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3. Le 13 mal 14!l, le duc envojait un clievauchenr au duc de Savoie, pour lui porter des lettres closes relatives ' au Tait de l'abstinence de guerre et certaines autres choses soa«les qui Tort touchoieni mon dit selgncor. > Huitième compte de Jean Fralgnot, aui archives de ta Cdte-d'Or, 8 1625, f. 964 v. Le 14, le duc ordonnut de pajer aa comte de Richement la somme de 3,300 le, i lui donnée, « pour conslderacion des grans, notables et loables services qu'il tul a fais depuis aucun temps en (3. et pour lui aidier h supporter les grans frais et missions que, en venant dernièrement du pays de Bom-go■^^e avec mon dit semeur et en sa compaignie, il avait fais, sans avoir eu ne prins de lui aucuns gaiges, comme pour lui aidier à supporter ceuh qu'il lui convendroil faire ou voyage qu'il avoit dès lors emprins de faire en Bretaigne devers monseignenr le -duc de Bretaigne son frère. ■ Cinquième compte de Gug Gutlbaut, aai archives da Nord, B 1W9, f. 97 V».

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des guerres et divisions, tant en ce qui regarde la mort du feu duc de Bourgogne que d'autres faits, sans comprendre toutefois dans cette abolition tes enfants de Blois, connus sous le nom de Penthièvre, ni leur mère.

II. Une collégiale de vingt-quatre personnes, au maximum, sera fondée en un lieu situé hors de Montereau , lequel sera désigné par les médiateurs de la paix ; il y sera fait par le Roi une fondation , dans des conditions déterminées par les médiateurs, afin de prier Dieu pour les &mes de ceux qui sont morts durant les guerres et divisions.

III. Restitution sera faite, de part et d'autre, aux anciens possesseurs des héritages et biens meubles dont on s'était emparé, sans tenir compte toutefois des arrérages et réparations; semblable restitution sera faite en ce qui concerne les bénéfices.

IV. Le duc de Bourgogne fera rendre au Roi et aux autres à qui il appartiendra, les villes, terres et pays qu'il occupe; le Roi fera de même à l'égard du duc.

V. Le duc de Boui^ogne sera, à l'avenir, obéissant et sujet dévoué, « comme bon vassal et parent doit être envers son souverain seigneur. » Mais il aura, pour faire hommage, un ' délai dont la durée sera fixée par les médiateurs. Quant à sa venue vers le Roi, soit en personne, soit par procureur, enverlu d'un mandement où d'un ajournement qui lui serait fait touchant sa persoime propre , les médiateurs en décideront une fois les parties entendues.

VI. En ce qui regarde les prérogatives que le duc de Bourgogne désirerait posséder dans ses pays, le Roi aura pour agréable qu'il prenne les aides et tailles imposées pour la Couronne, soit sa vie durant, soit pendant tel temps qui serait déterminé par les médiateurs.

VII.Quanlauxmeublcsqui auraient été pris à Montereau, lors de la mort du feu duc, restitution sera faite de ce qui sera constaté y avoir été pris suivant l'avis des médiateurs.

VIII. En ce qui concerne les comtés d'Ëtampes et de Gien, que le duc de Bourgogne prétend lui appartenir, comme le débat se poursuit à ce sujet devant le parlement entre diverses parties, le Roi accepte indilféremment, ou que la justice suive

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son cours, ou que les médiateurs en décideut sommairement. Dans le cas où ceux-ci trancheraient la question au profit du duc, le Roi désire conserver Gien, et que compensation soit donnée au duc, à ce sujet, par les médiateurs. '

IX. Pour le comté d'Ëlampes, si le duc admettait une compçnsation, elle pourrait être faite par les médiateurs, au moyen de Mâcon ou autrement , jusqu'à concurrence de trois mille livres tournois de revenu en sus de la valeur des terres d'Étajnpes et de Gien.

X. Quant à la requête faite par le duc pour ce qui reste dû sur le douaire de Michelle de France, son épouse défunte, paiement en sera fait, par les soins des médiateurs, après vérification.

