‹ Histoire de Charles VII (volume 2)Chapitre 255 sur 362 · Ordonnances, t. XI, p. 86 et suiv · texte numérisé non relu

Ordonnances, t. XI, p. 86 et suiv

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Par ce traiti', le Dauphin était df'claré décbu dti trùne et déshérité. « Considérez, — faisait-on dire au Roi, — les horribles et énormes crimes et deliz perpétrez au royaume de France par Charles, sou disant Daulphin de Vietmoiz, il est accordé que nous, ne nostre dit filz le Boy Henry, ne aussi nostre très chier fils Philippe, duc de Bourgongne, ne traicterons aucunement de paix ou de concorde avecques ledit Charies , ne ferons traictier, se non du conseil et assentement de tous et chascun de nous trois , et des trois estaz des deux royaumes dessus diz. » Le roi d'Angleterre, qui devenait l'époux de Catherine et 1' a héritier de France, » laissait au Roi l'usufruit de son Irône ; mais , après le trépas de Charles VI, « la couronne et le royaume de France, avecques tous leurs drois et apparlenances, » devaient, au préjudice du Dauphin', passer, li titre perpétuel, aux mains du roi d'Ai^leterre et de ses héritiers. En outre, comme le Roi était « tenu el empesché le plus du temps, » et ne pouvait en personne « entendre ou vacquer k la disposicion des besoignes » du royaume, la « faculté et exercice de gouverner et ordonner la chose publique » était donnée, sa vie durant, au roi d'Angleterre, « avec le conseil des nobles et sages dudit royaume. » Le titre seul restait donc à l'infortuné Charles VI ; toute l'autorité passail aux mains de Henri V qui, sous le nom de Régent, était le véritable roi *.

Comment le traité de Troyes allait-il être accueilli en Europe? Grave sujet de préoccupation pour le gouvernement dont le roi d'Angleterre devenait le chef. Il avait été stipulé que les alliés des deux rois qui, dans le délai de huit mois après la notifica-

1. (Lequel, dit Vabrigé Français du Religieux de SaJDl-Deois, ilspriToyeni du lonl dt Sii succession paternelle 1 la couroane el royaume de France , sus autres causes ue occa3ians , fars pour l'apelit et suiwrnacian du duc de Bourgogne, > Édition de J. Ourtier, I. ni,p. !i<.

3. Indépendaminent du traita, il j a deux actes du mfnie jour, l'un pu- lequel Quiles T1 proruulguc hi foi-niutc du !«rnient à prl^ter au Roi d'Ar^lelerre, en qualilé de Régenl do Royaume eld'hérilicr de la couronne (Onlonnaneei, t. Xll. p. 384); l'autre décimât <n- Diiuels de lèse-m^esté tous ceui qui enrramdroni le traité ou qui tiendront i son sqet in propos hostiles (Religieux de Sainl-Denis , t. VI. p. i3S), Le Irailé de Troyes hit retHu, le 6 décembre U30, de rap|H»bation d'une prétendue réunion d'Étals, l«nue à Parïs, et, le 2 mai U31 , de l'approbation dc^ trois Étals d'Angleterre (Rymer, t. IV. part, m, p. l'JS-93, elpart. iv, p. sr.).

lion faite, voudraient adhérer au traité, y seraient compris. Des lettres furent envoyées à tous les souverains pour le porter à leur connaissance, et solliciter leur adhésion. En Allemagne, où le roi d'Angleterre était en relations intimes avec l'empereur et avec les princes électeurs, la chose ne pouvait souffrir de difficulté * : Sigismond donna son approbation par lettres du 31 juillet 1420'; le comte palatin du Rhin, qu'on appelait le duc rouge j s'empressa également de donner son adhésion; il parut même , avec cinq centë combattants , dans les rangs de Tarmée anglaise, au siège de Melun, d'où il envoya un défi au Dauphin •. Martin V, malgré les sympathies pour l'Angleterre dont il avait fait preuve jusque-là *, refusa sa sanction '. En Savoie, le duc était gagné par avance •. En Espagne, si l'on pouvait espérer un accueil favorable de la part de TAragon et de la Navarre, on devait rencontrer une résistance invincible du côté de notre fidèle alliée la Gastille : les ouvertures faites , tant de la part du Roi que de Henri V et du duc de Bourgogne ^, furent repoussées, et Ton ne voulut pas

\. Un chevalier flamand, Heretong van Clux, était accrédité près de rempereur par Henri V. On a une lettre du jour de saint Vital (28 avril) qui est certainement de cette année et dans laquelle l'ambassadeur rend compte à son maître des dispositions et des faits et gestes de Sigismond (Original lelters, publ. by Sir Henri Ellis,2<ï séries, 1. 1, p. 78-82). Après le traité de Troyes, Her George et John Stokes furent envoyés en Allemagne par Henri V. Dans une lettre en date du 17 juin, ils rendent compte du début de leur mission. Ils ont présenté les lettres du roi au duc son frère (Louis III le Barbu, comte palatin) et lui ont exposé la paix conclue : the qwych pes as I dedarede is mygthy and vertuows, it is fair and graciowê and il is swete and amorows. — Le comte est cnclianté de la paix; il va se rendre à Paris avec i ou 500 hommes. — Les lettres aux archevêques de Mayence, Trêves et Cologne ont été envoyées. — Ce dernier est prêt à servir le roi à ses propres dépens. — Ils ne savent rien relativement à la venue ni au concours de l'empereur, qui doit être à Prague. Original leiters, 3<* séries, t. I, p. 6^70.

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