Voir à ce sujet une note de M. Vallet, 1. 1, p
iposait, au mépris des engagements contractés à Sablé, k 'er le traité de Troyes, — était à la veille d'éclater et avait ur but de livrer La Rochelle aux Anglais '. Charles partit de ui^es, en toute hâte, le 26 septembre, pour cette ville; il arrêta quatre jours à Poitiers, où siégeait son Parlement, et riva le 10 octobre à La Rochelle.
Pendant ce séjour à La Rochelle, où le Dauptûn déploya a fois de l'activité et de l'énergie, il reçut une marque sialée de la protection divine. Une nombreuse assemblée était inie sous sa présidence, dans la grande salle de l'évëcbé il était logé. Le plancher s'effondra soudain : tous les assisits furent précipités dans une salle basse, à l'étage inférieur; isieurs furent tués, un grand nombre blessés. Le prince, qui lit assis sur une chaière, placée sous une sorte d'arcade prauée dans l'épaisseur d'un gros mur, tomba moins lourdement ; chute fut ainsi atténuée : il glissa, au lieu d'être précipité ns te vide, et ne reçut que de légères contusions *. L'émoi : grand dans la ville; un auteur du temps nous dit que «tous an qui n'estoient pas en la place furent près de s'entretuer, idans que Monseigneur le Daulphin et ceulx de sa compagnie isent mors par trahison et mal apensement'. » La rumeur répandit au loin : dans tout le royaume, le bruit courut que
. D«s détails sur la situation de La Rochelle, et sur le mouYemeDt du t! aoOt, se ^ent dans lc« Regittru du ParUment de Poitien. Arctûves, X<' 18, à la date des !t 20 décembre US3 et 37 janvier \VU.
Voir XHUloire de La Rochelle (maauscriie), d'Anios Barbât, ms. (t. 189Ë8 (Sml~ TiaÎD rrançats 1060), à l'auiée MU; Cousinot, Getle dt» Noble», p. 187i Monstre
L IV, p. IM et Ut; ms. fr., 23018, f. «f (cil* par M. Douel d'Arcq. e« ): Chrontgue d'Alençm, dans Du Chesne, 18; Rainai, HUI. du Beiry, L ID, partie p. 9. Il parait résulter de certains de ces téinaign^:es, que le Dauphin, bim légèrement blessé , « demeura tout assis , > et ne fut point entraîné à l'étage ioréneur : tous [es assistants. Pourtant, la Chronique d'AleiKoa afUraïc que • hii et grand bre de chevaliers et ïscuyer^ fondirent et cheirenl en bat. » En outre, nous lisons ; des lettres en faveur de la Sainte^^apellc . en date du 28 juillet 1427 : • .... El une se potir Dûus le jour que Dieu nous préserva à La Rochelle du peiit en quoy fùsntes, nd nout dteutmei d'une talle haulte en une bai$e, parc« que le plancher fondi sui s et plusieurs autres en nostre compare, dont les aucuns furent mors emprei nous.» rnal, 1. e.) Dans son Épiire mr la réformation de son Royaume, adressée 1 Ses Vil (Ms. fr. 2701 , f. 87), Jean Jouvenel des llrsins s'eiprime en ces termes : •. scay qn'jl vous souvient bien du pcril ou fusles à \a Itochelle, quand le plancher Ht aouJiï Bou», et vostre parent, nommé monseigneur de Preanli (Pierre de Bourbon), eifolf derrière vous, fut tué, et auttres blesseï el navrez. > . Chronique iTAlencon, attribuée à Perc«val de Cagny.
le Dauphin avait été tué, et jeta le trouble et la consternation parmi les bons Français *. '
Charles ne pas^a que cinq jours à La Rochelle : il partit le 15 octobre, après avoir, par de sages et habiles mesures*, mis cette ville ^ Tabri des menées de ses adversaires, et l'avoir confirmée dans une fidélité qui ne se démentit jamais. Le 24,. il rejoignait la Dauphine au château de Mehun.
C'est là qu'il apprit la mort de son père , survenue le 21 octobre à Paris, et que, le vendredi 30, il prit le titre de Roi.
En examinant attentivement l'image de Charles, telle qu'elle nous apparaît jusqu'au jour dje son avènement, nous pouvons constater combien elle est difl<érente de celle que nous présente l'histoire, et l'histoire même qu'on pourrait croire la mieux informée. Où est cette « éducation molle, énervante, solitaire, abreuvée du poison de la flatterie » dont on a parlé récemment'? A quelle marque reconnaît-on un « développement tardif des facultés *? » Y a-t-il plus de vérité à parler de « l'iner- ' tie » du Dauphin, et de sa disparition « au sein d'un dçmi-jour sans gloire et probablement sans vertu ' ? » Pendant cette première période de sa vie publique, il est loin d'être « enfermé comme au milieu d'une enceinte impénétrable ®, » et l'histoire ne nous voile pas tellement ses traits qu'il ne soit possible d'en tracer une esquisse '.
Nous pouvons désormais, à la lumière des seuls documents contemporains, nous rendre compte de ce que fut, de quinze à
1 . e Et fu depuis commune renommée que il moru dedens brief temps après ; et les aucuns maintenoient le contraire. £t fu très lonc temps qu*on ne sa voit à Paris, ne es marces de Picardie , ne en pluiseurs autres pa!s , se il estoit vivant ou non. El dura celle esreur depuis ce temps jusques au moix de mat*ch ensuivant. » Chron. anonyme , citée en note dans Monstrelet, t. IV, p. 132. lies habitants de Tournai envoyèrent, pendant le caresme, a pour savoir la venté de Testât dudit Daulpbin. » Cf. ms. fr. 23018, f. i36, et Archives législatives de la ville de lieims, par Varin, 2« partie, t. I, p. 618, note.
2. Voir à ce sujet Arcère, Hist. de La Hocftelle, t. I, p. 269-70,
3. Histoire de Charles VU, par M. Vallet de ViriviUe, t. I, p. 422.
i. Id.^ Ibid., p. 159. — Le même historien appelle Qiarles (p. 465) T « enfant de la démence, i» Les faits, tels qu'il les expose , suffisent pour démentir ces appréciations faihlaisistes, où le peintre a poussé au noir,