Jouvenel, p. Ul. CT. Rel^eui, t. IV, p. S
lettres du Roi, en date du 21 juillet, déclarèrent nul et non avenu le traité des princes avec les Anglais *. Le duc d'Orléans, pour se débarrasser de ses gênants auxiliaires , qui s'étaient avancés jusqu'à Blois, dut, en son nom et au nom des ducs de Berry et de Bourbon, leur promettre trois cent dix mille francs, et remettre entre leurs mains, comme otages, avec plusieurs de ses serviteurs, son jeune frère le comte d'Angoulême, qui resta prisonnier jusqu'en 1445*. Glarence ne fît que traverser la France et gagna Bordeaux '.
Au commencement de 1413, le duc de Bourgogne, qui régnait
1. Lettres des Rois, etc., t. n, p. 328. Les lettres sont insérées dans d'antres lettres du duc de Berry, en date du 22, signifiant le désaveu de Talliance au roi d'Angleterre. Semblables lettres furent envoyées par le duc d'Orléans , le duc de Bourbon et le sire d'Albret. Chose curieuse, le duc de Bourgogne écrivit aussi. Voici ce que, dans sa réponse an duc de Berry (à La Chance, devant Blois , le 6 septembre), le duc de Glarence dit à ce propos : c Et touchant le duc de Bourgoigne, pour ce qu'il rescript, selon noslre semblant, panullement ainsi que vous faites, de ce avons merveilles, car à ce qu'il ait aucunes alliances à notre dit très redoublé seigneur et père , à notre dit honoré seigneur et frère , à nous ne à nos autres frères , nous vous faysons savoir que non , ains en a esté de tout refusé , par ce que nous estions lyez ovesques vous; et si ce ne feust, nous pensons avoir accepte% ses offres et fermées avec lui aucunes alliances. » Ibid.^ p. 352. — Par d'autres lettres données à Auxerre, le 22 août, après le traité conclu entre les princes et le duc de Bourgogne , le roi ordonnait au duc d'Orléans et au comte de Vertus de renoncer à l'alliance anglaise et de signifier cette renonciation à V adversaire d'Angleterre (Archives, R 57, no 20; Choix de pièces inédites ^ publié par M. Douet d'Arcq, t. I, p. 352); ce que les princes s'empressèrent de faire (lettres du 23 août, K 57, n"^ 21 et 22). Mais ce n'était là qu'une formalité : la chose , on le voit, était déjà accomplie.
2. Pouvoir du duc et des autres princes, en date du 15 octobre, à Yincennes, pour traiter avec le duc de Glarence et autres des sommes à payer (Archives, K 59 , n° 2) ; traité de Buzançais, en date du 14 novembre (id., ibid., n° 4); état de répartition d'une somme de 210,000 écus promise à Glarence (U novembre. Archives, K 59, n® 3). — Il y eut à ce moment des négociations entamées : par lettre du H novembre lil2, des commissaires anglais furent désignés pour arrêter les bases d'un traité de paix entre la France et l'Angleterre (Archives, K 57 , n» 28). Nous voyons par un compte du temps qu'une aide fut imposée en Poitou pour résister aux Anglais, qui menaçaient d'entrer dans cette province (ms. fr. 6747, f. 16 v« et suiv.).
3. Chose digne de remarque, tandis que le duc de Bourgogne exploitait le tort si grave que s'était donné le parti d'Orléans en appelant les Anglais à son secours , il avait encore quelques-uns des auxiliah*es que lui avait amenés l'année précédente le comte d'Arundel. Ge fait est attesté par le moine contemporain Walsingham, qui s'exprime en ces termes sur la duplicité de la poHtique de son gouvernement (Historia Drevis, Londini, 1574, iurfol., p. 425; réimprimée en 1864, par H. Th. Riley, sous le titre d'Historia anglicana, t. Il , p. 288) : K Undc succrevit multis admiratio , quaUter tam repenlina facta sii mutatio , ut sub temporis tantilli spatio contingeret, Anglos velut duo contraria confovere; 9 il est confirmé de la façon la plus expresse par divers documents qui se trouvent dans les Titres scellés de Giairam^ault. Ge sont les <x declaracions des noms et seumoms dç certains gens d'armes et archiers du paîs d'Angleterre qui ont servi le Roy en ses dernières armées, auxquelx ledit seigneur donne de présent congié pour euli en aler. » Il parait y avoir eu cent hommes d'armes et quatre cents archers. Ils furent congédiés en novembre 1412 (Glairam-
i HISTOIRE DE CHARLES Vil. 1413
irs en maître, entra de nouveau en relations avec l'Angle- ■re. Henri V venait de succéder à son père, qu'une mort pré- Lturée (20 mars) paraît avoir seule empêché de subir une dication forcée '. C'était un prince âgé de vingt-et-un ans , onné jusque-là à tous les excès et ayant fait parade des is ridicules excentricités; mais, dès qu'il fut parvenu au •ne , il désavoua les folies de sa jeunesse et se montra un mme nouveau. La chute soudaine de la domination bourigDonne à Paris vint arrêter ces négociations; les ambasleurs envoyés à Balingbem ne ûrent que conclure (25 sepnbre 1413) une trêve comprenant les seules possessions glaises du Nord, et qui devait durer jusqu'au 1" juin 1414*. )ans les conférences de Balinghem, les négociations avaient s une tournure nouvelle : les ambassadeurs anglais avaient t entendre que le roi d'Angleterre voulait en revenir au traité Brétl^y, et qu'il exigerait la restitution des possessions enfées à SOS prédécesseurs. Justement alarmé de telles prétenns, le. gouvernement français envoya une ambassade en igleterre, avec mission de prolonger la trêve et de tout faire ur prévenir le coup qui nous menaçait'; un traité fut conclu, 24 janvier 1414, portant prorogation des trêves entre la
It, i-ot. je, p. 3105 «l 3J06; 53, |>. 398S; SS, p. 6708 cl U709; 98 . p. 7639). On 1 rapiirocbcr ce Tail île la diklaralion du comte d'Arundel on ûMe du 31 mai Iil3.
