‹ Histoire de Charles VII (volume 3)Chapitre 161 sur 367 · Archives de Tours. Voir Regislra dti Complet. XXV, t · texte numérisé non relu

Archives de Tours. Voir Regislra dti Complet. XXV, t

3. Lelii'es datées d'Ambaise le îi mai. Archives de Lyon, AA 39, f. 68. — On a la Irace d'une lettre du !3, adressée aux haUlaots de Tours. Archives de Tours, Regittra de» Complet, XXV, f. U v» et 39.

t. Archives, J 251, n«> 31 i 35. Voir lliiloire de Bourgogne, t. IV, p. 160.

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réplantait aussi l'envoi « du plus grand nombre de gens d'artillerie » et d'autres choses nécessaires pour l'attaque; il enjoignait enfin aux habitants de se conformer aux instructions de son secrétaire, Guillaume de Caours, chargé de s'entendre avec eux, aussi bien qu'avec la ville de Provins et d'autres villes encore , et d'assurer les moyens de transport '.

Parmi les faits survenus durant cette période si obscure, il en . est deux qu'il faut se borner à indiquer, sans qu'il soit possible de les' élucider. Il paraîtrait qu'une tentative d'empoisonnement fut faite à ce moment contre le Roi. Jmiveneldes Ursins, dans une de ses Épîtres, y fait allusion en ces termes : « Guidez « vous point avoir esté en dangier de empoisonnement et « intoxications? Je ne veulx pas dire ou maintenir que réellea ment y aient esté ; mais aussi ne vous ne moy n'en savons « riens*. » Si le fait a'est produit, il y a toute apparence que ce fut pendant le règne de La Trémoille, alors que le Roi menait une vie retirée dans ses châteaux de Chinon ou d'Amboise ' ; et certes, sans qu'il faille se demander si La Trémoille fut ou ne fut pas mêlé à cet attentat, l'on peut croire qu'il n'eût pas. reculé devant un tel crime, s'il l'eût jugé utile à ses desseins.

L'autre fait est fort étrange, et c'est à M. Vallet de Viriville que nous en devons la révélation. Le 8 juillet 1432, La Hire s'engageait à l'égard des comtes de Foix et de Conmiinges, et de l'évoque de Laon, Guillaume de Champeaux, à livrer le Roi entre les mains du comte de Foix, avant tout autre ; à ne délivrer celui qu'il appelait l'/ioAime que votis savez (l'omi gui 'savetz), sans le consentement des deux comtes et de l'évêque;

1. Archives de Reims. Il > a am mi!iiies arcliives une aulre leUro, en date du 10 d^ rnnbrc, lidrcssée aui habitants de Reims pour Jo mime objet, ei nouvelle mission de GuJllaunie de Cao,urs.

2. Ej^lre nir la rétormalioit du royaume. Ms. !r. !70t, fol. A

3. Charles VII s^jouiiu ï Chinon de la lin de novembre 1431) a mars 1431, ea aoDI-^eplenibre et déeembre 1431 , de janvier à oiars 1433 ; il iUâl k AmboJee en juin (du 7 au 17) et juiUel-aoai (11 juillet-13 aoflt), en seplembreoctobre 1431 (S4 scptcmbre-t' octobre); d'avril à octobre 143i (sauTquelques absences).

. La façon dont Jouvcnel rapporte le fail, après avoii' parlé de la fuite île Paris, de l'^i'nement de Montercau et de l'aceident de U Rwlielle, semble te rattacher à la jeunesse du

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à ne placer près du Roi personne qu'il ae put écarter quand il' leur plairait; enfin, à faire mander à Poitiers, six semaines après le cas advenu, tes seigneurs qui seraient à mander '.

Quel est le roi dont parle La Hire dans cet acte? Quel est ce personnage qu'il devait livrer au comte de Foix et à ses deux complices, le comte de Comminges et Guillaume de Champeaux? M. Vallet de Viriville, qui a publié, en 1839, le texte de ce document, auquel il ne fait point allusion dans son Histoire de Charles VU, y a joint un bref commentaire, où il émet la conjecture suivante : le roi dont il s'agit, et qui paraît ne faire qu'une seule et même personne avec « l'iiomme que vous savez, 1) ne serait autre que Jacques de Bourbon, roi de Jérusalem et de Hongrie, comte de la Marche et de Castres, auquel Cbarles VII avait retiré, en I42S, la licutenance du Languedoc pour la donner au comte de Foix, et qui aurait voulu se ressaisir à main armée de son ancienne lieutenance '.