XI. Le Roi consentira à dédommager le seigneur de Saint-i Geoi^es et Antoine de Vergy des pertes subies par eux,

XII. Pour la stricte observation des choses susdites et des autres qui, pour parvenir à la paix, seront avisées, il est décidé, du consentement des parties, que la reine de Sicile et le duc de Bretagne sont déclarés médiateurs de ladite paix, et que le duc de Savoie en sera conservateur. Et si, dans l'avenir, on prétendait que des infractions à la paix ont été commises, les conservateurs ou leurs délégués en pourraient connaître et décider, en punissant les coupables, sans que pour cela la dite paix puisse être considérée comme rompue ; ils pourront en outre s'aider de la « puissance » dont il sera parlé ci-après.

XIII. Les choses convenues pour le bien de la paix seront jurées par les parties entre les- mains des médiateurs, et par les conservateurs, en telle forme que par eux sera avisé. Les médiateurs les jureront également, ainsi que leurs sujets, gens d'église, nobles et autres.

XIV. Le serment sera aussi prêté par les princes du sang étant « avec le Roi, » savoir : le duc d'Alencon, Charles monseigneur de Bourbon, Richard de Bretagne, le comte d'Aumale, et aussi par les princes étant « avec le duc de Bourgogne, » savoir : le duc de Brabant, le comte de Richemont, le comte de Saint-Pol; par tous les serviteurs des princes et par tçus les Ëtats du Royaume, tant gens d'église, nobles que bonnes

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vllIeH, qui jureront d'observer étroitement ladite paix, et d'aider les cODftflrvateuTB à la faire garder. Eu outre, tous vassaux « llgeis Gt simples » scrout déliés des obligations, contractées & l'égard de ceux qui violeraient cette paix.

XV. La paix sera a autorisée et décernée » par notre saintp6ro le Fapo, avec stipulation de peines canoniques contre les iufractours, ainsi qu'il aéra avisé,

XVI. Au cas où les médiateurs seraient en désaccord, le Papu sera juge du débat, ou, en sou lieu, un légat désigné par lui.

XVII. Pour garantir la sûreté de la paix, le Roi « sera contcitT~i}Wi les dits médiateurs mettent en son hôtel et eu son service de leurs gens bien notables, et en tel et si bon nombre .qu'il devra suffire, pour être à son Conseil et es choses qui se feront, afin que les dits médiateurs puissent être sûrs et ae- HUrés qu'il ne se fera rien contre ni au préjudice de la paix, mais seront curieux de besogner et avertir à ce qu'elle soit Bolgnouswmeul gardée en tous points et par tous articles. •• Et pour arriver à la « perfection » de la dite sûreté, il est expédient que Tanguy du Chastel et le président de Provence, ou l'un d'eux, vienne devers le duc de Bretagne, pour lui parler.

XVIII. Le duo de Bretagne supplie le Roi que, pour avoir" UQV poix générale dans tout son royaume, son plaisir soit de foirp aux Anglais de telles offres que, selon Dieu et raison. Us eu doivent être conteuts. A quoi les ambassadeurs du Roi oot répondu qu'ils n'avaient pas de pouvoir à cet égard, mais qu'ils transmettraient très volontiers ce vœu au Roi '.

Le duo do Bourgt^ne fut aussitôt informé du résiUlat de la wnféreuoe de Nantes, et il ne tarda pas à envoyer deux de ses ftuuiliers au duc de Bretagne, avec letiuel il ne cessait de corrt^siK>udn> '.

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Le moment était venu pour Philippe de répondre au désir du duc de Savoie , et de faire partir les ambassadeurs qui devaient prendre part aux né^ciations avec la Praoce. Il y eut un échange préalable de communications entre Philippe et Amédée', à la suite duquel les conférences s'ouvrirent, à Chambéry, entre les ambassadeurs des deux parties', soua la présidence du duc de Savoie. Elles ne tardèrent point à aboutir à la conclusion d'une trêve, qui fut promulguée par le duc dans des lettres du 28 septembre 1424 '. Il était stipulé, d'accord avec les ambassadeurs : 1° Que le Roi, — c'était l'appellation dont le duc, renonçant aux circonlocutions dont il avait usé jadis, se servait dans l'acte, — tant de sa part que de celle de ses sujets et de ses gens de guerre, soit publiquement, soit d'une façon occulte, n'offenserait ni ne souffrirait qu'on portât offense en quelque manière aux duché, comté et pays de Bourgogne , de Nevers, de DoQziois, de Gharolais et de Maçonnais, de façon à ce que toute guerre ou voie de fait cess&t à partir du 5 octobre pro-. chaia, et jusqu'au 1"'' mai suivant;

