‹ Histoire de Charles VII (volume 2)Chapitre 300 sur 362 · Voû* chapitre x, p · texte numérisé non relu

Voû* chapitre x, p

7. a On ne peut doubler que à'nons et à nostre msgesté royale n*appartiengne senlefoem et pour le tout, en nostre royaume, le meslier, le fait, la provision et toute Tordonnance de monnoye, et de faire monnoyer telle monnoye et donner tel cours, pour tel prix, comme il nous plaist et bon nous semble. » Lettres de Philippe de Valois du 16 janvier 1346 : Ordonnances , t. II , p. 254. Cf. Lettres du Roi Jean du 20 mars 1361 : Ordonnances, t. m, p. 555.

1418 l'administration du dauphin. 393

appelait le droit de seigneuriage K Elle pouvait même, pour se procurer des ressources , augmenter ou diminuer la valeur des monnaies : « L'altération des monnaies, dit Edgard Boutaric, était un droit royal et seigneurial reconnu au moyen âge , que les besoins pressants du trône et la gravité des circonstances semblaient justifier*. »

Le premier soin de Charles, dès qu'il fut investi du titre de Dauphin, avait été de pourvoir aux offices de gardes des monnaies dans ses trois monnaies du Dauphiné '. Par lettres du 17 mai 1417, le Roi l'avait autorisé à faire fabriquer dans ce . pays telles et semblables espèces que dans les monnaies du royaume, à la double condition de ne point donner aux marchands un prix supérieur du marc d'or et d'argent, et de faire apporter les boîtes en la Chambre des monnaies pour y être vérifiées*. Dès le 18 mai, Charles, usant de cette prérogative, prescrivit la fabrication de diverses espèces*; dans le même mois il confirma les privilèges des officiers et ouvriers des monnaies de Grémieu et de Romans ®. Le 29 mai , le Roi ordonnait d'aff*ermer toutes monnaies du royaume '. Dans le courant de cette année, et dans les premiers mois de 1418, des ordonnances réglant le cours des monnaies, ou prescrivant la fabrication de nouvelles espèces, furent rendues par Charles VI ^. Nous savons, par une lettre missive du Dauphin, datée du 26 janvier 1418, que les monnaies royales « besognoient très fort, » et qu'il en venait « grand profit ; » il paraît qu'il

1 . Philippe le Bel regardait la monnaie comme un droit domanial dont il pouvait user et abuser; il paraissait tout naturel que le Roi recourût, pour sç procurer des ressources, à son « domaine, revenu, profit et émolument de la monnaie, » et Ton indiquait cette voie comme le meilleur moyen de ne point trop charger le peuple du royaume. Ordonnances ^ t. UI, p. 218 et 266.

2. La France sous Philippe le Bel, p. 325. — Voir la préface de Secousse, dans le tome in des Ordonnances, p. cni-civ.

3. Lettres du l^*" mai 1417, nommant les gardes des monnaies de Crëmien, de Romans et de Mirabel. Aidrives de Grenoble, B 2824, f. 38, 59, 60 v«, 64, 65, 66.

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