‹ Histoire de Charles VII (volume 2)Chapitre 237 sur 362 · Rymer, /. c, p. 67 et · texte numérisé non relu

Rymer, /. c, p. 67 et

2. Nous trouvons dans les Proceedings and ardinances of the privy councU of England (t. II , p. 350) , un curieux mémoire intitulé : The causes why tkat the king disposeth hgm to irete with the Dauphin ayeinst the Duc of Bourgogne been theese that foloweih. — Ce mémoire se trouve à la Bibliothèque nationale dans la collection Bréquigny, vol. 80, f. 58. n est cité par Thomas Goodwin dans son Ilistory of Henry the fifth (London, 170i, in-fol.. p. 193-19i), ouvrage qui, disons-le en passant, ne se trouve pas à la Bibliothèque nationale.

3. oc Esquelles (alliances et promesses) toutesfois il (le roi d* Angleterre) ne se 6oit pas trop, et il luy sembloit que son alliance n*estoit pas seure, veu les manières qa*il teiioit contre le Roy son souverain seigneur, i» Jouvenel, p., 339.

année pour triompher du duc de Bourgogne \ il y avait lieu d'espérer qu'on pourrait profiter de la situation préeaire du jeune prince pour lui faire acheter un traité au prix de concessions importantes. Il convenait toutefois de ne s'engager dans cette voie qu'avec prudence , de ne point oublier que , si le roi d'Angleterre avait pleinement qualité pour stipuler en son nom aussi bien qu'au nom de son royaimie et de ses sujets, le Dauphin n'était point dans les mêmes conditions, car il n'avait ni l'âge légal, ni les pouvoirs de son père, ni l'autorisation de sa mère, engagée dans le parti contraire et à la discrétion du duc de Bourgogne.

11 était à considérer pourtant que si le roi ne concluait, soit la paix, soit une trêve de longue durée, force lui serait de continuer la guerre ; tout au moins devrait-il rester en armes pour conserver ses conquêtes en Normandie. "Dans un cas comme dans l'autre, ce serait une grande charge pour lui et pour son peuple. En outre, on était bien forcé de reconnaître que parmi ceux qui avaient fait leur soumission, il n'y avait aucun homme marquant et peu de gens de qualité, ce qui rendait pour l'avenir la fidélité des populations bien douteuse *. La paix semblait donc la meilleure solution.

Mais, si l'on fugeait*opportun d'entrer en négociations avec le Dauphin, il convenait de ne le faire qu'à bon escient, et l'on était bien décidé à ne traiter que sur les bases de ce qu'on appelait la « grande paix, » c'est-à-dire du traité de Brétigny, avec l'abandon de la Normandie tout entière. Encore ne devait-on point s'engager définitivement, car il pouvait y avoir des inconvénients à entrer dans la voie des renonciations. Aussi, la meilleure solution paraissait être de conclure d'abord ime trêve de longue durée '.

1 . C'était la conviction des Anglais ^e le Dauphin tendait à ce but : c And it is to wite tliat the thing Uiat causeth the Dauphin oon most to falle to suche tretee is to hâve belp of tbe king ayenst Uie Duc of Bourg"«, the Avliich Duc hath in liis gouvernance the king*s advei^ saire and also his wyf and \hdke doghter K.» and is in Paris withowte any grete power of men of armes (p. 352). »

2. « Also it is to considère that in substance there is no man of astate commen ynto

the king's obéissance and b right fewe gentelmen, the whiche is a thing that causeth

the peuple to be fui unstable and is no wonder (p. 351). »

3. « U is thoght tliat tliough tiie Daupliins partie wolde entre that tretee, it schuld

En tout cas, pour que les stipulations faites avec le Dauphin pussent sortir leur plein effet, il importait que ce prince pût mettre soh père hors des mains du duc de Bourgogne \ C*cst pour cela qu'on se montrait si disposé à lui prêter main-forte. On entendait môme subordonner à cette condition la conclusion du traité *. Mais, en agissant ainsi, on n'entrerait pas pour cela dans la querelle du Dauphin : on se bornerait à exclure le duc de la trêve , et le roi , comme s'il poursuivait sa propre querelle, s'avancerait contre lui avec toute son armée '. Il était présumable que, dans ces conjonctures, le Dauphin deviendrait facilement maître de la situation à Paris , et aurait à sa discrétion son père, sa mère et sa sœur*. Ce résultat obtenu, il serait tenu de confirmer de nouveau le traité*. Cette assistance année serait donnée gratuitement; mais si le Dauphin désirait aller plus loin, ce serait à ses propres dépens *, et, en ce cas, le roi, poursuivant toujours sa querelle personnelle, exigerait la Flandre, en dédommagement de ses peines, et devrait recevoir en outre toutes les places qui seraient conquises durant cette campagne '. Enfin, il serait stii)ulé qu'aucune des parties ne

nol bc admettcd flnally bul thai wolke any thing préfère for pees and so by aile Uie

beste wcyes that may be thought to bring yn tlie malor of a long Ireve with whiclic trewe shulde be stikked on the fblowcUi <p. 35^3). »

