‹ Histoire de Charles VII (volume 3)Chapitre 125 sur 367 · I. f>^osilioii ik Simua Charles, 1, III. p · texte numérisé non relu

I. f>^osilioii ik Simua Charles, 1, III. p

i. IMJ>osi(ion de ftit* Pastpii^rel, t. Il), p. III,

:t. ReUtiOD du tireflier île h Rorlielle, (i. 3.'>.

4, " El a e*li' luonlt h*lle chose à venir le 1*1 iiii<lcri>. lai- il a l'tê aii<si *oleiii)inpl iH a trouva loul^« ^r? chnsrs aiqwincli^' niis>l bien fl ^i ennïmahlenifrit puiir faire la chose, lut coniDie abili rovaui\ «I auircs cUofV* i te neres^res, toame s'il l'eiisl aaoàf nng an devanl ; el y a eu Uni «le fens que e'est cIh>so iuGnie i e^eripi«. M aussi la )|raal jojre <\ne diascun y avoil. ■ Leilrc de trois Kentil<honmi«s «ngevins à \» Reine ef ItareiDC de î^ril*, (hin k rectieH de* Pi*r,», I. V. p. 128-130. f.f. Variontt inèditr

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du matin et se prolonge jusqu'à deux heures. Le Hoi est armé . clievalierde la main duducd'Aleaçon. La Pucelle est aux côtés' du Roi, tenant à la main cette bannière qui, après avoir été à la peine, méritatl bien d'être à l'honnour '. Aussibôt qu'il a reçu iTanction sainte — cette onction qui donnait à la royauté un caractère inviolable et sacré, et en faisait comme un sacerdoce- — et que la couronne est posée sur sa tête, les cris : Noël! Nocll retentissent, et le son des trompettes' remplit les voûtes de la Basilique'. A ce moment, Jeanne se jette aux genoux du Roi, qu'elle tient embrassés, et, pleurant à chaudes larmes i « Gentil Roy, dit-elle, ores est exécuté le plaisir de '< Dieu qui vouloit que vinssiez à Reims recevoir vostre digne . « t^acre, en monstrant que vous estes vray Roy, et celui auquel " le Royaume doit appartenir '. »

irnn dûcuiiieni sur te luirr île Chartes VU, puhliée vw ¥. Boj'cr (ClfnnoDl el Oiléan», 1881 , iu-S" de 8 |t ), où le ni^mc levte csl reprodiiil d'après une meilleore leçon, savoii' une topic du Icmps eimscj'vée à llioni.— Il faut femari|iier que le grelier de La Rochelk emprunle pi'esque lexluellenienl à celle lettiB son rfcii du sacre (p. 36-37).

f. t Inlerrogu^e ijoui' quay il fut plus porté en l'église de Hainï, au saciv, que ceulv Aei antres cappjlaiaes. respond : /' armi enté à ta paine, e'tilait bien raton qu'il fHtàVunneur.i Interrogatoire du 17 mars. Procès, 1. 1, p. 18.— ' El durant ledit mistcre, la l'ucelle s'est toujours tenue joignant du Roy, t^ant son estendart en sa main. Et tMl moult belle chose de vcoii' les liollc« manières que niisnil Ip lto!î et aussi la Pucclte.n Lettre des eentilsliooiiues angevins.

S. Il ne sera pas hors de propos de rappeler ici une belle pi^c de M. Renan : k A toute aationalilé correspond une djnastie en laquelle s'incaroent le génie et les intérêts de la nation ; une conscicnre nationale n'est liic et ferme (fue quand elle a contracté un niHiiagie indissolulrie avee une famille, qui s'engage par le contrat à n'avoir aucun inlérit distinct de celui de la nition. Jamais celle idcntificalion ne fui aussi parfaite qu'entre la maison Ca|>étienDe et ta France. Ce fui plus qu'une roputé. ce fut un sacerdoce ; prélreroi comme David, le roi de France porte la chape et tient l'épée. Dieu l'éelairc en ses ji^emenls... Le roi de France est juste. Entouré de ses prud'hommes el de ses clercs siriennels, ate« sa main de justice, il ressemble à un Salanion Son sncrc, imité des rois dl'raêl , était quelque chose d'étrange et d'unique. La France arail rréé un liuitièmn sacrement, qui ne s'aJiiiinlslrait qu'à Reims, le sacrement de la roputû. ' La Réforme inttllfctntHr tl moralr, p. SSO-Tit ; article paru dans la Ittviie îles Deia- Mandet du i" novembre 1869, el inUtidé : la Uonarrhic PomtilulîoHnflle en Fraitfe. -~ t, La grande aflaire, a dit te P. Lacurdaire, n'est pas h naissance du pouvoir, c'est le saci'e. g Voir Conférrncet, t. tll, p. 173, 177, 17K, et le Panégijriquf de l'abbé Augustin L<mann, prononcé le 8 mal 187*. fl publia sciiis i-a- tifiT : >«;«»■ -l'Arv ri Cliirl'i 1'// (Orléans 187J, gr. in-«» de lu p.).

