Rymer, /. c, p
2. Cette lettre, en date du 7 avril 1415, se trouve dans le Religieux^ t. V, p. 500-504. 0 uni quidem ambassiatores et nuncii nostri , disait le roi d'Angleterre , varia petierunl et talia conclusive , de quibus ea solum , Deo teste y de cansa contentamur , (|uod de tanto bono pacis contentari debere non ambigimus ipsum Deum. j» Henri, en envoyant le saufconduit (en daie dn 13) pour les ambassadeurs, écrivit de nouveau au Roi une lettre (15 avril, W., ibid., p. 506-510), où Ton trouve la même phraséologie sonore et creuse.
3. On a une fort curieuse relation de cette ambassade, publiée dans le Recueil de Besse, p. 94 et suiv. Cf. le Religieux, t. V, p. 512 et suiv., et sir Harris Nicolas , History of the. baille of Aiincourt (London, 1832), p. 25-31.
4. Voir Monstrelet, t. RI, p. 72 et suiv.; Religieux, t. V, p. 514 et suiv,; Jouvenel, p. 288-89. — U résulte de I^ relation de Tambassade qu'on ajouta à ce qui avait été offert
au 15 juillet la trêve que des commissairea des deux i, réunis à Calais, venaient de prolonger du 24 avril lai '. Les représentants de la France purent assister aux ■atifs militaires qui, dès le mois d'avril *, se poursuivaient iblement. Dans une réunion tenue à Westminster le il*, Henri V avait, en effet, annoncé officiellement au lent son intention « de faire un viage à la gr&ce de Dieu, propre personne , pur le recovirlr de son héritage et la sgracion des droitz de sa corone *. »
ambassadfurs étaient de retour à Paris le 27 juillet. , Henri V remettait à son principal héraut d'armes une portant sommation à Charles VI de lui restituer ce qui lit été injustement ravi'; le H août, ils'emharquait pour ince. On sait l'issue de la campagne : Harlleur tomba eptembre entre ses mains, et le 22 octobre, à Â2inoourt, uveau désastre était inscrit dans nos annales àcOtédë le Crécy et de Poitiers, mble qu'après un succès aussi prompt et aussi éclatant,
V eût dû pousser vigoureusement les hostilités. La nce française, abattue d'un coup, paraissait à la merci inqueui'. Le connétable d'Albret et ie duc d'Alençon t morts ; les ducs d'Orléans et de Bourbon , les comtes de me et d'Eu prisonniers; la meilleure partie de la chevarançaise' était tombée sur le champ de bataille, et les
qui restaient, éparses, paralysées par les rivalités de
la ville do Umoges et la sënëdiiusEée du Limouein , cl qu'on poiia la dol 1 feus (Besse, p. 163). H y avait! ce manient, à la Cour d'Angleterre, des imbassal'empereur, du Roi d'Aragon et du duc de Bourgr^e. ités du Si avril et du 10 juin, conclus i Calais. Rymn-, '. c, p. 113 et 137. février li15, on prenait d^jâ des mesures pour la garde de la mer s dorant le Rof. > ProcttdiTtgi and ordioancea, I. Il, p. 115. Ct. la minute du Conseil nars ou avril (p. 150^1); Itymcr, I. IV, part, i, p. 113 el sotv., et sir Harris l- c, p. 6 et suiv.
lot remarquer celte date : c'est le lendemain même du jour où Henri V liusait à kl les belles protestations en faveur de la paix qu'on peut lire dans la lettre du
ler, I. c, p. 112; cf. Proceedings, t. II, p. 15S et suiv. Religieux en donne le leite. t. V, p, 536-30, et Jouvenel la traduction, p. S89-90. wl donne aussi le texte de la réponse de Charles VI , en date du il août (p. !91). sont lc!> propres eipres^ous dont se servit le chancelier d'Angleterre, dans un irononeé au Parlement le 19 oclobrc UIG. Tyler, t. Il, |i. %.
parti, ne permettaient pas d'opposer une résistance sérieuse à rennemi. Mais le roi d'Angleterre ne jugea p^s le moment venu : dans cette courte campagne de deux mois, ses pertes avaient été immenses; il n'avait, ni en hommes, ni en argeilt, des ressources suffisantes. Il voulait, d'ailleurs, s'assurer du concours ou de la neutralité des puissances étrangères avant de recpmmencer ime lutte qui devait être poursuivie sans relâche. Toute l'année 1416 fut employée par lui à des négociations tendant à ce résultat *.