partent d« Fludreen mission vËn le dac de Brela^e (Archives du Nord, B 19Ï9, f. S9). Le 4 juiUcI, Jean Tirecoq, ^ii^r d'écurie, est eavoyd aaducde Bretagne, et son voyage se prolonge jusqu'au 20 octobre (Idem. B 1931, f. 5Î, et 1933, f. 50). Par mandement du 1" juillet, Bertrand de U Brocquière, écuyer tranchant, recuit 100 fr,, < à cause de cerUin rojaige secret dont il <}b duc) ne veutt autre declaracion estre faicte (Idem, B 19M, f. 58).

1. Le 37 juillet, les ambassadeurs bouifuignons partent de Dijon; ils reviennent le 8 ao&t. Nouveau dëparl le 36 août ; retour à Maçon, près du duc le 90 septembre. Archives de la Cflte-d'Or, B 1G25, f. 149 v, 155 t°, 156 i'.

ï. Les ambassadeurs baui^ignons étaient Jacques de Canrtiamble, chevalier, seigneur de Commarieu, et Guy de Jaucouri, toiyer, seigneur de Villamoul (Archives de la Côte-d'Or, B 1625, f, 155; Hùloire de Bourgogne, t. IV, preuve*, p. xuv ; La Barre, I. 11, p. 310, note d). — Leurs pouioirs sont du !3 aoU Hii (Archives de Turin, Tretfati, registre cité, f. 56). Les ambassadeurs Ihmçais étaient Jean Girard, docteur es lois, maître des requêtes de l'hdtel du Roi -, Pierre de Chantelle, maître en théologie ; Jean de Saint-Priest, dit Petit Maréchal, et Goichard d'Albon, chevaliers (jVrchiies de Turm, Traltùli, registre cité, t. 51 i Guichenon, HMoke généalogique de la maiion de Savoie, t. I, p. 481 ; HUtotre de Bourgogne, l. e.) Les pouvoirs du Roi avaient été donnés, en date du 23 août (à Poitiers), i Charles de Bourlwn, au gouvemenr du Dauphiné Joyeuse, à Jean Girard et ï Imhert de Grolée (ArcJiives de Turin, /. c, f. 55) ; mais Bourbon, Joyeuse et Grolée, ne pouvant rempUr celte mission, donnèrent lelirs lettres de subrogation, en date des 30 aoQl et 4 septembre (M., ibid., It. 55 v, 56 v et 5T).

3. Voir les ehapitrei arrîtés par les ambassadeurs des pi^es et que le duc ne Ttt qu'liomolt^uer. Archives de la Cétenl'Or, B 119)5, cote 04. Le lexle est dans Vllii- Mre de Bourgogne, I. IV, preuvu, p. ujt-xlv.

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358 HISTOIRE DE CHARLES Vil. 1424

2» Que le duc de Boui^gae, en son nom et au nom des siens, s'engagerait à respecter également, pendant la m€me durée, les duché, comté, baronnie et pays de Bourbonnais, Forez, Lyonnais, Beaujolais (et terre de Villars), Château- Chinon etCombraille, ainsi que la partie du baillE^e de M&con étant en l'obéissance du Roi ;

3° Que les deux princes feraient évacuer, avant le 15 novembre, par leurs gens de guerre, les pays sus-nommés, ainsi que Sainl-Pierre-le-Mouticr et toutes les places situées audelà de l'Allier ;

4° Que les sujets des deux princes, munis de sauf-conduits, pourraient circuler librement et vacquer à leurs affaires ;