3. « El â rcuie que le Roy fu sacré, el uus>i quand l'en lui assit la riuunnc sur la ti'sli', tout lionime nia Xael! et li-ompilles sunneroni l'n leillc maniei'e qu'il sembloit que le voultes de l'église deuascnl fendre. ■ Lelli* filfe.— On voit dans YUûloirr île Heinit ikJ). Marlot (t. iV, ji. 175), que Charles Vil donna à l'église de Heims tes iapis de salin vert qui avjient servi pour le sacre, et un ornement de velours rouge figuré.

i. Cousinot, p. ^i-i3. Malgré l'élo^emenl et la dilTu'alté des communicabonE, la nouvelle du sacre se répandit avec une étonnante rapidité : elle arrriva dès le lendemain

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■230 HISTOIRE nv: ch.vklks vu, t'i2!t

Les deux points de la mission de Jeanne d'Arc — les seuls, quoiqu'on dise, qu'elle ait indiquée d'une manière constante et invariable quand elle avait à s'expliquer à cet égard ' — Sont désormais accomplis. Malgré tous les obstacles, et à travers bien des oppositions et des intrigues, elle a sauvé Orléans, au moment même où Ips Anglais s'en croyaient déjà maîtres; elle a conduit le Hoi ù Reims pour y être sacré.

L'histoire a longtemps cru que la Pucellc voulut se retirer après le sacre, et que, si elle resta, ce fui malgré l'ordre de ses voix , et en cédant aux instances du Hoi. De nos jours, prenant le contre-pied de cette opinion, ou a prétendu que la mission de la Pucelle, loin de se terminer à Reims, comprenait l'expiElsion totale des Anglais; que Jeanne ne cessa d'être encouragée H poursuivre par ses voix, et que son inspiration ne lui lit jamais défaut. Système qui, par une conséquence logique, à abouti, chez certains écrivains, d'une part à la négation de l'inspiration divine , de l'autre à l'accusation de trahison contre le gouvernement de -Charles Vil , coupable d'avoir fait manquer la mission de la Pucelle.

Sans revenir sur des discussions qui nous paraissent épuisées, et qui d'ailleurs ne seraient point ici à leur place', nous

à PoKierâ. Voici ix qu'oo lit dam ki Hegittra du Farltinenl : ' Jeudi KViu* jour de juillet Hccccxxix : ce jour, ainsi (|ue on vouloit appcller advoEU pour plaider, viodreol les nouvelles codkqI le xvii> jour de ce mois le Roy nuslre sire Qurles Vil" jvoit esté sacrei et enuroonec Ji Mm» et pour [ce] a esté sursis de plaider ce jour, et les oouvelles noliSées ù ceuli de la ville, on a esté aiseniblé à t'éi^ise cathédrale de rolcliers et ïDe (iUec) » esté chanu! Te Deiim Laudaniu* et la messe du Saint-Es péril célébrée 1res SDlennelIcnient ù la louange de Nostrc Seigneur, n Archives, X'> 9199, f. 86.

I. DuDoia termine son impuittnie déposition par cette déclaration ; o Denique intei caetera dicit dielus di-ponens, super Imc inlerrogatus, quod, licel dicta Jolianna allquotieos jocosc loqueretur de facto ariuoruni, pro aniniando armatos, de mullis speclantibus ad Kucrrani, qus forte noD riiorunt ad cfTectum deduc)a ; tamen, quando loquebatur seriose de guerra, de Tacto suo et sua vucatjonc, [iun<|uam allimialive asserebat, nisi t\aoà erat raissa ad levanduni obsidioncm Aurelianensem ac suceuirenduni populo oppresse In ipsa rivitaie et locis circunùacentibus, et ad conducendum regem Remis, pro consecrando eum regem. a Procès, t. lU, p. 16.

