Rymer, t. IV, part, m, p
3. Rymer, l. c., p. 187. — Sur la présence de ce prince à Melun et son défi, voir Jouvenel, p. 379; Berry, p. 439-440 ; Monstrelet, t. III, p. 410, et t. IV, p. 23, et Raoulet, p. 168.
4. « Le Pape est bien accointé et très especialement au Roy d'Angleterre , » lit-on dans un document bourguignon relatif aux négociations avec les Anglais. Kervyn , éd. de QiasteDain, t. I, p. 84, note (d'après ms. tr. 1278).
5. C'est ce qui ressort d'un document du temps de Louis XI , publié par Leibniz , Codex juris gentium mantissa, p. 76.
6. Voir la lettre tout amicale qu'il écrivait le 28 avril 1420 à Henri V. Rymer, /. c,
7. Dès le 6 mars 1421 , Philippe avait envoyé en Oistille Hue de Lannoy. Deuxième compte de Guy Guillebaut, dans la Collect. de Bourgogne, vol. 65, f. 139, et La Barre, t. n, p. 207. note.
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entendre parler de la conclusion d'une trêve avec l'Angleterre * ; le roi de Navarre , quelque fût sa sympathie , mit pour condition à son adhésion la restitution des comtés de Champagne et de Brie : on le sollicitait à la fois de donner à la France un Concours armé, et d'agir en Castille contre le Dauphin, auquel cette j)uissance se préparait à donner un nouveau secours; le roi se borna à envoyer des ambassadeurs à la Cour de Jean II *. D'autres princes de moindre importance se tinrent sur la réserve , comme le duc de Lorraine , ou se prononcèrent dans un sens opposé , comme le prince d'Orange '.
En résiuné, la situation diplomatique du gouvernement anglo-bourguignon était loin d'être améliorée par ce traité,
1. Créance des ambassadeurs de France, exposée au roi de CasUlle au nom du roi d'Angleterre (Du Puy, 223 , f. 205) ; Sommations et requêtes faites au roi de CastiUe par les ambassadeurs du roi de France , considérées les réponses moins suffisantes faites par le roi de Castille aux requêtes des ambassadeurs {id., p. 206); Créance des rois de France et d'Angleterre à noble prince Dom Jehan, infant d* Aragon, qui a épousé la fîUe aînée du roi de Navaire (id., f. 207); Créance des ambassadeurs du duc de Bourgogne au roi de Castille, semblable à celle des ambassadeurs du roi (id., f. 207 r»).
2. Charles VI avait, par lettre missive du 26 avril U20, invité le duc de Lorraine à se rendre à Troyes , en invoquant le motif suivant : le Roi , disait-il , devait se rendre le 20 à une convention où Ton ne pouvait espérer avoir grand nombre de seigneurs du sang, tandis que le roi d'Angleterre y viendrait sans doute « grandement et hoonorablement accompagnié » (Original signé, Collection de Lorraine, vol VI, n« 155). Après la signature du traité, Henri V envoya au duc un de ses conseillers, porteur d'une copie de Pacte, avec prière de se rendre près de lui. Le duc éluda cette proposition par une lettre es date du 28 mai (Rymer, t. IV, part, m , p. 176). — Henri V écrivit de nouveau au duc de Lorraine le i juin 1420, au moment d'aller faire le siège de Sens, pour lui exprimer le regret qu'il ne fût pas venu à Troyes vers « beau père, » lui demandant instamment de venir le tiouver à Villeneuve-le-Roi (Original, Collect. de Lorraine, VI, n« 152). —Nous avons en minute la réponse du duc : « Très redoubté et souverain seigneur, » écrivait-il de Nancy le 8 juin suivant, « plaise vous savoir que tantost après le département de mes conseitlers pour aller vers vous , je ehu conseil et advis de la guerre que de présent ay de faire mon mandement pour tirer sur mez ennemis et gésir aux champs ; lequel mandement et autres ordonnances ay fait et suis prest; et ne le puis bonnement laissier ne m'en déporter, car de présent est saison et n'y porroie recouvrer. Pour laquelle chose ne puis pour présent , en manière que soit, aller vers vous. Si vous plaise de voslre grâce m'avoir pour excuàé pour ceste foi s (id. , ifc iV/. , n" 1 53) . » — Le 1 2 janvier 1 42 1 , en réponse à une sommation de venir vers le roi d'Angleterre le I»"" mars, ou au plus tard le 15 mars, le duc répondait encore : a Très redoublé et souverain seigneur, très voluntiers je feusse allé vers vous audit jour, mais je suis tellement oppressé de maladie que je ne l'oseroie, en manière que suit entrepainé (id., ibid., n«» 154). »
3. Le prince d'Orange était venu au siège de Melun, et fut sollicité de prêter serment d'observer le traité; il répondit « qu'il estoit prest de scmr le duc de Bourgongne, mais qu'il fist le serment de mettre le royaume es mains de l'ennemy ancien et capital du Royaume de France, jamais ne le feroit. » Et il s'en retourna en son pays. Jouvoie) p. 382. Cf. Berry,p. 440.
