‹ Histoire de Charles VII (volume 2)Chapitre 264 sur 362 · Pouvoirs du 24 janvier. Rymer, /. c, p · texte numérisé non relu

Pouvoirs du 24 janvier. Rymer, /. c, p

5. On voit dans un Mémoire pour le Roy de Navarre que, pendant le siège de Meaux, le roi d'Angleterre reprit les négociations entamées après le traité de Troyes , et discuta avec l'aumônier du roi de Navarre les conditions du marché. Du Puy, 223, f. 223 v«-25.

6. Rymer, t. IV, part, ii, p. 193; Proceedings and çrdinances, t. Il, p. 236.

7. Les 28 novembre 1418 et 27 mai 1419 des saufe-conduits étaient délivrés à des ambassadcHrs génois (Rymer, t. IV, pai-t. iii, p. 77 et 118): Le 26 février 1419 un pouvoir était donné à des ambassadeur pour traiter avec le duc et la République (W., ib,, p. 96). En 1420, le 4 aoftt, nouveau sauf-conduit à des ambassadeurs de la République pour se rendre en France près de Henri V (W. ibid., p. 187); enfin un sauf-conduit fiit encore délivré le 30 mars 1421 à une ambassade qui vint en Angleterre (irf., t. IV, part iv, p. 18).

8. Nous avons rencontré dans le ms. fr. nouv. acq., 1001 (f. à)lapi^ suivante, attes-' tant les relations du Dauphin avec la seigneurie de Gènes :

« THOMiC DE Campo Fregoso, ducis Janlensis, ad Carolum Delphinum. Dlustrissime princeps et excellentissimc domine , venit ad Dominationis vestrœ prœsentiam spectabilis miles taUs. Ilaque eamdem oramus quatcnus placeat relatibus dicti talii certam adhibere fidei

dans ses luttes navales contre rAn^leterre. Mais, fidèles au bon souvenir laissé par le gouvernement de Boucicaut , un certain nombre de seigneurs génois étaient restés en France : nous en trouvons dans les rangs de Tarmée dauphinoise, au mois de novembre 1418, et jusqu'en 1421 *. Enfin un nouveau traité, en date du 29 mai 1421, vint inféoder complètement la République à la cause de FAngleterre ". Celle-ci ne devait pas profiter longtemps du traité : dans le cours de Tannée , deux armées milanaises envahirent le territoire de Gênes. Gampo Pregoso, se sentant hors d'état de soutenir la lutte, résigna le pouvoir, et s'embarqua (27 septembre) pour les côtes orientales. La seigneurie de Gènes passa aux mains du duc de Milan, dans les conditions qui autrefois avaient été stipulées avec la France. La ténacité avec laquelle le Dauphin résistait aux assauts de l'Angleterre , l'impossibilité de jouir pleinement des conséquences du traité de Troyes causaient à Henri V un violent déplaisir, dont on trouve la trace dans les documents émanés de sa chancellerie'. La victoire de Baugé l'avait rempli de fureur, et ce n'était pas sans indignation qu'il avait vu les côtes anglaises menacées par une flotte espagnole *. Ainsi,

plenitudmem , tamquain nobis, paratis si quidem toto cordis afTectu in quofibet augmentom et decus Excellentie vestr» fldentia. Data Janus, a. m cgcc xx, die uii januiri. Thomas de Gaioh) Fregoso, Oei gratia JANUErtsiUM Dux. — lUustrissimaprincipi et eœcellentUsimo domino domino dud Aquitaniœ , Dalphino Viennensi. »

1. Philippe de Grimaldi reçoit 200 1. t. le 17 novembre 1418 (Qainuobaiilt, SS, p. 4209) ; en décembre lilS , Gasan de Aorea , Génois , est prisonnier des Anglais (R^ mer, t. IV, part, ni, p. 80) ; en U21, le marquis du Garet, Génois (sans doute des marquis de Caretto)y commande à Rougemont, et est pendu lors de la prise de cette place par Henri V (Berry , p. Ut).

2. Pouvoir de Henri V du 1*' mai; pouvoir de Gampo Fregoso du 7 février précédent, dans le traité du 29 mai U21. La ratification du roi est du 26 octobre. Rymer» t. IV, part. IV, p. 28-30 et 42; Du Mont, Corp$ diplomatique, t. U, part, ii, p. 155.

