, K 60, n» 15; X<« 8603, f. 55 ; Briennc , 197, f. 237 et 247. Cette lettre fut lue en la chambre du Parlement, à Paris, le 17 septembre. — Une autre version, fort abr^g(^e, et sans date, de celte lettre, adressa au baHli de Verniandois, se trouve dans un formulaire du temps, ms. fr. 5271, f. 160; elle ne contient pas le reprit des faits, et se tennine par cette dtVIaralion : « Savoir faisons que nous, qui ne voulons riens tant que veoir paix en ce royaume et entre les subgiez do mondit seigneur, pour l'esister aux anciens ennemis , voulons et est nostre cntencion de garder et entretenir la paix et abolicion générale dessus dicte vers tous les subgiez de mondit seigneur, de quelque estât qu'ils soient, sans ce que, à cause des choses passées, ou aucune d'icelles, leur puisse aucune chose eslre demandée, ains puissent Icsdiz subgiez labourer et faice leurs mestiers et marchandises plainemcnt et paisiblement, sans avoir empeschenoenl en corps ne en biens à la cause devant dicte. »

3. Lettres des 10, M, 12, 13, 16, 17, 27 septembre Catalogue des actes ée Charles VU (en préparation).

leur faire connaître les faits et leur déclarer ses intentions K Mais Charles ne se borna pas à ces démarches. Nous avons une lettre adressée par lui de Nemours, le 15 septembre, non plus aux bonnes villes ni aux corps constitués, mais au fils même de la victime, à Philippe, le nouveau duc de Bourgogne, qu'il avait connu enfant *. Il convient de donner ici ce curieux document, qui jette une vive lumière sur la situation :

■ A noslre très chier et très amé frère le duc de Bourgongne, oonle de

Flandres, d*Artoys et de Bourgongne,

De PAR LE Régent le royaume, Daulï»hin de Viennois, duc de Berry, de Tour aine et conte db-Poigtou.

Très chier et très amé frère, pour ce que savons que bien desirez savoir à plain de noslre estât et sancté, nous vous certiffions que, à la façon de ces présentes, nous estions en bonne sancté de noslre personne, mercy Nostre Seigneur, qui le semblable vous vùeille oUroier ; laquelle chose ouir de vous, ensemble de voz nouvelles en bien, nous sera singulière plaisance, toutes fois que escripre nous en vouldrez.

Très chier et très amé frère, vous avez bien sceu comme nous lenons la paix qui a esté faicle et publiée en ce Royaume, par laquelle et par les amiitiez et aliances contraiclées entre nous et feu voslre père, nostre cousin, cui Dieu pardoint, devoit eslre et demeurer bonne union en ce Royaume, tant entre lui et nous comme entre les subgiez d'icellui. Et nous avoit promis voslre dit père de non avoir desoresmais aucunes parolles de Iraiclié, aliance ou amitlié avec l'adversaire d'Angleterre, ainçois renonçoit à ceuls que par avant y povoit avoir, jurant la foy de son corps que dedans uns moys après, il leur feroil ouverle guerre ; et par ainsi departismes d'ensemble, en bonne amour, et en accort de retourner à certain jour l'un avec l'autre, pourbesoingner sus les affaires de ce Royaume, mèsmemenl contre les ennemis. Mais pendant ledit temps, icelïui nostre cousin, incontinent après, retourna à Pontoise, et convinct avec ledit adversaire pour rejoindre et enlrelenii» les

1. Voir le texte dans Monstrelet, t. III, p. 352, et dans La Barre, t. 1, p. 296. Cf. Kervyn de Lettenhove, Hi$L de Flandre, t. III, p. 159, note 2. 11 y a un texte beaucoup plus développé, en date du 27 septembre, dans Besse, p. 317.

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