‹ Histoire de Charles VII (volume 2)Chapitre 227 sur 362 · Lettre du 7 juUlet 1*16, Archlv. p · texte numérisé non relu

Lettre du 7 juUlet 1*16, Archlv. p

1. Leure potivolrs sont du S8 juin. Itjnicr, t. IV, pari, n, p. 166^7.

5. Voir lliisloHque des négociations, fait par la chancellerie anglaise , dans un projet de

tre TéAigé en mai 1il9 pour Jlre swunis aiii ambassadeurs de Charles VI (,Letlra itt

m, ete.,t. II, p. 3SJ),et un autre eiposé fait nii peu plus tard, après la prise de Pco-

ise (Rymer, t. IV, paii. m , p. ia»-3(Q,

r>. Religieux, t. VI, p. Î6.

comte de Hainaut, à la . suite d'un différend avec Tempereur, qui lui avait refusé l'investiture de la Hollande pour sa fille Jacqueline, avait brusquement quitté l'Angleterre*. En France, les hostilités avaient recommencé * : non seulement Harfleur avait été assiégé et bloqué par une flotte, mais Henri V avait pu voir les côtes d'Angleterre menacées par les incursions des Français, et l'île de Wight avait été prise et saccagée'. Une expédition, commandée par le duc dé Bedford, était à la veille d'être envoyée au secours d'Harfleur. Enfin Sigismond, oubliant bien vite le dessein qui setnblait l'avoir amené en Angleterre, s'était laissé séduire par Henri V, et s'apprêtait à conclure une alliance avec lui. Au retour des ambassadeurs qui avaient pris part aux conférences de Beauvais, il manifesta une vive indignation , et cria bien haut que le roi de France manquait à ses engagements. Mais ce n'était qu'une feinte : par un traité signé à Ganterbury le 15 août 1416 *, l'emperetir, après avoir fulminé contre la France qui, par sa coupable obstination, empêchait tout •accord, troublait la paix de l'Église *, et faisait preuve d'une ambition et d'une cupidité qui s'exerçaient aux dépens des droits de l'Empire*; après avoir constaté qu'il avait passé six mois à travailler inutilement à l'apaisement de la querelle entre la France et l'Angleterre, déclarait s'unir k Henri, roi d'Angle'

i . Voir à ce siget Ascfabach, Geschichte Kaiser Sigmund's, t. Il, p. 164 et suiv.; Lenz, Kœnig'Slgismund und Henrkh K, p. 102-104; Caro, Der Bundniss von Canterbtiry, p. 57.

2. Après sa victoire de Valmont, le connétable d' Armagnac, rappelé à Paris par la conspiration d'Orgemont, avait conclu une trêve du 5 mai au 2 juin. Voir Monstrelet, 1. 111, p. Ul.

3. Voir Monstrelet, t. m,^p. U7 et 162; Religieux de Saint-Denis, t. V, p. 760, et t. VI, p. 10 et suiv.; Jouvenel, p. 334; Berry, p. 432, etc. Cf. les détails très précis donnés par Lenz, /. c, p. 94 et suiv.

4. Dès le 2 août, Tarchevéque de Westminster avait prescrit des prières publiques pour Tempereur, qui, disait-il, ad Sanctœ matris Ecclesiœ unionem pacemque inter reges et principes procurandam extra natale solum a <!iu positiis ferventissime laboratHt et laborare non desivit adhuc usque. Rymer, t. IV, p. ii, p. 169.

5. <f ... Tanquam discordiae amator et scimatis antiquii alumpnus, detractavil pacem acceptare, quam inquirere se asserebat, ut machinatione peétiferâ pacifîcum statum etcoadunationem ecclesiasticum disturbaret. i» Rymer, t. IV, part, ii, p. 17.

6. « Idem ipse rex Franconim et cceteri principes sus prosapi» , ambittonis et cupiditatis oculos et manus rapaces in messem alienam mittentes , plurima boni et terras , ac jura, ad nos et sacrum Romanum imperium de jure pertinentes et pertinentia, propria auctoritate pro se à dudum usurparont et detinent occupata... » Rymer, /. c. , p. 171.

terre et de France, par ui> traité d'alliance perpétuelle, envers et contre tous, sauf TÉglise romaine et le Souverain Pontife. Ce traité , dirigé spécialement contre Charles VI , avait pour double but, d'une part de sauvegarder les droits de l'Empire et de procurer le recouvrement des possessions détenues injustement par la France ; de l'autre d'amener, au l>rofit du roi d'Angleterre, que l'empereur promettait d'aider à main armée, la « récupération et conquête de son royaume de France » et de tous ses droits héréditaires *.

Le jour même où le traité de Canterbury était signé, le duc de Bedford remportait devant Harfleur une victoire navale qui fit perdre à la France les avantages conquis à Valmont par le connétable d'Armagnac '.