3. <L Procurante tamen antiquo bumame inimico uatur», sunt nonnuUi, in profondo malitis positi, ut Karolus, Dolphynus Vienniœ se nominans, et sui complices, diots pads rupturam totis viiibus hanelantes et rebellionis calcaneum , in Dei offensam , ac palris nostri et nostri contumeliam, erigere non verentes, pacis antedictae grati^^sima fœdera confrïngere ae subditos palris nostri et nostros, non sine magna strage Ghristianorumque sanguinis efinsione, invadere in diesque depraedari non desinunt... » Pouvoir pour traitnavec le roi de Portugal, /. c, p. 47.

4. Lettre de Henri V au connétable de File de Wight, en date du 19 mars {Proeeeà, and ord.j t. II, p. 362) : « Pour ce que nous sûmes creablement enformez que nos enoerayt espaignolx sont à présent en grant nombre sur la meer armez pour la guene, pof^ posaatz de faire invasion à nostre royalme et en especial en noslre isle de Wyght , etc. *

malgré la situation précaire de l'Ecosse , malgré les divisions régnant en Espagne, où se poursuivait une guerre civile à laquelle Tinfluence anglaise n'était peut-être pas étrangère, le roi d'Angleterre se voyait plus que jamais entravé dans l'exécution de ses desseins ! Saisi d'une pensée de découragement, il se demanda s'il devait pousser plus loin sa conquête. Nous en avons la preuve dans un document postérieur, qui nous révèle les dispositions secrètes de Henri V à cette époque *. Reconnaissant que la voie des hostilités était longue, périlleuse, hérissée de difficultés, il confia au duc de Bourgogne et à un petit nombre de conseillers de ce prince « qu'il desiroit bien trouver voye et manière convenable de traittier avecques la partie adverse, tellement que ladicte guerre cessast du tout, » et formula la demande que, « sans sa requeste, » mais par l'intermédiaire de Philippe , le duc de Savoie intervînt en faveur de la paix. Il y eut dans ce but, au mois de mars 1422*, une entrevue entre les deux ducs , à Genève , où Philippe se rendit sous prétexte de visiter son oncle et sa tante. Amédée VIII consentit à envoyer en France des ambassadeurs pour .entamer les négociations'.

Le Dauphin n'avait garde de se priver des avantages diplomatiques qu'il avait su conquérir : il ne cessait d'entretenir d'intimes relations avec la Gastille , et la tenait soigneusemient au courant de ses progrès. Regnault de Chartres, à peine revenu d'Ecosse, fut envoyé en Espagne, avec Guillaume de Quiefdeville , pour annoncer à Jean II la victoire de Baugé. En septembre suivant, Bertrand de Goulard et Quiefdeville reprirent le chemin de l'Espagne. Le texte de leurs instructions nous a été conservé. Ils avaient charge de remercier le roi du bon vouloir qu'il avait toujours témoigné au Dauphin; de lui faire con-

i . Ce sont des instructions données par Philippe le Bon à ses ambassadeurs envoyés en Angletene, avant Touverture du congrès d'Arras, en avril 1435. Collection de Bourgogne, 99, p. 4i2.

2. II arriva à Genève le 29 mars, et en repartit le i avril. D. Plancher, Histoire de Bourgogne, t. IV, p. 49; Guichenon, Histoire généalogique de la maison de Savoie y t. I, p 160. — Le 16 mars on savait à Lyon que le duc de Bourgogne devait être prochainement à Genève. Registres des délibérations, BB I, f. 146 v«. Sur ce voyage, voir ChasteUain, t. I, p. 293-94.

