‹ Histoire de Charles VII (volume 3)Chapitre 198 sur 367 · DE 1424 A · texte numérisé non relu

DE 1424 A

àe Nantes; coolérence de Chantbéry; [rèrs du 28 uplembre 1424. — Marlsga du duc de Bourgogne arec Bonos d'Artois. — Les princesse réunissent i Mlcon aoti) la iirfi»id«nce du duc de Savoie; nouvelle conférence i Uoutluel : les guaire arlieta; prorogalion de la trtve par Aniédée VIII. — CoulliL autre les ducs de Bourgogne et de Gloceiler; rAle do Bedford

liiqK un nouveau message; ambasside de La Trèmollle et d'Alain Chsrticr; conUrenco de Honlluel. — Inlarvention pers<HiaeUedeRiebemoiit prÈsduducde Bourgogne ; iDslruclïone qu'il donna à ses onvoyi». — . CbangemenI d'allituda du duo de Bretagne, qui négocie avec les Anglais; il députe à Philippe ion cbancelier, pnia un autre ambassadeur; le complot de Bedford dénoncé; message secret de (tlchemoat à Philippe. — Ambassade du Roi su duc de Bourgogne; conlérenca de Bourbon-Laocy ; les comtes de Clermonl et de Richement à Moulins; eitension donnée à la trêve; remontrances envoyées par les deui princes au due. — Philippe en Hollande; il reçoit enfla les communications du duc de Bretagne, du Roi eldos princes; échec définitif des négodaiioni; le duc de Savoie se borne désormais à prolonger ta Irève. —Rareté des relations diplomatiques s*ec les diverses pnisBsnees pendant legouver~ nement du cpnnétable : ambassade projetée en Espagne,' en décembre 14!5. — Ambassades de mars 142E et de juin 1428 près du roi de Caaiille. — Ambassade en Ecosse ; discoure d'Alsin Cbartier; traités du iS juillet et du 30 octobre liZS, stipulant le mariage de Marguerite d'Ecosse avec le Dauphin et l'abandon éventuel. de la Saintonge.

Le duo de Savoie n'avait pas entrepris à la légère la t&che que lui avait coaâée en 1422 le pape Martin V; il n'entendait rien épargner pour la conduire à bonne du. Le premier point était d'amener le duc de Bourgogne àreprendre les négociations

ovGoot^lc

entanw^es à Bourg eo janvier 1423. Profitant de la présence de Philippe en Boulogne, où ce prince s'était rendu pour le mariage de sa sœur, la duchesse de Guyenne, avec le comte de Richemont — mariage célébré à Dijon le 10 octobre 1423, — • Âmédée VIH lui envoya des ambassadeurs chargés de lui proposer une entrevue. Le duc accueillit favorablement les ouvertures de son oncle, et fit partir le seigneur de Saint- Geoi^es à la tète d'une ambassade '. Les deux princes se réunirent à Chalon, où se trouvèrent le comte et la comtesse de Bichemont, et leur séjour dans cette ville ne dura pas moins de trois semaines (l"-20 décembre). Il fut d'abord question d'affaires personnelles dans les entretiensdesdeux ducs*; mais Amédée ne manqua pas d'agir en faveur de la paix, soit auprès de son neveu, soit auprès du comte de Richemont, et saus doute il ne fut point étranger & larésolution prise bientôt par ce dernier de rompre avec le duc de Bedford. 1! est probable qu'un projet de mariage entre le duc Philippe et Bonne d'Artois, veuve du comte de Nevers, occupa aussi les princes. Enfin, à la suite de ces pourparlers, le duc de Savoie obtint de son neveu qu'il consentit à la tenue d'une nouvelle conférence, où ses ambassadeurs se rencontreraient avec des ambassadeurs de Charles VIL

En quittant Chalon, le duc de Bourgogne se rendit à Dijon, d'où il écrivit au duc de Bedford, au comte de Poix, au roi de Navarre, et à un grand nombre de villes de son parti, pour faire connaître ses intentions favorables à la paix. Il écrivit aussi au duc de Bretagne, avec lequel il était en relations assidues.

Nous avons vu plus haut que la reine de Sicile, à peine revenue de Provence, s'était mise en rapports avec le duc de Bretagne, et que d'activés démarches avaient été faites près de

1. CeUe ambassade était composée de Guillaume de Vienne, seigneur de Sainl'Georges; Philibert Andrenet, conseiller et chambellan ; David de Brimeu, seigneur de iloubais ; Jacques de Courtiamble , seigneur de Commaricu, et Quentin Menard. consdller et premier secréUire du duc. Archives de U CÛle-d'Or, B IfiSS, f. 111 ï» et 112.

i. En particulier des manoaics. Voir les documents publias dans ïllhlolre dt Bourgogne, t. IV, preuve», p. xvxu-xxxiv. ~ Les ddlails que donne D, Salarar sur la partie poHlique de ces conTérences nous paraissent Jtrc de pure fantaisie. Il place ici lo documcat du 30 janvier U!3, cité plus haut, et parle d'une trêve qui ne fut conclue que le 28 septembre Hti.

ovGoot^lc

ce prince, dans le coure de l'année 1423, pour l'amener k uû rapproclieinent. Yolande n'avait point seulement tourné ses regards du côté de Jean YI; elle avait entamé secrètement des pourparlers avec le duc de Bourgogne : nous avons la preuve qu'au mois de juin 1423 ce prince correspondait avec elle '.

C'est en Bretagne, en effet, que devait s'accomplir le premier acte des nouvelles négociations ouvertes sous les auspices du duc de Savoie. La reine de Sicile se rendit à Nantes au mois de mai 1424, accompagnée du chancelier de France, de Jean d'Hapcourt, comte d'Aumale, et du bailli de Touraine, Guillaume d'Avaugour *. Le duc de Bourgogne teaait à connaître le résultat de cette conférence avant de s'engager dans la voie où le poussait son oncle de Savoie, et où le comte de Richement lui avait garanti qu'il ne le ferait marcher qu'à bon escient '.

n s'agissait en effet de déterminer les points qui, une fois

consentis de part et d'autre, devaient permettre d'arriver à une

prompte pacification. C'est là l'objet du traité conclu à Nantes,

le 18 maj 1424, et dont aucun historien n'a parlé jusqu'ici. En

- voici les principales clauses.

I. Abolition générale sera donnée par le Roi, aussi bien que par le duc de Boui^ogne, pour tous les cas advenus à l'occasion

1. Le 30 JuiD, le duc fûsûl payer 11 I. 5 s. I. à nwssire Jean de la Villetle, prSlre, ( ponr aler devers tu Royne de Serille porter lettres doses de luy pour aucunea dioses secrètes. > Quatrième compte de Guy Gullbaut, aux archives de la Câte-d'Or, B 1633, f. I9< . C'est peul-itre à ces relations qu'il foui ratlaclier la niisâon donnëe par le duc (à Paris, vers le 31 août UiS) k un ^cujer nommé Dignadam, qui retul 150 tr., t pour aler de par lui en certain vojage secret qui très grandemenl lui loucholl, dont il n'en veull autre declaracion esire I^de. d Cinquième compte de Guy CvUàaut, aux arobive! du Nord, B 1929, !. 63.

Page 1