. Il mourut de la lèpre. — Un racoDie que son fds, le crojant mort, sYtail saisi de sa -oonc, di<posi<e iirË» du lit rajral, et l'avail emportée. Henri IV, revenant soudain A lui. anda ijui ayail pris sa couronne , el Ul venir le prince de tiallcs , qui s'excusa en disant I le erapii trépassé , cl qu'il avait pris ta couronne comme lui appartenant après lui. — eau lUi, dît le roi en soa[Hriinl, romment y auriei vous droit, car je n'en j ras ncques point, et ce scavei vous bienl g Monstrelcl, t. 11, p. 336. ~ Sur lerdle du icedcUalles, vnr Turner, 1. Il, p. 361-6S et 371-T3, et Hichelet, I, IV, p. 383-84. ner se trompe en.allribaant au prince de Galles l'assistance donnée au duc de Bourne, tandis que Henri IV portait assistance aux princes orlfanais; l'historien n'a pas su' nguer les dates, et il voit un anlaguDÏsmG enliv le père el le fils, là où apparaît seuleit la duplicité de la politique ani^aise.
. Pouvoirs de Henri V du li juillet pour traiter à U fois avec son a adversaire de lee n et avec le duc de Bourgogne (quatre lettres); pouvoir de Charles VI du m toiil; é du 35 septembre. Rjnier, (. c, p. t(MI et 48-tU.
. (^tte amirâsssde se composait de l'archevêque de Bouges, du coortétable d'Albret et i secrétaire du Roi, Gautier Col, Le sauf-conduit de Henri V est du 8 octobre; le voir de Charies VI du H novembre ; celui de Henri V du 10 janvier UU. Le 33 janun nouveau sauT-cunduit Tut délivré aux ambassadeurs pour i-evenir en France. Rjmer, ., p. 50, 53, fiO el 61. — Cr. Religieux, t. IV, p. 228.
France et TAngleterpe du 2 février 1414 au 2 février 1415 \ Ce traité n'était en quelque sorte que le préliminaire de négociations nouvelles, tendant à une pacification que devait cimenter Talliance de Henri V avec Catherine de France. Dès le 28 janvier,* conformément à ce qui avait été convenu, le roi d'Angleterre donnait commission à trois de ses conseillers pour se jrendre en France, et prenait l'engagement de ne point contracter mariage avec une autre que Catherine avant le 1<*' mai ^. Les ambassadeurs anglais passèrent immédiatement le détroit, accompagnant les envoyés de Charles VI ^ D'autres pouvoirs plus amples furent donnés à de nouveaux conseillers, pour traiter la double question du mariage et de la reconnaissance des droits du Roi *.
Pendant que ces négociations se poursuivaient, Henri V entra en pourparlers avec le duc de Bourgogne. Le 23 mai fut signée la convention de Leicester qui, on l'a vu plus haut ', jetait les bases d'une alliance entre les deux princes; le 4 juin, le roi d'Angleterre, au mépris de l'engagement pris avec la France (et qu'il renouvela le 18 juin)®, donnait des pouvoirs à ses ambassadeurs , qui allèrent ratifier à Ypres (7 août) avec le duc les arrangements faits à Leicester. Gautier Col, un des secrétaires de Charles VI, qui se trouvait alors en Angleterre ^ put] s'il était un diplomate clairvoyant, surprendre le secret de ces négociations et en instruire son gouvernement. Henri V et Jean sans Peur s'engageaient dans un réseau
1. Rymer, /. c, p. 62-66. Dans cet acte, rédigé à la fois en latin et en français, et revêtu d*une forme plus solennelle que les précédents , chacune des parties désignait ses alliés, lesquels fiirent compri^ dans le traité.
2. Rymer, /. c, p. 66. Paf lettres du même jour, le Roi donnait pouvoir à ses ambassadeurs de prolonger ce délai, qui fut en effet successivement reculé jusqu^au 24 juin, puis jusqu'au !«' août.
3. C'étaient Henri, lord Scrope, Hugues Mortimer et Henri Ware; ils arrivèrent le i mars , d'après le Religieux de Saint-Denis (t IV, p. 230).
4. Rymer, t. IV, part, i, p. 77. Ces nouveaux négociateurs étaient, outre Henri Ware , révéque de Durfaam, Tévéque de Norwich , Richard, comte de Salisbury, Richard, seigneur de Grey , Jean Pelham et Robert Watterton.