Il était une puissance qu'on avait longtemps regardée comme exerçant une sorte de suprématie en Europe, et qui — bien que la France n'ait jamais reconnu cette suprématie * — lui était unie par d'anciens liens. C'était la puissance impériale. Les .alliances entre la France et l'Empire remontaient à Philippe-Auguste.. La plupart des successeurs de ce prince, saint Louis, Philippe-le-Bel, Philippe de Valois, avaient conclu des traités avec les empereurs d'Allemagne. L'avènement de la maison de Luxembourg, en 1347, avait placé sur le trône impérial une famille intiipement unie à la maison de France '. La jeunesse du nouvel empereur, Charles IV, s'était écoulée à la Cour de France; son père avait été tué en combattant à Crécy; sa sœur était la femme du roi Jean. Gomme Dauphin,
1. Voir sur les ambassades envoyées en février 1416, Proceedings^ t. H, p. 191-92. Henri V entretenait des relations avec le duc de Bourgogne, Tarchevéque de Cologne, l'empereur et les princes allemands , les rois de Castille, de Portugal, d'Aragon et de Navarre, le roi de Danemark. Dès le début de son règne , Henri IV avait adopté cette habile politique , et ses rapports diplomatiques s'étendaient jusqu'aux cours les plus lointaines, telles que celles de l'empereur de Trébizonde , du roi de Géorgie et même de l'empereur d'Abyssinie. Sir Henry EUis, Original letters, 3<* séries, 1. 1, p. 54-55.
i. On peut lire dans les Grandes chroniques un trait qui montre le soin avec lequel nos rois maintenaient l'indépendance de la couronne à l'égard de l'empire. Quand l'empereur Charles IV vint à Paris en 1378, lui et son fils, le Roi des Romains, étaient montés sur des chevaux noirs , que Charles V avait choisis avec intention pour les donner aux deux princes , par ce motif que les emperem*s avaient l'habitude de faire leur entrée dans les . villes de leur seigneurie sur un cheval blanc : <c Et ne vouloit pas le Roy que en son royaume il le feist ainsi , affin qu'il n'y peust estre noté aucun signe de dominacion (t. VI, p. 368). 9
3. « L'ayeul et le père du Roy des Romains , » litp^n dans la réponse qui Ait faite au cardinal de Fiesque, envoyé de Martin V, le 16 mars 1418, « et mesmement iceluy Roy des Romains, duquel le Roy est si prouchain de lignage comme fils de son propre cousin germain , ayans tousjours jusques à nagueres esté alliez aux Roys et corone de France , et par alliance par foy et serment. » Extraits des Registres du Parlement , dans les Preuves des liber tei de Véglise gallicane , t. I , p. 128-29.
8 comme Roi, CharleB V s'allia avec Charles IV et avec aoQ Wenceslas. Charles VI ooaclut en 1390 une ligue ofifensive l(5fensive avec celui-ci , et envoya à Trêves des ambassairs qui signèrent, le '2S juiu>14l4, un traité d'alliance avec npereur Sigismoûd, frère de Wenceslas, qui occupait le ne depuis 14tO'. Aux termes de ce traité, l'empereur s'en- ;cait, pour lui et pour ses frères Wenceslas et Jean, à se ntror toujours « bons, loyaux et parfaits amis » du Roi, de fils et des princes du sang', de procurer leur honneur, de protéger contre ceux qui voudraient y porter atteinte, de aider de toute puissance , conseil , secours et faveur, en ticulier oontre le duc de Boui^ogne, qui était formellement ;lu du Iraité '.
;'est doijc comme allié qu'au retour de son voyage vers le d'Aragon et l'anti-papc Benoit XIII, l'empereur, cédant aux licitations réitérées de la Cour de France*, se rendit à Paris mars 1416). Logé au Louvre, aux frais du trésor royal, fêté ■ la Oour et par les gens d'église, accueilli avec enthousiasme nme le champion de l'unité de l'Église et le défenseur de la contre Ich hérétiques, t^igismoud ne tarda point à se révéler ï Parisiens sous un jour moins favorable. Il blessa le seoti- :nt national en tranchant du souverain, dans une séance du rlement à laquelle il assistait'; il compromit sa gravité en
. Si(iismonil i<lait ni< en 136B. Margrave de Brandebon^ en i376, rai de Hongrie le nïr» laSI.ilaïail étffh empereur le !0 septembre UIO par une partie ilcsélerleurs, le fui par tous le il juillet UI1.