3. Ces ambassadeurs passèrent par Lyon le 17 mai. BB I, i". 156 v<».

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naître les événements favorables à sa cause qui étaient survenus : l'alliance avec le duc de Bretagne, qui avait envoyé son frère Richard au service du Dauphin avec bon nombre de chevaliers et écuyers; Tespérance que faisait concevoir la venue du nouveau secours d*Écosse; l'échec de la campagne entreprise par le roi d'Angleterre à son retour en France; la « destrousse » du duc de Bourgogne par les troupes campées au delà de la Seine. Ils devaient ensuite requérir l'envoi par terre d'une armée commandée par les cousins du roi, les infants d'Aragon, ou tout au moins par un duc ou un comte, dont les ambassadeurs avaient mission d'assurer le meilleur choix K Ils devaient insister près des infants , et , rappelant les services rendus par la France à la Castille , solliciter l'avance de la première mise de fonds, en offrant à cet égard toutes les garanties désirables. Ils devaient enfin demander au roi de faire signifier à tous ses sujets, alliés et voisins, sa détermination d'aider et servir le Dauphin contre tous, et spécialement contre le « commun adversaire de France et de Castille , ses aidans et favorisans, » et de manifester son intention que tous lui fissent guerre et s'employassent de toutes manières « au recouvrement de son frère et allié le Roy de France , détenu par ledit commun adversaire. » S'il était question du « retour des galées, » il était recommandé aux ambassadeurs de ne point irriter les chevaliers et écuyers qui se trouvaient sxir ces navires , mais d'exprimer le regret que le Daupy n avait éprouvé de ce retour, parce qu'au moment où il avait été effectué, ces galées pouvaient lui rendre de très grands services , en se portant sur les côtes de Normandie , de Picardie ou d'Angleterre *. Cet intéressant document, qui nous initie si bien aux relations existant entre les deux puissances, fait d'autant plus regretter la pénurie d'informations de ce genre pour cette période. C'est à grand peine que nous avons pu rassembler les renseignements permettant de suivre le mouvement diplomatique pondant la régence du Dauphin. H est permis toutefois

î. Voir à ce sujet un pouvoir qui se trouve dans le ms. f. 5024, f. 151. 2. Ms. laf. 6021, f. 18.

de constater que, sur le terrain des négociations comme sur le terrain de la lutte armée , une activité féconde avait été déployée, et qu'on avait obtenu d'importants résultats.

Le tableau des efforts tentés sous ce rapport serait incomplet si nous ne nous arrêtions un instant à l'Italie, où le Dauphin, voyant la Castille aux prises avec ses divisions intestines \ ne tarda pas à chercher des auxiliaires.

Le 2 novembre 1421, Gênes, dont — nous Tavons vu — le roi d'Angleterre avait recherché Talliance, se donnait au duc de Milan. C'est sur ce prince que le Dauphin jeta les yeux comme pouvant lui oflFrir un utile concours. Philippe-Marie Visconti, monté sur le trône en 1412, était le frère de l'infortunée Valentine, unie à Louis, duc d'Orléans. Son père, Jean Galeas, dont l'empereur Wenceslas avait érigé la seigneurie en duché (il mai 1395), s'était uni à Charles VI par un traité d'alliance, signé le 31 août 1395^. Succédant à Jean-Marie, son frère, qui, après s'être souillé par tous les crimes, avait été massacré, en haine de sa tyrannie, par des gentilshommes milanais, il était parvenu à un degré de puissance qu'aucun prince italien n'avait atteint depuis longtemps. L'empereur Sigismond, qui voulait soumettre les villes de Lombardie à la judictionde l'Empire, dut y renoncer. Aidé par un habile général, Carmagnola, le duc de Milan avait conquis tout le pays situé entre l'Adda, le Tessin et les Alpes, et imposé sa loi à tous les petits tyrans qui s'étaient partagé les États de son père. Avant que Gênes s'offrit à lui, Parme-, Brescia et Crémone avaient passé successivement sous sa domination ^ Pourtant Philippe- Marie n'avait point les qualités qui font les grands princes * craintif, astucreux, indécis parjois, poussé tout ensemble par des aspirations généreuses et par des instincts où se retrou-

i. Vers ic niob de juin 1121, le roi se décida à prendre les armes pour dumpter Tinfant den Henri; celui-ci ftit arrêté le U juin 1422. Ferreras, t. VI, p. 270-71. Cf. I.e Victorial, p. 493-95, noies.

2. Le texte est dans Leibniz, Codex Diplomaticus , p. 259. Leibniz donne aussi (p. 277) un traité par lequel Gabriel-Marie, seigneur de Pise, frîère du duc, se déclare vassal de la France (15 avril HOi). Voii*, snr les événements qui amenèrent ce traité, le Religieux de Saint-Denis, t. IV, p. 256 et suiv.

