‹ Histoire de Charles VII (volume 2)Chapitre 228 sur 362 · Monstrelet, t. m, p · texte numérisé non relu

Monstrelet, t. m, p

Sigismond avait accompli son œuvre de concUiaikm : venu en France comme allié du Roi et comme ami des princes Orléanais , avec lesquels il avait toujours entretenu des rela- )ns d'amitié, il allait repartir en ennemi. A Londres, il s'était it Anglais; à Calais il était devenu Bourguignon. Il quitta la 'ance sans visiter le Roi, ainsi qu'il s'y était engagé. A ceux li lui reprochaient ce mépris de la foi jurée, il répondit à usieurs reprises : « Mes parents sont en France, mais mes dis sont en Angleterre''. » 11 poussait d'ailleurs à un tel point lorreur du nom français, qu'ayant appris, en s'embarquant rar Calais, qu'un jouvenceau du royaume de France avait pris ace sur un navire de sa flotte, il entra dans une violente ilère ; « Qu'il aille au diable, s'écria-t-il, et avec lui tous les 'ançais, car ils l'ont bien mérité*! n

La conférence entre les ambassadeurs français et bouillions s'ouvrit le 3 octobre. Rcgnault de Chartres, archevêque ■■ Reims, Jean de Vaily, Jean de Fayel, vicomte de Breteuii. un secrétaire du Roi y représentaient la France'; mais tout borna à la conclusion d'une trôve , dont la durée fut fixée i 9 octobre au 2 février suivant *.

Ce traité du 9 octobre contient l'énumération des alliances ; chacune des deux puissances, et nous permet d'apprécier lelle était leur situation diplomatique.

La France et l'Angleterre revendiquaient comme alliés com-

I. B Paj'enles mei suDl in Francia, in Anglia suni aniici, " Lellre cilée de Jean de MonuU, col. 1449. Cf. Religieux, t. Vr, p. 1>6. — La conduite de Sigismond a ét^ qualifia iimc elle méritât rie l'Mre dans la réponse, d^jà c\\ie, Taile par le Conseil an canlinal FiRsque, envoyé du Pa|)e, le 16 mars 1418 ; i NeanUneÎDS iceluy Koy des Romains, si t qu'il s'^l party de l'hostel de France, aprËs 1rs honneurs el courlotsies i luy ^i, ^ant qu'il touIoII aler en Angleterre traiter de la paix,'ea venant contre son serment, aulé et alliances devant dictes, el le droit de n.nture', considéré le lignage et nwrt de I dit lyeiil dessasdis, s'est puis nagueres iraiLiporté nu pays d'Angleterre, «tendemonsnt clerement la trayson et mauvaise voulenté par luy pomp^nseï contre le Roy, s'est \, joinct et uny avec ledit advci'saire d'AnglelejTe, et en Taveur. d'irehiy , sans quelgae ■se, a fait defler en son nom le Raj, qui onoines ne lui melist. t Prruvrs tla tiberla lÈglite gatticane, 1. 1, p. 139. i. Lettre de Jean de Monlreuil, col. 1451.

}. Saufs-conduils des 6, 9 et 14 septembre, valables jusqu'au il septembre; pouvoirs Henri V du 9 septembre et du 1" octobre. Rymer, t, IV, part, u, p. 174-75. 4. Cette Irévc ne comprenait que la contrée entre la Sonuue et la mer, et le littoral àtfuii wk jusqu'à la Norwêge. Rymer, /. c, p. 179. ,

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muns, le roi des Romains, le roi de Gastille, le roi d'Aragon, le comte de Hainaut, de Hollande et de Zélande, le seigneur des Iles d'Ecosse et Je seigneur de Tlle de Man.

Les alliés particuliers à la Fraiice étaient : le roi d'Ecosse, le roi de Bohême, le roi de Navarre, le duc de Brabant, le duc de Gueldre, le comte de la Marche d'Ecosse, la seigneurie de Gênes.

Les alliés particuliers à l'Angleterre étaient : le roi de Danemark, de Suède et de Norwège, le roi de Portugal et le comte palatin du R^n.

