Registres du Parlement, 1. 1., t. I, p. iSO
4. L*ordonnance est datée « anno m cccc xmiio, in mense martii , post paschâ. n Or, Pâques^ tomba cette année-là le 27 mars.
quer certaines sommes comme elle l'avait fait dans le passé *.
Par d'autres lettres du 2 avril, le Roi, précisant davantage, interdisait fonnellement de faire passer à Rome, lors des vacances des bénéfices, et sous prétexte de néj^oce, quelques sommes que ce fût, en or, argent, bijoux, etc., et défendait de solliciter du Pape des grâces expectatives '.
Il semble que, dans Tintervalle qui s'écoula entre la signature et la publication de l'ordonnance stœ la « réduction de l'Église de France à ses franchises et libertés anciennes, » on ait eu quelques scrupules : car, le 17 avril, dans une réunion où le chancelier exposa ce qu'avait fait le Dauphin, il fut convenu que le cardinal de Bar, présent à l'assemblée, ferait venir eu son hôtel Louis de Fiesque, ambassadeur du Pape, pour le sonder et savoir s'il n'avait aucun pouvoir relativement à c^tte matière. Sur sa réponse négative, dans une nouvelle réunion tenue le lendemain, on décida de passer outre, et de faire sceller, expédier et publier dans le plus bref délai l'ordonnance en question. Il fut aussi résolu qu'une autre ordonnance interdirait fonnellement le transport de l'or et de l'argent, monnayé ou non , hors du royaume.
La seconde ordonnance portait, on l'a vu, la date du 2 avril. Le roi était encore à Greil, où se trouvait le grand sceau de la chancellerie. La preînière ordonnance ne fut présentée au Parlement que le 9 avril. Le cardinal de Bar avait demandé à la revoir avant sa publication; mais le procureur du Roi, voyant qu'il cherchait à gagner du temps, obtint de la Cour que la publication fût faite sans plus de délai : cette formalité fut remplie le 13 avril, veille du jour où l'obédience fut donnée au Pape '. L'ordonnance du 2 avril ne fut publiée que le 12 mai.
Le pape Martin V, en présence d'une telle façon d'agir, témoigna un juste mécontentement. C'était le moment où il venait de promulguer, pour la France et les autres nations latines, un concordat, analogue^ à celui concernant l'Allemagne et l'An-