Crônica, p
5. Malgré les ambassades envoyées , à diverses reprises , en Angleterre , poar négocier la mise en liberté du roi Jacques , on prétend que le duc d' Albany n'avait aucun désir de loi voir reprendre possession de son trône, et Ton dit que s'il laissa Henri V opérer tran-
faisait paHir pour TÉcosse trois écuyers de ce pays •, et que, les 11 avril 1419 et jours suivants, à Provins, où résidait alors la Cour, il avait à sa table un évêque et deux seigneurs écossais'. Le même jour (il avril), on recevait avis à Tours du passage de l'ambassade qui se rendait près du Dauphin, et qui traversa la ville le lendemain '. C'est problablement pendant le séjour do cette ambassade que Charles, par lettres du 17 mai, retint Guillaume Douglas, chevalier, pour le servir avec cent cinquante hommes d'armes et trois cents archers *, Nous avons la preuve que, dès le mois d'avril 1419, il avait auprès de lui, pour sa garde, une compagnie d'hommes d'armes et d'archers écossais*. Aussitôt après la conclusion du traité de Pouilly ( Il juillet), nous voyons Jean sans Peur charger Jean de Becour, serviteur du Roy Jacques, d'aller porter à son maître la nouvelle de la réconciliation opérée entre le Dauphin et le duc*.
qnillement sa conquête de France , c'est que , pour conserver le pouvoir, U avait fiât m honteux compromis avec lui. Voir Rapiii Tlioyras, Histoire <J^ Angleterre , l. m, p. 417.
1. Lettres du duc du H mars 1419; quittance de Jean le Brun, Alexandre de ReoHX^ gny et Patris Légat du 23. Archives de la Côte-d'Or, B 11926. Le mandat de paiemoit est visé dans le registre B 1601, f. 118 : les trois écuyers sont envoyés en Ecosse, en amMssade « par devers certaines personnes dont mon dit seigneur ne veult autre dedaradoo estre faicte. »
2. « Et ce jour Monseigneur donna à disner à ung evesque et deuz escuiers ambassadeurs d'Ëscoce... x Us séjournèrent plusieurs jours, à Provins (Contrôle de la dépen» de l'hôtel dujduc. Archives de la Côte-d'Or, B 324. Communication de M. Gamier). - Ces ambassadeurs étaient Guillaume, évéque d'Orkney, Jean Salberch, chevalier, et Ricbard de Langlandis, secrétaire du comte de Mar. Les comptes mentionnent en outre maître Robert Greffin et Robert Forest : mandements du duc en 4ate du 28 avril U19. L'évèquc d'Orkney séjourna durant seize jours à Provins (B 1601, f. 53 v«; 1602, f. 180). Eo outre, le 11 mai 1419 le duc faisait payer 200 îr. à Laurent de Balon, « escuier du pays d'Escoce, nagaires venu de par le duc d*Albanye (B 1601, f. 47). » A ce moment on comptait si bien à la Cour de Charles VI sur un secours d'Ecosse que, le 11 avril 1419, des envoyés du duc de Bourgogne, venus à Tournai réx^Iamer le paiement de la rente de 6^000 livres due par la ville , déclarèrent que le produit devait être affecté à paytr les Écossais qui s'offrent à venir servir le Roi. — Extraits analytiques des Registres êa ConsauXy t. 1, p. 176.
3. Archives de Tours, Registres dés Délibérations^ vol. I, part, ni (non paginée), an 12 avril 1419, et part, iv, f. 52 v«. Cette ambassade était conduite par Bertrand Campioi, qui partit ensuite pour la Gastille.
4. Compte des gens d'armes et de trait employés par le Dauphin» ms. fr. 7858, f. 361. Cf. Clairambault, 65, p. 5027, et Pièces originales, 266 : Bel.
5. Quittances de Guillaume Bel, écuyer du pays d'Ecosse, et de Thomas de Stoa (Seton) écuyer du pays d'Ecosse , capitaines d'hommes d'armes et d'archers à cheval du pays d'Ecosse, employés à la garde de la personne du Dauphin. Dom Villevieiile, Titres ofiginauxj vol. 3, n« 118; Gairambault, vol. iO, p. 3003.
6. Archives de la Côte-d'Or, B 1598, f. 246 v«. a La Baire, 1. 1, p. 2U.
Le 28 juÏQ, fut signée à Ségovie une convention réglant les conditions du secours naval fourni par la Castille : quarante navires armés devaient être mis pour trois mois à la disposition do la France ; le Dauphin s'engageait à payer les frais, évalués à la somme de 119,400 francs d'or*. Une ambassade de Castille ne tarda pas à se rendre en France *. L'Angleterre était sérieusement menacée : non seulement la Castille facilitait le transport des troupes d'Ecosse, mais il était question d'opérer une descente en Guyenne. Dans une lettre en date du 22 juillet, le maire et les jurais de Bayonne faisaient part au roi d'Angleterre de l'arrestation d'un clerc castillan, sur lequel avaient été saisis des papiers établissant qu'outre l'envoi des quarante navires destinés à prendre à Belle-Isle les gens du Dauphin pour aller chercher l'armée d'Ecosse, on se proposait à la cour de Castille de diriger une expédition contre la Guyenne et de mettre le siège devant Bayonne '.