3. Voir Sismondi, Histoire des Ré}iubliques italiennes, t. VIII, p. 305-32.

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valent la bassesse et la férocité de son frère, c'était bien le type du souverain italien à l'époque de décadence où se trouvait alors TEurope \

LTiîstoire ne nous fournit aucun détail sur Jes négociations entamées par le Dauphin avec le duc de Milan. Nous savons seulement qu'au mois de novembre 1421, Charles engageait les terres de son domaine jusqu'à concurrence de six mille écus d'or, pour faire face à la solde des gens d'armes lombards qu'il se proposait d'envoyer chercher'. Au mois de février 1422, Artaud de Grandval, abbé de Saint-Antoine de Viennois, en se rendant en ambassade vers le Pape, visita au passage le duc de Savoie, le duc de Milan et d'autres princes italiens '. Artaud était accompagné de Bertrand de Saint-Avit et de Philippe de Grimault, qui avaient mission de ramener le corps de troupes dont il s'agissait*. Le duc de Milan se prêta de fort bonne grâce à ce qu'on lui demandait : des auxiliaires lombards ne tardèrent point à passer en France , où nous les trouvons aussitôt dans les rangs de l'armée du Dauphin *. Ce fut là le point de départ de relations qui devaient se poursuivre, et aboutir,

1. Vita Philippi Mariœ, auct. Petro Candido Decembrio, dans Muratori, t. XX, col. 1001 et suiv.

2. Lettres du 26 novembre 1421. Ordonnances, t. XI, p. U1-i2.

3. La date est fix<^e par la pièce du 28 janvier U22, citée p^us haut. Archives de Grenoble, B 2846.

i. Même source. Pour cette mission, Fabbé reçut 4,000 i., Saint-Avit 2,000 I., et (irimault 1,0001. Ces deux derniers devaient « pourchacier et souldoyer gens d'armes et de trait oudit pays (en Italie) , pour aler à la nouvelle Saison en France ou service de mon (til seigneur. » Saint-Avit et Grimault sont désignés dans Tordonnance du 26 novembre 1421 comme devant aller chercher, « ou |)ays de Lombardie , » « certaines gens d^arroes et t^ons. 9 On trouve dans le Registre B 3045 plusieurs documents relatifs aux somme< versées pour le paiement de ces troupes (f . 169-171). Le 28 février, Régnier de Bouligny, se trouvant à Romans au cours d'une mission qui lui avait été confiée, recommandait, avant de partir pour le Languedoc , que les 5,000 écus d'or nécessaires au paiement des gens d'armes que devaient amener l'abbé de Saint-Antoine et Bertrand de Saint-Avit , « des par ties d'Italie , n fussent prêts et remis au trésorier du Dauphiné pour être portés à Avignon. B2825, f. 140.

5. Le 6 juin 1422, les troupes de Lombardie sont en Dauphiné, prêtes à entrer dans le royaume. Archive^ de Lyon, BB I, f. 158 v®, et lettre de Groslée, AA 82. Mais déjà des capitaines lombards se trouvaient au service du Dauphin : Bomo Cacaran, capitaine lombard, faisait montre à La Charité-sur-Loire le 26 juin 1 i22 ; il était depuis longtemps en France, car la montre passée à Auhigmj le 4 mai (et non le 14) parait être de 1421 , et non di? 1422 comme l'indique M. Vallet (t. I, p. 322, note 1), d'après D. Morice. Dès 1421, y avait la qualité de conseiller et chambellan , et le 24 novembre de cette année le Dauphin lui donnait la châtellenie de Cayras en Dauphiné (Archives de Grenoble, B 3044, f. 169).

comme nous le verrons , à la conclusion d'un traité d'alliance.

Ainsi, le gouvernement du Dauphin, pendant ces quatre années de régence, si difficiles, si laborieuses, où il avait eu à lutter contre de nombreux et puissants ennemis, avait réussi à conserver à la France Tamitié et à obtenir le secours efifectif de rÉcosse et de la Castille ; il avait désarmé Thostilité du pape Martin V, entretenu de bons rapports avec le duc de Savoie, et tandis qu'au sud de Tltalie le duc d'Anjou s'aidait du prestige du nom français pour s'assurer la possession du royaume de Naples, le nord de la péninsule s'ouvrait à notre action, et le plus considérable des princes italiens s'apprêtait à devenir notre allié.

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