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Elle était datée de son ost devant SuUy, le 15 novembre

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deurs rie s'entendraient pas, il lui fit savoir « de pleine foi, sommairement et ouvertement, » les choses auiquellea finalement il se voulait condescendre, le suppliant de faire ses demandes modérées, ■ consonans k rayson et plus attrampées en faveur de paix que eslues par l'avantage que fortune variable ou les divisions de ce Royaume » lui avaient donné; de telle sorte que rien ne fût à lui a oultraige ne delaiement de paix du demander, » ni au Dauphin « charge pour le temps advenir au regart de la couronne de France et de ses successeurs de l'ottroyer, » mais, d'un mutuel consentement, à la commune sûreté et prospérité des deux royaumes.

Le Dauphin exprimait, en terminant, le désir qu'une codvention fui tenue entre le roi et lui ; il affirmait qu'on le trouverait toujours « lai^e à l'octroi, bref à l'accomplissement et ferme à l'observation , « pour tout ce qui serait relatif à la paix, et il espérait que le roi, qui désirait « acquérir renommée en honorables faits , » et voulait, « comme à si haut courage appartient, l'exaucement et exaltation de noblesse et seigneurie, » l'aiderait à « réparer et réprimer les grans et horribles maux et cruautés et séductions par le duc de Bourgogne faits et mis sus, contre toute noblesse, et la maison de France » dont le roi était issu, et que, de son côté, le Dauphin s'emploierait à lui venir en aide où besoin serait V

Henri V répondit à Charles par une lettre écrite, non en français, mais en latin, et datée de son ost devant Rouen le 25 novembre. Dans celte lettre, il protestait de son désir de répondre aux avances du Dauphin ; mais, retenu qu'il était devant Rouen, il se voyait forcé de remettre jusqu'à l'issue du siège tout arrangement relatif à une convention personnelle. Faisant allusion, en terminant^ au passage relatif au duc de Boui^ogne, il se bornait à dire que, quand le Dauphin aurait conclu avec lui un traité d'alliance et de confédération , il le trouverait prêt à le soutenir, non seulement contre le duc, mais contre tout autre, conformément au traiU^ '.

Tandis que les ouvertures du Dauphin étaient accueillies de la sorte; que les ambassadeurs des deux princes étaient réunis à Alençon , et au moment même où il donnât l'autorisation de prendre en son nom l'engagement de ne point conclure d'alliance avec le duc de Bourgogne avant le 1®' janvier , le roi d'Angleterre jouait un double jeu : il était entré en pourparlers avec le gouvernement royal , représenté par le duc de Bourgogne.

Quelques semaines auparavant , un des conseillers et chambellans de Jean sans Peur, Guillaume de Ghampdivers, accoutumé à remplir près du roi d'Angleterre des missions secrètes , avait apporté "k son maître une lettre où Henri V se déclarait prêt à traiter ^ Gette lettre portait la date du 26 octobre, le jour même où Henri signait les pouvoirs et les instructions donnés à ses ambassadeurs près du Dauphin. Le 5 novembre , en réponse à une lettre que le duc avait fait écrire par le pauvre Roi , pour luî annoncer l'envoi d'ambassadeurs , il faisait délivrer à ceux-ci un sauf-conduit*. Le 1*"" décembre, il donnait pouvoir pour traiter avec les envoyés de Gharles VI', et les ambassadeurs qu'il désignait étaient justement ceux qui venaient de conférer à Alençon avec les représentants du Dauphin! Gette duplicité a été flétrie, comme elle mérite de l'être , par des plumes anglaises \

Dans ces négociations, qui furent conduites avec un grand mystère ', le cardinal des TJrsins apparut comme médiateur. U se rendit à Pont-de-l' Arche, où les conférences s'ouvrirent au commencement de décembre •. Elles n'étaient point achevées

i. Voir lettre de Charles YI da !•' novembre. Id., ibid., p. 69.

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