!. Voir : Le régne de Charles VII d'aprét il. Henri Marlin et d'après les laurees contemporainet. Paris. 185S, In-S* de 115 p.; — I^n dernier mat à M- Henri Martin, Paris, 1857, in-S" de 60 p.; — La mliiton de Jeanne d'Arc d'aprét ion dernier hittotien (M. Wallon). Paris, IS68, gr m-i' de 3G p. (extrait de la Hevue des queitioo* hittoriqutt, t, 111, p. 383), — Cr, Dei rèeenies éluda critiqua sur Jeanne Dare, par U. Henri Martin, dans la Revue de Paris du 15 septemhi'e 1656; article reproduit 1 la suite de la Jeanne Dore du même auteur {Paris, Furne, 1857, in-t3, p. ii'S'Sj; et

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□0118 boroeroDS à faire observer que, si l'antique tradition «tait erronée qiiaod elle donnait à l'accomplissement de la missioD, comme conséquence naturelle, la retraite de Jeanne après le sacre, l'opinion moderne est à la, fois inconciliable avec les laits les mieux itvéï-és et avec le caraclère de la Pucelle. Rien n'est moins historique que de soutenir que la mission de Jeanne fut manquée par la faute de Charles VII et de ses favoris , qu'il y eut des hommes qui conspirèrent pour faire mentir Dieu, et qu'il n'ya point, dans l'histoire moderne, de crime contre Dieu et contre la patrie comparable à celuilà'. De pareilles déclamations portent avec elles le,ur condamnation, La vérité tîstque.si la mission 3e Jeanne — celle, nous le répétons, que, depuis Vaucouleurs jusqu'à Reims, elle n'avait cess*' d'indiquer comme le but qu'elle devait atteindre personnellement = — expirait au sacre de Reims, la Pucelle pouvait poursuivre sa carrière militaire, et travailler à celte expulsion totale des Anglais, annoncée par elle comme devant se réaliser tôt ou tard. Mais si ses voix la laissèrent libre de rester à l'armée, elles ne continuèrent point à l'assister comme lorsqu'il s'agissait de ce qui était de son fait, pour employer ses propres expressions. Les voix se taisent — c'est là un point qui, comme on Ta très justement fait observer, domine toute la question ', — et Jeanne demeure livrée à ses seules forces ; souvent même, elle subit rinfluence des hommes de guerre, que, jusqu'à Reims, elle avait guidés. En confondant Vardeur de. Jeanne avec son inspiralion, et en ue distinguant pas assez

h a' éilitiun àe lu Jeanne d'An ,\f M. II. Wallon (Pii-is, Hacii«lte, ISIS, S vol. ia-12). .V. le ilodciir Allunasc Rcnaiil a traita celle qncsltoii ilans les iiinimenliiires de «on drame lilsloriqyc : Jeanne iTArc ou la Fille lia ptuple au iptitniènte. uérte (1855, gr. tD-18), et dans sa brodiiim : La miiuiion de Jeanne d'Art, etaiaea iTune opinion île .W. Jule*

(^iiîi-herat (IKôC, in^" iln :i^ p.). Ii-av»»\ iliinl l'.ip|iarilinn pri=ri<ilila|ml/inii|ii(>PTi^i<r ^ivi-r AI. ili>Tin Mwlin.

I, Henri Martin, llinluire de brimi-e, 1. VI, |i, 11N>, aot cl i\lt. i. Voli- les lexles raswmblfe itins nnlre ëliidc siii' la miuion île Jeiiime il'Are. |.. 16-33.

3. /.a iiimion dr Jeimw <r.\r<: |w,- h' II. I'. Cuvan. '\r la (v)ir!|i;ij:nir de Jiïsns. i'Iuilts relii/ieiisfs, elc.. niiii,--aïril ISB2. — ■■ Les liisloriens i-onlfltoporain?, dil très bien <f. 178) le n^^tbblc incfeiseur k l'École de llmiadcul^e Conceptioa, san; apporter aucune preuve nouvelle et dfeisive, ne font, avouons-le. que déreloppcr en l'ageravant rnrtiile RI' du Mquiçiloii* i^rrit jiiir In promiileiir Jesn d'Estivel, rlicW par le jupi Pierre Oïlflion, cl paj'f par les Angl.iis, »

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nettement cp que la Pucell»; iivait mission de faire par ellemême, de ce qu'elle avait prédit comme devant un jour se réaliser, on est tombé daus de regrettables eppcurs, cl, sans le vouloir, on a dénaturé l'histoire '.