3" Que toute violation du traité donnerait lieu à un recours au duc de Savoie, comme conservateur de la trêve (ou à son délégué), lequel connaîtrait de toutes les « querelles et querimonies » des deux parties, qui seraient tenues de s'en rapporter à sa décision ;

6' Que les deux princes prêteraient serment d'observer le traité, et qu'ils en donneraient leurs lettres de ratiticati.on ;

7» Que, comme garantie, les places de Cusset, La Guerche, Villars, Chevenon et Verges, auxquelles prétendait la comtesse de Nevers, seraient -mises en séquestre, ainsi que la ville de Château neuf-en-Màconnais, entre les mains de la duchesse de Bourbon, pendant la durée de la trêve.

Le traité de Chambéry fut ratiQé le 13 octobre par le duc de Boui^ogne, et le 3! octobre par Charles VII '.

Un événement, qui ne devait point être sans influence sur l'issue des négociations entamées sous les auspices du duc de Savoie, s'accomplit le 31) novembre 1424. Le duc de Bourgogne, ayant obtenu dispense du Pape ', épousa, à Moulins- Engilbert, sa tante Bonne d'Artois, veuve en premières noces de Philippe de Bourgogne, comte de Nevers, frère de Jean sans pour, tué à la bataille d'.\2incourt. La comtesse de Nevers

t . Archives de Turin, rrçjslre dli, l. S9 el Gi. — Charles de Bourbon avait danilé aussi, le 6 octobre, ses lettres de l'alificalion (r. 61 V).

i. Bulle de Martin V, en date du 33 septembre 1121. Hhloire de Bourgogne, t. IV, preuves, p. xlv.

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1424 LA. DiFLOUATiB DB CHALES vn DE 1424 A 142S. 359

était sœur du comte d'Eu, prisonnier en Angleterre, et l'un de ceui que Henri V, sur son lit de mort, avait recommandé de ne jamais mettre en liberté; elle était, en outre, sœur de mère de Charles de Bourbon '. Princesse d'une haute vertu, elle était restée française de cœur, et elle allait, mieux que personne, travailler à rapprocher son époux du trône*. Le comte de Richement assistait à ce mariage, ainsi que la duchesse de Guyenne, sa femme.

Richemont avait tenu son beau-frère au courant des négociations poursuivies entre le duo de Bretagne et Charles VII. Avant de se rendre à l'entrevue d'Angers, 11 avait prévenu Philippe de cette démarche '; dans le courant du mois de novembre, celui-ci lui avait adressé messages sur messages*. Aussitôt après les noces, le duc et le comte se rendirent à Mâcon, où devait se tenir, sous la présidence du duc de Savoie, une nouvelle conférence, à laquelle prirent part des ambassadeurs du duc de Bretagne * et de Charles VII *.

C'était la première fois que le duc de Boui^ogne se voyait en présence des représeatanta du Prince dont il s'était fait l'adversaire déclaré, et il retrouvait à la tête de l'ambassade

1,. Sa mère, Marie de Berry, s'élail mariée trais fois : la première avec Louis de Chatillon, comlc de Dunois (1387) ; la seconde avec Philippe d'Arlois, comte d'Eu (1393) ; la traiEÏème avec Jean 1", dac de Boiirboa (IJOO).

3. Le premier résullat des conréreDces de Bourg avail ilé, en l'a vu, la conclusion d'une trêve enlre Qiarles VU ol la comtesse de Nevers. Monslrelct dit de Bonne d'Arlois : I Laquelle dame cstoil moutl renommée de vivre ssûntement (1. IV, p. 310)- d El S^nl- Remy : •: Laquelle dame o'csloît pas nommée Bonne sans cause ; car de mieulx renommée de bonlf n'avait point ou royaulme (t. Il, p. 90). »

3. Gnici dit (p. 360) que Raoul Gnicl et Philibert de Vaudrey Turenl envoyés pour signiûcr au duc que le comte de Richemont irait vers ie Roi, s et que c'estoit pour traiter de la paii avec le Roy et monseigneur de Bourgoifne. i

i. Nous voyons dans les comptes que plusieurs messagers Au^nt à ce moment dépédiés secrètement par Philippe. Le 6 novembre, Guy de JaucourI refoit 75 tr., < peur ater en certain lieu secret dont mon dit seigneur n'en veult estre fïicte autre declaracion ; s le 8 novembre Guillaume de Neufville, dit le Uoine, reçoit 90 tr. pour aller i en certain lieu secret > Le 11 novembre, Gautier Scudenoel reçoit dans le même but 75 fir. (Archives du Nord, B. 1931, f. 53 v»). Or nous lisons à la page suivante (f. fii), que Bertrand de RemeueuU reçut 115 fr. pour avoir ét^ avec Neufville fers le duc de Bretagne.