. a Ouod a modo in anlea et in perpetuum erimus boni, légales et perfecti amici ipsins linî Caroli Francontm régis, Blionim, ncpolttm, et alionun prEnominatorum coosasleorum snonim et nostroruni. >
. LcLbiûi, Corfe.rjurto genliwn DiptomaUcum , p, 307-309; GodeCmj, Hutoriau ZkarUt VI, p, 671-7Î.
. Ce point est ^labb par les lettres (le l'empereur i Charles M (en date de Calais, le ^ptembre U19), cl ï Guillaume, duc dt Ilollaniie (dal^e de Caaterbut7), publiées par J. Caro, dans Ankiv fur (Esterreicliiiche Ge»ehlchlf., 1S80, vol. LIX , i» part, 09-143, el ltti-109. Cf. Janssen, Frankfurts Reiehieorr^ipoitdmt , 1. 1, p. 296. . Il avait armé chevalier Guillaume Seignct, allD qu'il put g^ni^r sa cause en Parte* it et devenir sénéchal. — s Et de cet exploit, dit Jouveoel (p. 370), gens de bien ni eshaliis comtne on luy avoit soufTert, vcu que autresTois les empereur; ont voulu «tenir droit de souïerainàé au royaume de France contre raison. Car le lloj est empe- ' rn ce royaume, et ne le Uenl que de Dieu et de l'épie seulement, el non d'autre. > Iteligieui, t. V, p. 719, et Monstrelet, t. III, p. 137-3B el not«. — Ce Guillaume [nel, objet de la faveur de l'empereur, était un conseiller dn roi de Sicile (Religieui;, 1, p. 213).
affichant publiquement son penchant à la galanterie ^ Après un séjour de près de deux mois écoulé en réceptions et en fêtes, l'empereur, qui avait témoigné à plusieurs reprises son déplaisir de la division qui régnait entre la France et l'Angleterre, et de « rignominieuse captivité des princes des fleurs de lis, ' » disant qu'il ferait la paix sans qu'il en coûtât aucun sacrifice ou dommage au Roi ', partit pour l'Angleterre, emmenant à sa suite une ambassade française *.
Le roi d'Angleterre reçut l'empereur avec graùde pompe, et lui conféra l'ordre de la Jarretière. Sigismond, qu'accompagnait Nipolas de Gara, comte palatin de Hongrie, avait mandé le comte de Hainaut (Guillaume de Bavière), beau-frère du dauphin Jean, pour partager avec lui le rôle de médiateur *. Le comte arriva à la fin de mai ; les négociations relatives à la paix avec la France s'ouvrirent aussitôt*. Des préliminaires ayant été arrêtés d'un commun accord, le comte palatin partit.
1 . Sigismond , comme le raconte Jouvenel , « eut en volonté de vojr des dames et daàiojselles de Paris et des bourgeoises , et de les festoyer. » A peine arrivé, il en fit venir environ cent vingt au Louvre et leur donna un grand repas , suivi de danses et de chants ; au départ, chacune reçut un anneau ou verge dV, «. qui n*estoit pas de grand prix, mais de peu dîe valeur. » Cf. Religieux, t; V, p. 7i6, et Journal d'un bourgeois de Paris, p. 69. — « Sigismond, remarque Thistorien allemand Pfisler, avait toutes les bonnes et mauvaises qualités de son frère Wenceslas; il n'en différait que par un point : il avait plus de penchant pour les femmes que pour le vin. » Hist. d Allemagne, L Vl, p. 58, éd. française.
2. Ignominiose capùvitatis Hlia. Religieux de Saint-Denis , t. V, p. 746. — « Et sembloit, dit Jouvenel, quMl avoit grant désir de trouver accord ou expédient entre les rois de France et d'Angleterre (p. 329). »
3. «r Disant par plusieurs fois à plusieurs notables personnes, prélats, barons et autres qu'il fesoit paix entre le Roy et ses adversaires d'Angleterre sans coustement ou dommaige pour le Roy. y> Réponse du 16 mars , déjà citée. Preuves des liberté* de VÉglise gallicane, 1. 1, p. 129.
