‹ Histoire de Charles VII (volume 2)Chapitre 218 sur 362 · DES POURPARLERS ENTRE LE DAUPHIN ET HBNBI T EN · texte numérisé non relu

DES POURPARLERS ENTRE LE DAUPHIN ET HBNBI T EN

lUIiliana arec l'AnglMem saui Henri IV : ]« pani bourgoignon M le pirli orliaous llieitent lour i lotir l'appui d«t Angltti. — Aultudc egmsiive lie Henri V ; il triiu sâjur^ int arec Jean sans Peur en 1414. — Négoelation* avanl Aiincourt : inlervealioa de l'emr«ur Sigitmond à Paris el à Londres ; il icompe la Krancc et l'sltie contra ello avec l'An|b- 're. — Entrevue du roi d'Angleterre et de l'empereur i CbIsIs avec le duc de Bourgogite. ConlinuBtion de) négocia ions entre la France et l'Angtelerre. — Diclaration de guerre de

irneville. — Nègocialioni avec la Savoie. — Intarvenliso du pape Martin V ; difSculiés faitti ur la déclaration d'obédience; lei cardi ne ui- légale échouent dans leur niiuion. — Le Daulin [ail da ouvertures i Henri V; conCérencei d'Aleofon. — Henri V nigocie tour i tour DC les deux partis; IrCves avec le Dsupbin cl avec Charles VI; ruplnre avec le Dauphin, — égocialiooi poursuivies avec Charles VI; coorérencet de Haulan.

L'histoire de nos relations diplomatiques au temps de harles Vil a une si haute importance, elle a été jusqu'ici teltment laissée dans l'ombre, qu'il convient de l'exposer avec ;s développements nécessaires.

On peut la diviser en deux grandes périodes.

Dans la première, toutes les alliances sont dirigées contre Angleterre, depuis longtemps notre ennemie acharnée, qui, près avoir formé contre la France un réseau d'alliances desné à l'isoler au milieu de puissances neutres ou hostiles, rerend l'œuvre de la conquête , et la pousse avec une telle igueur, que l'existence même de la nationalité française, est u péril.

1360 et suiv. la diplomatie du dauphin. , 249

Dans la seconde, ce tf est plus contre les Anglais, paralysés par leurs divisions intérieures et bientôt expulsés du territoire, que Charles Vil cherche des alliés; c'est contre une puissance nouvelle , née à Tombre du trône , qui a grandi au milieu de nos désastres, et dont le développement démesuré menace dans le présent l'indépendance , dang l'avenir la sécurité même de la France. L'Angleterre, réduite à l'impuissance et finalement terrassée, Charles VII se retourné contre la Bourgogne, et,, dans ime lutte qui n'aura d'autre terme que sa mort, il ne cessera, sans sortir cependant — sauf peut-être à la dernière heure — du terrain diplomatique, de porter à la puissance bourguignonne des coups habiles et réitérés.

Mais si l'on veut se rendre compte de la situation réciproque de la France et de l'Angleterre au moment où le pouvoir arrivait aux mains du Dauphin, il convient de reprendre les choses de plus haut et de jeter un coup d'œil sur les rapports des deux puissances depuis l'avènement de la maison de Lancastre.

Le traité de Brétigny, signé le 8 mai 1360, donnait à l'Angleterre, en souveraineté absolue, le duché de Guyenne avec toutes ses dépendances, les comtés de Ponthieu et de Guines, enfin les villes de Calais et de Montreuil *. Grâce à l'épée de Du Guesclin et à une habile politique qui, en ôtant à l'Angleterre l'appui de la Castille, de la Navarre et du duc de Bretagne, l'avait isolé en Europe, Charles V était parvenu à enlever à Edouard III une partie de ses conquêtes ; à sa mort, l'Angleterre ne conservait que Bordeaux et Bayonne, avec une portion de la Guyeune et la ville de Calais.

Sous son successeur, un rapprochement s'opéra entre la France et l'Angleterre : sans toucher au fond du différend et en laissant les choses dans le statu quo, une trêve de vingt-huit ans fut conclue, en date du 9 mars 1396, et la main d'Isabelle de France, fille de Charles VI, alors âgée de six ans, fut donnée à Richard, avec une dot de huit cent mille francs ^.

1. Le traité de Brétigny se trouve dans Rymer, t. m, part, ii, p. 5, et dans Leibniz, Codex juris gentium diplomaticus , p. 208-18 (en français). 11 est accompagné de documents complémentaires, qui sont tout au long dans Ryme;*, p. 5 à 32. — L*acte de i-enonciation à la couronne est daté de Calais , le 24 octobre.

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