5. Citaient le seigneur de Chileaabriand, ramiral de Bretagne Oe sire de Porhoet) et le président de Brelaene (Pierre de L'HosplIal). Cruel, p. 361.

6. C'étaient Charles de Bourbon, comte de Oerraont; Regnault de Cliai-lres. arclicvA]ue de Reims; Guy de Ghalencon, éveque du Puy; Robert Dauphin, évoque de Chartres, etc

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360 HISTOIRE DE dJ^RLES VII. 1424

ce même Charles de Bourbon qui avait suivi la fortune de soa père depuis l'occupation de Paria jusqu'au tragique évéaement de Montereau, et qui, dès 1412, avait été fiancé à sa sœur Agnès*. On se mit promptement d'accord sur les bases des négociations : les traités de Nantes et de Ghambéry avaient frayé la voie où il u'y avait plus qu'à marcher. Un des points résolus dès lors fut l'accomplissement du mariage de Charles de Bourbon avec Agnès de Bourgogne : de longues contestations s'étaient élevées relativement à ce projet d'union ', et sa conclusion allait devenir comme le sceau d'une réconciliation entre toutes les branches de la Maison royale '.

Los princes se séparèreat le 5 décembre. Tandis que Richemont accompagnait son beau-frère à Dijon, où se fit l'entrée solennelle de la nouvelle duchesse de Bourgogne, le duc Amédée regagnait la Bresse.

Pendant le mois de décembre, il y eut des communications échangées à la fois par Philippe avec le duo de Bedford, auquel il avait écrit avant de quitter MAcon *, et par Amédée avec Charles VTl, qui fit aussitôt partir une nouvelle ambassade, où figuraient le comte de Vendôme et le chancelier Gouge. Le 10 janvier 1425, ces deux ambassadeurs, en compagnie du

t. Les lettres sUpoluil le mariage sont du 18 août Hit. HUloive de Bourgogne, t. m. preutief^p. cclxuv.

2. On a des promesses lUles par le duc Jean sans penr, relativement à ce mariage . à la date du 1" août U<8 (Arehiics, P ISSiV cote 1381). Le Si mai 1433, la duehcssc de Bourgogne adressait à la dndicsse de Bourbon une sommation d'avoir i réaliser ta projad"union avant la Saint-Heinj (Archives delà CdIe-d'Or, B 11915; archives du Nord, B U63 ; cf. Gacliard, Arrives de Dijon, p. 55). Au mois de juin suivant, Jean Segoenat était 1 Rouen, à cet efTel, près du duc de BDurbon, venu pour (railer de sa raufon (Arcliives de la Cdlc-d'Or, B 161 T, f. 10). Le 13 janvier 1131,' la dudiesse de Bourbon se f^sail eieuser auprès du duc de Bourgogne de ne pouvoir accomplir pour le moment le mariage projeté (Arcbives, P I361<, cote 13B1) ; eniia le 1 oclol)re 1121, au château de Lucebérg, en Aii{^clerre, Jean, duc de Bouriion donnùt pouvoir à sa Temmc et à son (ils pour renouveler les conventions du mariage (Gacliard, Arofttves de Dijon, p. 59).

3. Voir sur la conTérencc de Maçon. Mo'nslrelel, 1. IV, p. 310; Abrégé dironologique dans Goden^jr, p. 3S9; UUtoirt de Bourgogne, t. IV, p. 97.