Le conseil anglais prit aussitôt des mesures pour empêcher le passage des navires castillans *. Mais il ne tarda pas à recevoir des nouvelles encore plus alarmantes : le 23 juillet, un agent anglais à la cour d'Aragon faisait savoir que quatre galères provençales, bien armées, venaient de passer librement,
1. Voiu quel ^Uil le rontingeat BiiUteire Ibunù par ta CasUUe : t Cum quatuor nilibus inarinariis «t balisUiriis, ac darantb amiigeris et capltanis, triginta novem mllilibus patronis. > Le capitaine était tenu de prfter scnnenl au Roi de France et de se Irouter avec loufcs sçs forces, dans l'espace de dii jours, à l'Ile de Belle-lsle.,Le paiement des 119,400 Tr. devait s'etTectuer dans un d^lai de quatre ans. Ms. !r. 30977, p. 357.
3. Ferreras nous apprend que don Uiego de Anaya , archeféque de Sérille , et don RodiigD Pintenlel Turent envoyés en France (t. VI, p. 331).
3. > Hun noslre balener anne a pris liun clerc et escrivein du Roj de Castele el de sa amie» qui a empris à Tere contre vous et contre tous les voslres. Ovecque lequel clerc avons troube le ordenance de le dicte année , c'est assavoir que ledit Roy de Caslele anœ XL nefs et a mande ai gcans d'icelles que à my tout (mi aoûl) debot i Belc ïsle, et illuceques demonrent diz jours , et reccvenl dedanz itz geans qui (lic) vostre adversaire de France et le OaaRn leur renietra , c de illuecquc encore Tassent guerre niortal ; et s'en aient en Escossc et illueeques recevenl dedens leurs ncTs tous lez gfans d'armes qui dedans voudnmt entrer et aient en France confrc vous... El en otre Tiimei avisai et enTorines plenement que le dit Roj de Caslele psi en prepons de nielre le sicgc en cesle vostre citée. > Lettre du Î2 juillet, dans Rynier, (. IV, part, ni, p. 138. 11 est à remarquer que, dans tes instnicliona dont le clerc *lait porleur, et qui furcnl saisies, il était stipulé qu'ils « ne fassent guerre ni donima^^c à la terre du duc de Itourgui^ne , pour mandement que rostre adversaire ni le DauAa leur lassent, n.
i. Lettres du régent BedTord, au nom du roi, en date des 13 et U août Uiy. Rjmcr, t. c, p. 131.
sans qu'il ait pu les faire arrêter, et qu'elles faisaient voile vers les côtes d'Angleterre • ; le 8 septembre, on écrivait de Bayonne que les Espagnols étaient entrés « à grande puissance x> dans la terre de Labour, et s'étaient avancés jusque sous les murs de Bayonne, pillant et brûlant tout sur leur passage*; qu'il n'était pas douteux que le comte don Fadrique', au nom du roi , avec toute la puissance de Castille , et l'infant d'Aragon, avec toute la puissance d'Aragon, allaient assiéger Bayonne et prêter assistance au Dauphin *. Qui pouvait prévoir les conséquences d'une campagne entamée simultanément, en Normandie par l'armée dauphinoise, grossie des auxiliaires d'Ecosse, et en Guyenne par les troupes de Castille? C'était là un véritable coup de partie. Henri V, qui venait justement de voir le duc de Bourgogne se rapprocher du Dauphin, dut craindre un brusque revers de fortune *.
Mais au moment où l'alliance de Jean II permettait d'opérer, dans le sud de la France, une si utile diversion; alors que l'amiral de Braquemont, prenant le commandement de la flotte castillane, remportait (janvier 1420) une grande victoire, près de La Rochelle, sur les navires anglais croisant dans ces parages •, un déplorable conflit éclata à la Cour de Castille. Après la mort de leur père Ferdinand IV, les trois infants d'Aragon, don Jean, don Henri et don Pedro, étaient venus s'établir à la Cour de Jean II , où leur sœur dofia Maria fut fiancée au
1. Sir Henry Ellis, OrigisuU LeUers, îà séries, t. I, p. 71. Cet age&t faisait savoir en même temps que le roi d'ÂDgleterre pouvait comp^r sur dix ou douze vaisseaux catalaBS armés, s*il le désirait.
2. « Et fait tant grant dommage, écrivaient le maire et la commune, que ne se reptraroil pour cent mile libres d'exterlinx. > Rymer, ^. 132.
3. Don Fadrique, comte de Transtamarre. Voir Çurita, t. m, f. 1U v*, et le Vietori«l, p. iOi.