Il s'agissait maintenant de ménager un rapprochement entre le duc de Boui^ogne et l'empereur', et d'enrôler le premier d'une façon plus active dans c'ette ligue dont Sigismond se faisait le promoteur et où venait d'entrer un des électeurs de l'empire, l'archevêque de Cologne*; ce fut l'objet de l'entrevue de Calais. Henri V. ne vint donc pas dans cette ville , comme le prétend Walsingham *, poussé par un désir de paix» mais cédant au contraire à la soif de conquête qui le dévorait et qu'il voulait à tout prix satisfaire.

1. Le texte da traité est dans Rymer, t. IV, part, ii, p. 171; cf. Religieux., l. Vî, p. 36. — Ce qui se passa entre Sigismond et Henri fut tenu très secret : « Modicum tamen in palam actum est, » dit Gilles de Roye (Chron. belges, t. I, p. 170). Mais* le fait n'en était pas moins patent , et il excita une vive indignation. Jean de Montreuil s'en fit réclio dans une cuiieusc lettre, publiée dans VAmplissima Collectio, t. H, col. 14i3 et suiv.

' 2. Voir, sur cet événement, le récit de Thislorien allemand Pauli, Geschichie von England, t. V, p. 135 (Gotha, 1858)* Certains liistoriens donnent la date du li août.

3. Sigismond sVtait toujours montré favorable au parti Orléanais, et par un traité en date du 12 septembre U13, il s'était engagé à seconder le duc d'Orléans contre le duc de Bourgogne (Archives , K 57 , n« 36). A Constance, l'empereur avait eu plus d'une fois if se plaindre de celui-ci , et il l'avait vivement combattu dans l'affaire de Jean Petit. Histoire de l'église gallicane, i" éd., l. XX, p. 13 et suiv. — Dès le mois de juillet 1416, un ambassadeur de l'empereur était venu vers le duc, en compagnie du comte de Warwick. Collection de Bourgogne, vol. 100, p. 150-51.

i. Traité d'alliance et d'amitié conclu à Londres le 10 mai H16, entre Henri V etThéodoric, archevêque-électeur de Cologne, qui devient l'homme lige du roi d'Angleterre, cl s'oblige à le recourir avec deux cents hommes d'armes toutes fois qu'il en sera requis ; l'électeur reçoit une pension de mille nobles d'Angleterre. Rymer, t. IV, part, n , p. 159.

5. Thomas Walsingfaam, quondam monachi S. Albani, Historia anglicana. Éd. de H.-Th. RHey (1864), l. U, p. 317.

Tandis que des négociations illusoires se poursuivaient avec la France et qu'on se préparait de part et d'autre à la conférence projetée *; Henri V quittait T Angleterre, en compagnie de son hôte, que saluèrent les acclamations populaires *, et débarquait avec lui à Calais (4 septembre). Dans des- lettres adressées

' au Roi, à la date du 6 septembre, l'empereur rejetait toute la responsabilité de Tinsuccès de sa mission sur les fâcheuses influences qui, prévalant à la Cour ', avaient amené un revirement subit, et pour faire parade de ses sentiments favorables à la France , il rappelait l'intention qu'il avait manifestée d'instituer pour son héritier au trône de Hongrie, à défaut d'héritier mâle, un des fils de Charles VI*. Sigismond écrivit dans le même sens à la Reine Isabeau et au roi de Sicile.

Le mois de septembre fut rempli par les préparatifs -de la double cpnférence dont Calais allait être le théâtre : l'une entre le roi d'Angleterre , l'empereur et le duc de Bourgogne , où le sort de la France allait se jouer; l'autre entre les ambassadeurs de Charles VI et de Henri V, dont l'issue ne pouvait être douteuse.

Nous ne reviendrons pas sur les engagements pris par Jean sans Peur*. Henri V eut, nous l'avons vu, son amitié secrète. Sigismond obtint davantage : le duc s'empressa de reconnaître comme suzerain le prince qui venait de se déclarer l'ennemi de son pays, et de lui faire hommage pour les comtés d'Alost et de Bourgogne, lesquels relevaient de l'empire ®. Ainsi la neutralité ou la connivence du duc de Bourgogne allaient permettre à Henri V de préparer sa conquête, à Sigismond de choisir le moment opportun pour attaquer la France. Tout

' .tournait contre nou8,^et c'était parmi les princes du sang que nos ennemis trouvaient des auxiliaires !

4. Sauf-conduîts du U août pour les ambassadeurs de France; pouvoirs du 31 pour traiter avec eux'; pouvoirs de Charles VI à ses envoyés en date du 28 août. Rymer, t. ÏV, part, n, p. 171, 174, 178.

2. Voir Liber metricus d'Elmbam, p. 141-42, et Gesta Henrici qidnti, éd. par Benj. WiUiams,p. 93.

3. Archiv fur Œsterreichische Geschichte, vol. LIX, p. 109-127.

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