Voir ci-dessus , p
3. Lord Brougham, History of England and France under the Hanse of Lancasttr, p. 96.
pour gagner du temps et céder aux vœux du peuple *. Dans la session du Parlement qui eut lieu à Leicester en mai, il posa la question et la fît résoudre affirmativement. Gomment eût-on pu résister aux pressants arguments invoqués par un des orateurs, le duc d'Exeter , propre oncle du roi ? « Si la France , a»vait-il dit en s' adressant au roi, est la nourrice de TÉcosse, si les pensions de la France sont le soutien de la noblesse écossaise, si l'éducation des Écossais en France est la source deld^pratice andpollicie en Ecosse, attaquez-vous à la France, et la puissance écossaise sera abattue. Si la France est vaincue, de qui attendrait-elle du secours ? Du Danemark ? Son roi est votre beaufrère. Du Portugal ou de la Castille ? Les souverains de ces nations sont vos cousin-germain et neveu. De Tltalie ? Elle est trop loin. De l'Allemagne et de la Hongrie? Elles vous sont unies par des traités. Si donc vous vous emparez de la France, l'Ecosse est soumise sans coup férir. N'oubliez point, d'ailleurs, que l'Ecosse ne vous offre qu'un pays dépourvu de toute richesse et plaisance, un peuple sauvage, belliqueux, inconstant, tandis qu'en France vous trouverez une contrée fertile, plaisante et pleine de ressources (plentifull), un peuple poli (witty) et doux (of good ordre), avec de riches cités, de magnifiques villes, d'innombrables châteaux, vingt-quatre duchés puissants, plus de quatre-vingt provinces abondamment peuplées, cent trois évêchés fameux, plus de mille gras (fat) monastères, et quatre-vingt-dix mille paroisses (and parishe churches, as the french vyriters affinne, XC thoicsand and mo)^. »
Dans une autre session, tenue à "Westminster en novembre, on vota les subsides demandés.
Il ne s'agissait plus que de trouver un prétexte pour déclarer la guerre. La chose était aisée, et c'était la France qui
1 . Dans les réunions du Parlement tennes à Leicester, à partir du 30 avril , et à Westminster, à partir du lundi qui suivit la Toussaint, la question de la guerre fut agitée, et résolue par Taffimiative. Parliameniary Histary, t. Il, p. 137 et suiv. Les Proceedings contiennent (t. Il, p. 14042) la minute d'une séance du conseil tenue à Westminster, et d*où il résulte que la guerre était dès lors décidée , et qu*on ne négociait que pour donner satisfaction au Parlement, et à la requête de toin les estai et commune (p. 150).
2. Hall's Chronide. London , 1809 , in-4», p. 55 et sniv. Cf. Parliamentary Ûistory,
t. II , p. 354.
58 HISTOIRE DE CHARLES Vil. 1414
evait fournir ce prétexte. Déjà, dans l'ambassade envoyée à iharles VI Iopb du sièged'Arras.lesenvoyésd'HenriV, oubliant i renonciation inscrite au traité de Brétignj, avaient débuté par emander au nom de leur maître la reconnaissance de ses roits à la couronne de France. En donnant, le 5 décembre, à e nouveaux ambassadeurs des instructions pour traiter avec J8 conseillers de Charles VI, le roi d'Angleterre ne manqua as de rendre à l'ayaDCe leur mission sans issue possible. Les égociations s'ouvrirent à Paris, où les ambassadeurs arriérent dans la dernière quinzaine de janvier ', et furent reçus vec une grande magnificence *. On commença ('24 janvier) par rolonger la trêve jusqu'au l*^ mai*; puis les ambassadeurs nglais produisirent leurs demandes.
C'était la première fois, depuis le traité de Brétigny, que les cétentions de l'Angleterre allaient être solennellement expoées et débattues. Les Anglais commencèrent par demander la jstituliondu royaume de France, avec tousjes droits etprérogaves delà couronne. Après ce préambule de forme, ils formuïrent d'une façon plus sérieuse leurs prétentions : ils exigeaient abandon du duché de Normandie, du duché de Touraine avec ',B comtés d'Anjou et du Maine, du duché de Bretagne, du omté de Flandre, de la partie de la Guyenne que le Roi et ses artisans détenaient, de tout ce qui avait été attribué au roi Idouard par le traité de Brétigny, et du territoire situé entre i rivière de Somme et Gravelines, — le tout en pleine souveùneté. Finalement les ambassadeurs anglais réduisirent leurs emandes aux possessions attribuées à l'Angleterre par le ■aité de Brétigny, à la moitié du comté de Provence, avec les eigneuries de Beaufort et de Nogent, à seize cent mille écus 'or pour le reliquat de la rançon du roi Jean, enfin à deux milons d'écus d'or pour la dot de la princesse Catherine *.
1. Rapin-Thorns , «n platanl {UUloir'. d'Angleleirt, t. IH, p. 363, ei ibrf(( it fnier, t. Il, p. Il())c«llc néK'^ciatîon en 14U, a commis une grave erreur, dus laquelle usieurs hiâUiricns anglais, te suitaol sans te cunlrûler, sool lôniliés avec hii.
2. Voir sur la l'éceplioD qui kur Tut Taile et les ttles qui eurent lieu pendant leur s^gw. Religieux.!. V. p. US, el Uonstretet , 1. Ul, p. 59-60.