Monstrelet, t. Ul, p
i. Voir sur ces conférences lés pièces qui se Irouveht dans Rymer, t. IV, part, m , p. 120etsuiv.; Monstrelet, t. 111, p. 320-21; C^on. ano/i., t. VI, p. 268-70; Jouvenel, p. 364 et suiv.; Elmham, Vita Henrici V» ch. Lxxn et suiv. — ù Reine, en écrivant le 20 septembre 1419 à Henri V, disait : « Combien que les offires que lors nous faisiez nous fussent assez agréables. •
5. C'est ce qu'on peut voir par cette même lettre, qui nous dévoile le fond des choses; nous la reproduisons plus loin (chapitre vi).
HISTOIRE DE CHARLES Vil.
après bien des hésitations, il signa une paix qui fut, le 19, promulguée par ordonnance royale *.
La paix faite , il ne restait plus (ju*à effacer les rivalités des partis, qui: déjà commençaient à s'atténuer, et à préparer de concert la résistance aux Anglais. Henri V venait de reprendre Toffensive, et tandis que les Dauphinois lui enlevaient Pontorson et Avranches, il faisait assaillir Gisors et Saint- Martin-le-Gaillard ', et attaquer les Boiu'guignons qui occupaient le Beauvaisis *. Le 31 juillet, une place importante fut prise : Pontoise tomba sans coup férir aux mains des Anglais *.
La prise de cette ville , qui avait pour capitaine un des familiers du duc, le sire de TIsle-Adam, souleva un cri général d'indignation contre ce prince, qu'on accusa tout haut de trahison. Il faut dire qu'au lieu de s'occuper de la résistance aux Anglais , Jean sans Peur , à ce moment même , avait, au mépris de sa parole, repris avec eux ses pourparlers, et que, loin de chercher à protéger la capitale, devant laquelle parurent bientôt les coureurs anglais ' , il se dirigea de Saint-Denis sur Lagny, sans même entrer dans Paris, et gagna bientôt la Champagne. Arrivé à Troyes, il convoqua ses gens d'armes en grand nombre ; mais on put se demander si c'était bien contre le roi d'Angleterre et ses « damnables entreprises » que ces démonstrations militaires se faisaient, quand on le vit conserver ses troupes auprès de sa personne, comme pour lui former un imposant cortège pour le voyage, si longtemps différé , de Montereau , où une nouvelle entrevue devait avoir lieu entre lui et le Dauphin. Il y périt soudainement, le
1. La Barre, t. I, p. 255-58. Cf. Religieux, t. VI, p. 33i> et Abrégé français du Religieux , à la suite de J. Gbartier, t. lU , p. âèo.
2. Religieux, t. VI, p. 348; Abr. franc, p. 221; Monstrelet, t. IIÏ, p. 334-36; Jouveuel, p. 368 ; Cronicques de Normendie, p. 51 et 54.
3. Voir, sur Texpëdition du comte de Huntii^^n, ca{)itaine de Goumay, Monstrelet; t. m , p. 336.
4. Voir en particulier Monstrelet, t. m, p. 232. — Henri V se servit pour celte surprise des connaissances spéciales de ceux de ses ambassadeurs qui avaient été envoyés à la Cour alors qu'elle était à Pontoise.
5. Le 9 août. Voir Monstrelet, t. m, p. 330, et Journal d'un bourgeois de Paris, p. 128.
10 septembre, ainsi qu'on le verra plus loin. Avec lui disparut un système politique auquel nous n'hésitons pas — conformer» ment à l'avis des chroniqueurs les moins suâpects — à attri-» buer les désastres de la France.
Jean sans Peur mort, deux influences restaient en présence au sein du parti bourguignon. Gomme on l'avait vu lors des conférences de Meulan, il y avait les partisans de l'alliance dauphinoise et les partisans de l'alliance anglaise. Malgré les efforts des premiers, malgré les démarches actives faites par le Dauphin et ses conseillers *, l'influence anglaise prédomina dans les conseils du nouveau duc. D'ailleurs , toutes les mauvaises passions furent mises en jeu*, et l'on vît, à la tête du mouvement qui poussait la France aux mains d'Henri V, la propre mère de l'héritier du trône '.
Tandis que le duc de Boulogne se faisait Anglais, aii grand déplaisir des bons Français et d'im certain nombre de ses partisans*, le Dauphin, qui s'était replié sur la Loire, faisait appel à ses gens de guerre*, et préparait la résistance à la coalition anglo-bourguignonne, qui allait devenir formidable*. Il garnit ses places de gens de guerre, sous les ordres de capitaines expérimentés ', et prit (21 décembre) le chemin du Lan-
1. Nous croyons avoir été le premier à mettre ce point en lomière, en publiant les pièces émanées du Dauphin et par lesquelles il sollicitait le jeime duc de rester fidèle aux conventions faites à Pouilly. Voir Revue des questions historiques , t. V (1868), p. 220 et suiv.
2. De nombreux documents montrait comment le meurtre de Jean sans Peor toi exploité par la faction bourguignonne , et comment une version mensongère fut lancée , de focon à donner le change à Topinioo.