Nous croyons qu'il n'est pas besoin d'aller chercher si loin une explication. Quand La Hire, qui prend dans l'acte la qualité d'écuyer d'écurie du Roi [escuder d'esmderie deii Rey), et qui était, en effet, depuis plusieurs années, investi de ce titre \ prend l'engagement de mettre te Roi en la main du comte de Foi, de ne placer auprès du Rot aucun homme qu'il n'en puisse ôter, de qui veut-il parler, sinon du seul roi qui put être désigné par celte appellation, c'est-à-dire de Charles Vli luimême? Et cet autre personnage qu'on ne nomme que d'une façon énigmatiquc , quel est-il , sinon le tout puissant ministre devant lequel chacun tremble, et contre qui commence à se ' former la coalition des intérêts et des rancunes?

Nous avons fait connaître le rôle, d'abord plein d'ambiguité, ensuite ouvertement déloyal, que joua le comte de Foix pendant la régence du Dauphin et au début du règne ;

1. Or^nal signé, aiii Archives des Haules-Pfrénfcs, E 139, n<>3956. Bullelin de la . Sodèli de VHàloire de France, 1859-60, p. il.

2. Le roi de Hon^e n'itût pas si amÛlteux; il se contcnEati de la pension de mille francs par mois qu'il louchail sur le Wsor. Ms. fr. 7879, f. S v°.

3. Il Cil ainsi i|U3lLflt> ea Hiâ. Dès le 3i seplembre Uj5, une alliance ^lait conclue entre le conile de Foix et La Hire. Bullelin cHé, p. 39.

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nous l'avons vu plus tard, définitivement rallié à la cause royale, s'installer à la Cour à la fin de 1425, et y faire preuve surtout d'une insatiable avidité. Il reçut du Roi un commandement militaire ; au lieu d'aller l'exercer en personne, il le remit à des lieutenants et retourna dans son gonvernement du Languedoc. Mais de nombreuses alliances , habilement ménagées par le comte, soit avec La Trémoille, soit avec certains seigneurs et capitaines, soit même avec le connétable de Richemont ', semblent indiquer chez lui des visées politiques qui, pour se faire jour, n'attendaient que le moment favorable.

Mathieu de Foix, comte de Comminges, avait dû, comme son frère, se mettre en règle à l'égard du Roi en se faisant délivrer des lettres d'abolition '. Arrivé à la Cour avant le comte de Foix, il y avait séjourné jusqu'au commencement de 1427. Il reçut pendant ce temps le gouvernement du Dauphiné*; mais, dans ce poste important, il faillit tout compromettre par son incapacité et sa faiblesse : on le remplaça bientôt par le sire de Gaucourt*. Peut-être conserva-t-il de cette prompte révocation une rancune que devait pourtant tçmpérer la pension de six mille livres qu'il touchait du Roi *.

Mais ce n'est pas, croyons-nous, chez les deux comtes qu'il faut chercher la pensée dirigeante du complot. Auprès d'eux se trouvait un personnage que jusqu'ici nous n'avons fait qu'entrevoir, et dont il convient de mettre la figure en lumière pour pouvoir apprécier la portée de cette Intrigue.

Simple clerc du diocèse de Soissons , d'une naissance fort obscure, Guillaume de Champeaux, était parvenu, dès le 16 no-

1. AUiances avec La Trfmoille (98 février U28), avec SainlraiUcs {Jargeau, t4 septembre liî8), aver Hue. vicomte de Carmaing {22 septembre tlïl). avec Maurigon, sire d'EstJssac (La Ghaslre, 13 septembre 1125), avec Jean de Boonay, avec le comte de JleauTort, avec Jean Sluart, avec le comle de RichemoDl, etc., etc. Inventaire sommaire des archives des Baaies-Pyrènées , dressé par M. P. Raymond, t, IV, p. 193 (E 432) et 133 fE 134-135); BuUelin de ta Soàilé de l'hUîoire de France, i. c, p, 43; colleclioQ dePërigord, vol. 10, f. 112.

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