Ceci dit sur la mission de Jeanne d'Arc , atwrdooB l'accusation de trahison qu'on n'a pas craint de furnmler.

Deux points doivent être établis tout d'abord.

1" II faut se rappeler — fl cela n'a plus besoin d'être démontré après tout ce qui vient d'être dit — qu'à ce momenl la royauté de Charles VII est une royauté nominale. I^e véritable Boi, c'est La Trémoille qui, avec une habileté consommée, s'est emparé de la situation , et qut lient le Roi sous son joug, Charles VII a presque disparu de la scène : par un concours de circonstances plus facile à constater qu'il expliquer, il s'est résigné à un l'Ole purement passif. Le lout-puissant ministre, uuquel le Roi vient de conférer le titre de comte*, domine en maître, et quelques indices nous révèlent seuls qu'à cOté de lui, il y a une personnalité royale qui n'a point complètement abdiqué. Si la Pucelle a pu entamer la lutte contre l'homme qui savait si bien faire le vide et le silence autour du Roi*; si, de ce combat , elle est sortie victorieuse , grâce au secours d'en haut et à l'irrésistible ascendant de son inspiration divine, comment résistera-t-elle maintenant que, la miraculeuse tâche étant remplie, les voix célestes se taisent, et qu'elle en est réduite à ses seules lumières et à ses propres forces?

2" Au lendemain du sacre, la situation politique ne tarda pas à être modifiée. On était, jusque-14, tout entier à la lutte militaire, et l'on n'avait de ménagements à garder avec personne. Les ouvertures pacifiques faites par le duc de Boui^ogne — invité par la Pucelle, trois semaines auparavant, à se rendre

I. Voir en paniculier J'aiivrage de H. WalloQ sui- Jtaant d'Arc, d'atlleui'5 si complet el si consciencieui. Nous avons cansiaij «ver saLisrarltan quelques atlfaualions aux premières apprëciaLon; de l'auteur, dans la seconde et dans la trotiième édition.

î. Lettre des (^ntiUhonimes angevins : addilioD ilonni'i- par M. F. Boycr, dan$ la brochure citée. Cf. du Puv. l\%, X. 17.

3. > Si n'y avDil persoDue qui en eusl os^ parler conlre iceluj de la Trimoulle. r Cousiaol, p. 313. — ' Et n'osoit-on parler contre le sira de la Trimoalle, » répète CbarUer, 1. I, p. 90.

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142S CHARLES VII ET JEANNE d'aBC. 233

au sacre, et supplié par elle, le 17 juillet, ea termes si touchants, de faire la paix' — avaient porté la question aur le terraiu diplomatique. Tout on poursuivant les opéralious militaires, on devait éviter ce qui pouvait entraver la marche des négociations. De là, dans le Conseil, deux courants qui se heurtent sans cesse", de là des fluctuations dans la direction de l'armée entfe Reims et Paris. Que ie duc Philippe ait été sincèrf ou non; qu'il ait signé latrève de quinze jours, conclue presque aussitôl, avec l'intention véritable d'aiTiver à un accord el de livrer Paris, ou simplement pour gagner du temps et sauver les Anglais, peu importe. Ce qui est Indubitable — et ne permet pas, i moins de faire descendre l'histoire au rang d'un pamphlet, de parler de trahison., de chose abominable, d'actes odieux et ignoiinnîeux^, — c'est que le problème qui s'était posé dès l'avènement de Charles VII, en janvier 1423, qui s'était agité de nouveau pendant le gouvernement du connétable de Richemont, et qui ne devait être résolu qu'en I43S au congrès d'Arras — savoir la réconcilialioD du duc de Bourgogne avec le Roi — fut posé une fois de plus au mois de juillet 1429. Les choses allèrent assez loin — nous le verrons plus tard avec détail — pour qu'une ambassade solennelle, à la tête de

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