Voir Lettres des Rois, etc., t. II, p
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efforcé de lui persuader que le Dauphin était eu rapport avec Pierre de Luna (l'anti-pape Benoît XIII), et qu'il voulait lui refuser obéissance *. Mais bientôt la lumière se fit, et Martin V cessa d'envisager l'attitude du Dauphin à la seule lumière des récits bourguignons.
Une ambassade anglaise se trouvait alors à Florence, et elle avait obtenu une audience du pape. Martin V consentit à entendre à leur tour les ambassadeurs du Dauphin. Nous avons à cet égard un curieux document, qui nous initie aux dispositions du Souverain-Pontife, et nous révèle le changement opéré dans son esprit : c'est une lettre écrite au Dauphin par le cardinal de Saint-Marc, Guillaume Fillastre, le même que nous avons vu, en mai 1418, activement mêlé aux conférences de La Tombe.
A très hault et puissant prince et mon très redoublé seigneur monseigneur te Régent le Royaume, Dauphin de Vienne,
Très haut et très puissant prince et mon très redoublé seigneur, je me recommande à vous tant humblement que je puis, et vous plaise savoir que vos ambaxadeurs, après leur principale ambaxade expédiée, comme nagaires vous ay escript, sont demeuré pour respondre aux ambaxadeurs d'Engleterre , desquels je vous ay envoyé en effect la proposicion, et aussy aucuns mémoires que j'avoye fait, en grant ferveur et voulenté de garder Fonneur du Roy et de vous. Mais pour ce que lesdiz Anglois proposèrent assez honnestement, nous autres estant par de ça avons avisé dt respondre sans offense tant que faire se povoit, et n*a esté faicle aucune expresse mention du duc de Bourgogne trespassé. Si ont vos diz ambassadeurs, ce mercrcdy xxvii" jouf de décembre, eu audience pareille qu'avoient eu les Anglois. Et Tevesque de Léon a très solennellement et honorablement, et sans offense, proposé, en monstrant le non droit des Anglois en France ne en Normandie, et les causes des traictiez non parfaiz; et tellement que noslre saint Père et les oyans en ont eslé bien contens. Si ont les AnglMS répliqué, quant aux convenances rompues, ung pou aigrement, car ils sont de aigre nature. Et i'evesque leur a tiercement res-