On remarquera que les États italiens, sauf Gênes, ne figurent pas dans cette énumération, et que les États allemands n'y sont qu'imparfaitement représentés. D'autre part, certaines puissances , revendiquées de part et d'autre comme alliées, avaient déjà pris ime attitude nouvelle, ou ne devaient point tarder à le faire : l'empereur allait se déclarer notre ennemi; le comte de Hainaut était inféodé au parti bourguignon ; le roi d'Aragon n'était point pour nous un allié sûr. Par contre, l'alliance de la Gastille nous était acquise, et les vais- 'seaux castillans, unis à ceux de Gênes, avaient pris, dans l'été de 1416, une part active au siège d'Harfleur^

Il ne suffisait point à Henri V de nous avoir enlevé l'alliance de l'empereur et d'avoir obtenu l'amitié secrète du duc de Bourgogne; il voulait encore s'assurer l'appui ou la neutralité des puissances dont le concours pouvait nous être utile en cas de guerre. Ce fut l'objet de missions diplomatiques confiées à de* nombreux ambassadeurs, peu après le retour du roi en Angleterre. Deux ambassades solennelles furent envoyés aux rois d'Aragon et de Gastille, et la première, après avoir négocié avec le roi Alphonse, devait traiter successivement avec Gênes, avec les princes allemands, avec la Hanse teutonique*; quant à l'Ecosse, Henri V tenait son roi en captivité, et était bien

1. Religieux, t. V, p. 748, et t. VI, p. 12 et 34. — On lit dans une lettre de John Forester, orateur de Henri V, dat^e de Constance le 2 février 4417 : a Also as hyl is seyt (said) opynly that the forsayde Fronche King hath I sent to the Cite of Gène and Provynce a gret soume of golde to wagegte schypis and Galeys ent to destiuye zour ordioaunce and zour neveye on Ingeland. » Rymer, t. IV, part, ii, p. i93. — En août 1417, nous trouvons des arbalétriers génois au service de la France. Pièces originales, 115 : Aste.

1. 2 décembre 1416. Pouvoirs aux év«?ques de Bath, de Salisbury et de Coventry, à

décidé à ne lui rendre la liberté qu'avec la certitude de n'avoir rien à craindre de ce côté *.

Pendant qu'il travaillait ainsi à entourer la France d'un réseau d'ennemis et que les préparatifs militaires pour une prochaine expédition se poursuivaient activement, le roi d'Angleterre daigna cependant lui accorder quelques instants de répit. U délivra (18 janvier 1417) des pouvoirs pour prolonger la trêve de Gadais*, et autorisa (25 janvier) les princes prisonniers à se faire les intermédiaires d'une négociation ayant à la fois pour but la mise en liberté des captifs d'Azincourt et la paix entre les deux pays*. Le sire de Gaucourt, mandataire des princes, passa le détroit; mais le duc de Bourbon, qui, paraît-il, avait fait des offres indignes d'un prince du sang *, en fut pour ses avances compromettante^ , et n'obtint même pas l'autorisation de se rendre en France. Avant de se prononcer sur cette médiation des princes, Henri V avait voulu connaître l'avis de l'empereur, sana le conseil duquel rien ne se faisait, et il avait chargé son confident John Tiptoft , dont il avait fait un ambassadeur accrédité près de Sigismond', de présenter à celui-ci une note confidentielle où cet incident était exposé*. La négociation n'eut pas d'autre suite.

John Typtofl, à Hertonik van Clux et à Pb. Morgan de traiter avec Alphonse, roi d*Aragon(Rymer, t. IV, part, ii, p. 183). — Même date. Pouvoirs aux mêmes pour traiter avec les princês allemands (p. 184). — Même date. Pouvoirs aux mêmes ponr traiter avec U Hanse tcutonique (p. 185). — Même date. Pouvoirs aux méoies pour traiter avec les Génois (p. 185). — 15 décembre 1416. Instructions donnés à John Seynt-Jobn, à John Stokes et à John Uull, envoyés au roi de CastiUe (p. 187). — 26 juin U17. Pouvoirs donnés aux mêmes ambassadeurs (p. 191). Cf. sur cette ambassade, Proceedingt and ordinancesy t. II, p. 205-206., Les ambassadeurs furent pendant quatre-vingt-onze jours occupés à cette négociation.

1. Voir dans Rymer (/. c, p. 186-87) et dans Proceedings (t. D, p. 221), les pièces relatives à une négociation entamée en décembre 1416 pour le retour en Ecosse du roi Jacques.

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