1. (( And it is Lhoght Uiat sith as niucli as thc seuretc of thc Dauphin may not be of gret effcct Dnally Ul tiie Dauphin hâve his fader oui of Ihe Dukes hand (p. 353). »

2. « First that the king is not lik to hâve any tI^'te with that partie on lasse (unless) tiianne be wol helpe hera aycinst thc fors[aid] Duc... (p. 350). »

3. Ailleurs on prévoyait le cas où le Dauphin denianderait un secours de trois, quatre ou cinq cents hommes dTarmes pour un temps déterminé, et où le Roi d'Angleterre ne marcherait pas en personne contre le duc (voir p. 35G).

4. « The king setUng Norraandy in rcsonnable keping sJiulde drawe liym willi his power to suche place as the duc were. And is supposed that the duc , wittyng, the accord belwen the king and Uie Dauphin, shal not dar abide in Paris, and the peuple of Paiis wol in no wysc suffre hym to hâve ont the adversaire thai knowing tlie forsaid accord belwen thc king and tlie Dauphin, wherby the Dauphin willioute difliculte may bave his entent of Paris and his fader, modcr and sustcr Uicrc ynne (p. 393). »

5. « And yenntî Uie accord that shal be now maad belwen thc king and the Dauphin may bc of ncwe maad or confiiuied afler as it is' thought for the best (trf.). » — Une nouvelle i-atificatbn devait être donnée par le Dauphin à la mort de son père (p. 35).

0. « And that socour and helpe soo doon by tlie king to Uie Dauphin it semelh should suflice at Uio kings cost. And if the Dauphin wolde irnve any more help of the kings sougetts to seiTe tlie Dauphin at the Dauphins cost (id.). ^

7. a And if the king shulde make any fertlicr wcrre (war) to tlic duc as it is supp that the Daupliin wol desiro, that thenne tlie king to make werre to llie duc alwey in his owen qucroll and for lo hâve Flaundres for his labour and costage and for tho good of resl

pourrait traiter avec le duc de BQjirgogne sans rassentiment de Tautre.

Telles étaient les vues du gouvernement anglais en s'engageant dans cette négociation ; elles avaient pour fondement la persuasion où il était que le Dauphin placerait l'intérêt de sa propre querelle au-dessus des intérêts de l'État, et qu'il consentirait à subir les exigences du vainqueur.

Les conférences s'ouvrirent à Alençon le 10 noveiiibre 1418 \ On y voyait < comme représentants du Dauphin, Jean, de Norry , archevêque de Sens, Louis de GhaJon, comte de Tonnerre, Robert de Braquemont, apiiral de France, Jean de Vaily, président au Parlement, Jean Tudert, doyen de Paris, et un secrétaire du prince, Jean de Villebresme ^ ; comme représentants du roi d'Angleterre, le comte de Salisbury, le seigneur de Grey, Walter Hungerford, Philippe Morgan, Roland Leyntale, William Alington et maître John Stokes.

Après des discussions préliminaires assez vives ^, sur la langue à employer et sur l'ordre à suivre dans la négociation, les ambassadeurs du Dauphin firent connaître leurs offres, qui comprenaient : 1<* le duché de Guyenne avec ses dépendances françaises de la Saintonge, de l'Angoumois, du Limousin, du Périgord, de l'Agenais, du Quercy, du Rouergue (avec le comté de Rodez), du Bigorre et du comté de Gaure, c'est-à-dire trois fois peut-être l'étendue de la Guyenne anglaise * ; 2** le comté de Ponthîeu ; 3*» la ville de Calais avec le comté de Guines et les villes de Marck, Sangatte, Hames, etc. Gettte offre, pourtant si large, fut repousséje avec dédain; et après de longues discus-

and pees betwen hyra and his adversarie , Uie king halding that as he dooth Normandy, etc. And that tbe Dauphin and al that party shal délivre to the king or to his (sic) aile tlie townes, castelles or forteresses that thaï geten, if thai any wynne, witliout difficultee (W). » — On avait pourtant, à regard du duc et de la conquête de la Flandre, quelques scrupules, et on se demandait ce que le roi ferait au cas où , pour prévenir le coup , le duc se déclarerait son homme-lige : voir p. 384.

1. Le protocole de la conférence est dans Rymer, t. IV, part, m, p. 70.

2. Par lettres du 2 novembre, le Dauphin ordonne de payer 300 livres à l'archevêque et autant à Braquemont. Qairan^ault, vol. 21 , p. 6395, et 81, p. U81.

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