qui devait, au contraire, lui susciter plus d'un embarras : ce n'était pas trop de Fhabileté de Henri V pour en faire accepter les résultats par les différentes cours.
La diplomatie du Dauphin ne restait point d'ailleurs inactive : elle profitait soigneusement des avantages acquis, et ne laissait échapper aucune occasion d'en obtenir de nouveaux. Après l'événement de Montereau, une ambassade française, composée de l'évêque de Léon et de Guillaume de Meulhon, se rendit à Florence, où résidait encore Martin V, pour exposer les faits au pape et rétablir la vérité altérée par les envoyés bourguignons. Cette ambassade, à laquelle se joignit un représentant de la reine Yolande , accrédité près du pape * , fut entendue dans un consistoire secret tenu le 4 décembre 1419 *. Elle rappela l'envoi fait par Martin V, alors qu'il était encore à Constance, de deux cardinaux légats qui avaient été « le principe de la paix et l'occasion d'éviter beaucoup de maux; » le traité juré entre les mains de l'évêque de Léon, qui était venu en France avec le titre de légat, et exposa tout ce qui s'en était ensuivi. Le pape s'était montré jusque-là aussi favorable au parti bourguignon qu'au roi d'Angleterre. Il avait trouvé de ce côté, relativement aux libertés de l'Église, un grand empressement à se rendre à ses désirs ', et il était en relations assidues avec la Cour de Bourgogne *. Il accueillit d'abord assez froidement l'ouverture des ambassadeurs du Dauphin, et se borna à les charger de dire de sa part à leur maître qu'il l'exhortait à marcher davantage sur les traces de ses ancêtres *. Les envoyés du duc de Bourgogne , qui avaient l'oreille du pape , s'étaient
1. II se nommait Nicolas Pemgaud, et était chanoine d'Angers.
2. On remarquera que c'est le jbur même où le pape donnait l'investiture du Royaume de Sicile à Louis d'Anjou. Voir plus haut, p. 318.
3. Voir l'ordonnance, en date du 9 septembre Ui8, par laquelle Charles VI révoque redit du mois de mars précédent; et les lettres des 2^ mars et 16 mai U19 pour la publication et l'exécution de cette ordonnance. Ordonnances, t. X, p. 471 et 511; t. XI, p. 3.
i. En avril lil9 , te duc de Bourgogne envoyait au pape 6irio de Busca et Jérôme de Ballard (Collection de Bourgogne, 65, f. 120). Le 29 novembre 1419, la duchesse de Bourgogne faisait partir un messager pour porter au pape des lettres closes dans lesquelles elle le remerciait « de certaines clioses dont le Saint-Père l'avait informée depuis peu par Jean Gobert , archidiacre de Langres , » et le priait de continuer ses bontés à elle et à son fils (Collection de Bourgogne, 57, f. 163).