A. L'empereur quitta Paris le 8 avril; il était le 29 à Douvres et le 7 mai à Londres. — L'archevêque de Reims, Regnault de Chartres, était le chef de l'ambassade ; le sauf-conduit qui lui fut délivré est daté du 26 avril (Rymer, t. IV, part, ii, p. 158). Il avait poui* collègues le sire de Gaucourt, prisonnier en Angleterre depuis la prise d'Rarfleur, et plusieurs autres (Monstrelet, t. ID, p. 136 et li6, et Religieux, t. VI, p. 20).
5. On consultera avec grand profit, sur ce curieux épisode diplomatique, deux travaux allemands récents : Kctnig Sigismund und Heinrich der fUnfte von England, par le Dr Max Lenz (Berlin, 1874, in-8<» de 216 p.); Dos Bundniss von Canterbury, par J. Caro (Gotha, 1880, in-8o de 120p.). M. Gaîro a en outre donné, dans le t. LIX de Archiv fur Œsterreichische Geschichte, soiis ce titre : Aus der Kan%lei Kaiser Sigismunds, d'importants documents, dont plusieurs se rapportent à ces n^ociations.
6. Le 2 juin , l'empereur, écrivant de Westminster au Concile de Constance , exprimait l'espoir d'arriver à une heureuse et prompte conclusion. Spicilegium eoclesiasticum, dans Teutschen Reichs-Archiv , t. I, p. 225-26.
i4 HISTOIRES DE CHARLES VII. 1416
iatête d'une ambassade (21 juin), avec misaion de les souettre à Charles VI '. Une vive discussion s'engagea au sein du SQScil, où le connétable d'Aniiagnac combattit les proposions faites au ugm des deux médiateurs. Finalement, on ré- )lut de ne point y opposer une fm de non recevoir, mais de ire traîner les choses en longueur '. Le Roi, confonnément à ittc décision, écrivit à Sigismond une lettre par laquelle il )nscDtait à traiter sur les bases fixées *. Des ambassadeurs iglais se rendirent k Beauvais ', où ils trouvèrent les représenûts de Charles VI. On proposait une trêve de trois ans, peoint laquelle Ilarfleur restcraij; aux mains de l'empereur ; une )nvcntioQ personnelle entre le roi de France et le roi d'Aneterre serait tenue près d"IIarfleur, à une époque déterminée, icn ne put être décidé à Beauvais. Les ambassadeurs franûs n'ignoraient pas que Henri V avait l'intention de réclamer, lire ce qui avait été cédé à l'Angleterre par le traité de Bré- ?uy, la possession d'Harfleur et du territoire avoisinant '. Sur ; terrain, il était impossible de s'entendre. On n'aboutit qu'à rédaction d'un protocole, en date du 29 juillet, stipulant que, 16 août, au plus tard, les ambassadeurs des deux parties, unis de pouvoirs suffisants, se trouveraient, les uns h Calais, s autres à Boulogne, pour prendre une décision, tant au sujet ; l'entrevue projetée entre les deux souverains que de la êve générale'.
Pendant le cours de ces négociations, la situation s'était gra- 3ment modifiée. En Angleterre, l'un des deux médiateurs, le
1. Religieux de Ssint-Dems. t. VI, p. IS-ÏÎ; AnMv fiir (Btlareldiiidit GegMrkte,
r., |i. 99. — Nicolas de Gars ^Uil aca)mpiigni< de Bnino delli Scala, de BerUiold Orsin
de Gian Carlo VjiicoaU. Nuus avons trouve une leltre (sans date) de ce dernier, qui (ul
rite iiendanl celle ambassade. On la Ironvera aui Pièces jtaUfkaUvei, — Kt^nault de
lartres et Ganeouri reviareat en Fi-anee avec l'ambassade i leur sauT-cunduit est dg
I juin. Voir Rymer, 1. IV, pari, ui, p. 110, et ArcUv, p. 107.
!. Religieux, t. VI, p. 3Î et suiv.