‹ Histoire de Charles VII (volume 2)Chapitre 69 sur 362 · Lettres du 19 janvier, citées plus haut · texte numérisé non relu

Lettres du 19 janvier, citées plus haut

3. c Youlans , disaient les lettres de nomination , pourvoir à la sûreté dMcelle (ville) en notre absence et en Tabsence de nostre cousin de Bourgogne, qui est en nostre compaignie. » Le pouvoir passait de fait aux mains de quatre chevaliers bourguignons qui formaient comme le Conseil du jeune comte. Gelui-d était nommé en même temps lieutenant général dans la prévôté de Paris, la Normandie, la Picardie, etc. D. Felibien, Hist. de Paris, t. V, preuves, p. 261.

i. « Que pouvait-il craindre, en effet, lorsque le seul prince français qui fût puissant, le duc de Bourgogne, était son ami? » Michelet, Hist. de France, t. IV, p. 331. — « De vaines et pompeuses paroles, des démonstrations inefficaces et dérisoires, voilà tout ce que le royaume en péril obtint de son dévouement. » Yallet de VniviUe, 1. 1 ,, p. 142.

Lorraine , qui avait compté jusque-là parmi les adhérents au parti bourguignon *. Le duc fit aussitôt partir im de ses lieutenants , Jean de Luxeçibourg ', qui , à travers le Vermandois , le Laonnais et là Champagne , alla ravager les comtés de Bar et de Grandpré. Cette expédition lointaine accusait plutôt un désir de vengeance qu'un dessein politique habilement concerté; elle ne tourna pas au profit des Bourguignons : Jean de Luxembourg fut battu, et perdit même son étendard*.

Le Dauphin Charles , qui voyait avec peine les progrès des Anglais, reprit, au commencement de mai, les négociations avec la Cour : il proposait ime trêve de trois ans ; le duc de Bourgogne lui accorda seulement trois mois (14 mai). C'est avec Henri V qu'il voulait traiter, et il espérait faire sortir \m accord des conférences qui allaient 5'ouvrir à Meulan. La tleiney amena sa fille Catherine, dont les charmes produisirent sur Henri V une vive impression. Pendant plus d'un mois, les entrevues et les négociations se poursuivirent ; peu s'en fallut qu'on ne vînt à ime conclusion, caries préliminaires posés n'avaient pas soulevé de sérieuses objections *. Mais la principale difficulté consistait à. traiter en dehors du Dauphin ^ . Les pourparlers durèrent jusqu'au 30 juin. Le duc rompit alors — du moins en apparence — avec le roi d'Angleterre, et se décida à accueillir les ouvertures du Dauphin. Le 7 juillet, il quittait Pontoise pour se rendre au Ponceau-Saint-Denis ; le lendemain , il eut une entrevue avec le jeune prince, près de Pouilly; et le 11,

i. Traité du 20 mars 1419. — Le Roi René, par M. Lecoy de la Marche, t. I, p. 55-56.

2. Le duc avait récemment (23 novembre Ui8) ménagé l'alliance de Jean de Luxemr bourg avec Jeanne de Béthune, veuve de Robei-t de Bar, comte d'Aumale et de Soissons, afin d*avoir ainsi à sa discrétion les terres de Robert de Bar. Voir Monstrelet, t. 111, p. 297.

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