1. Un rhcvaucbear Ait envoyé imuiédialement à Rouen pour porter au régent anglais une lettre cluse • sur le fait de l'assemblée faiele par mon dit seigneur el monseigneur le duc de Savoie en la dicte ville de Mascon. • — Le 18 décembre, Henri Vatée, bailli d'Aval, conseiller et chambellan du duc, partait de Dijon pour aller trouver Bcdrord ; il élait accompagné |>ar Claude Roiclicte. Archives de ta CdtCMt'Or, B 16â8, t. Ï3I, 1D7 V", 139.

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comte de BichemoDt, passaient par Lyon ', se pendant près du duo de Savoie. Une seconde conférence s'ouvrit à MoQtluel, sous ta présidence de ce prince. C'est là que furent rédigés, d'accord avec les ambassadeurs de Charles Vil et du duc de Bretagne, les quatre articles dont nous avons fait déjà connaître la teneur, et par lesquels la question de la direction gouvernementale se trouvait tranchée d'avance*. Quand tout futconvenudelasorle, le duc de Savoie, voulant se rapprocher de son neveu de Bourgogne, qui était revenu à Màcon, se rendit au château de Bagé, tandis que les ambassadeurs de France s'installaient à Pont-de-Veyle ', où furent pris les derniers arrangements. Le 28 janvier, àSaint-Laurent-les-Mâoon, les deux ducs échangeaient des promesses d'alliances mutuelles envers et contre tous*; le 30 janvier, par acte donné à Bagé, le duc de Savoie déclarait qu'après avoir conféré avec les ambassadeurs des parties, voulant poursuivre son œuvre de pacification, il prolongeait jusqu'au 25 décembre 1425 la trêve' conclue à Chambéry '.

Le comte de Richemont avait réglé les questions qu'il tenait à résoudre avant d'accepter l'épée de oonnétable. Les arrangements pris entre les deux ducs reçurent une première sanction par la conclusion de l'alliance entre le comte de Clermont

i. Rtgistrt du déHbéTaOotu. BB 1, (. 323.

2. Voir plus haut, p. 82-84. — Ce Irailé, on l'a ïu, porte le nom de TraUi de Monlluel. U cal fait mention de la <xiDf<!rcnce de Moniluel par deux auUurs du temps. L'auteur anonyme d'un Abrégé chronologique, publié par Gôdefroj, écrit : « L'an tiâf), s'assemblèrent à Montluel devers le due de Savoye, les ambassadeurs du Dauphin, du due de Bourgoogne, et du duc de Bretagne, pour traiter, s'ils pouroicnl, de 1) paix de France (p. 330). > — Berrj dit, il son Inur : « El pareilleoienl, d'autre cosié, monseigoeur le conneslable de France, l'cvesque de Ctermont et autres seigneurs furent envojei en ambassade à Moatlueil au pairs de Bresse, devers le duc de Savoje, pour trouver aucun traild de paix entre le Roy et le duc de Bourgongne (p. 373), s

3. C'est ce qui résulte des Regltlrei dei délibèraliom de Lyon (BB I, T. 324), et d'une ordonnance rendue au nom du Roi par les ambassadeurs, à la date du 28 janvier, à Ponl-.'e-Veijle (Morin, Numiamalique féodale du DoupAmé, p. 393).

4. Mous avons trouvé les deux orignaux de ce traité aux Archives de la Cotc-d'Or, B1t929, et aux Arcbives de Turin Traités avec fa France, a' 9.'

b. Original, Archives de la Cdte-d'Or, B 11^9; copie aux Archives de Turin, registre .filé, l. 63 v; Histoire de Bourgogne, I. IV, preuw», p. lui. ~~ Le chancelier envoya imniédialement deni dievaucheurs, l'un vers le Roi, l'autre vers le duc de Bretagne (Archives de Lyon, BB I, F. 334). — Les lettres du dtic de Savoie furent raliQées pai' le duc de Bourgogne, le 8 février, à Aulun, et par le Roi, le 7 mars, à OEinoD (Archives de Turin, l. c, t 65 v cl 67).

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et Agnès de Bourgogne : le contrat de mariage fut aigné à Autun, le IS février, en présence de Regnault de Chartres, archevêque de Beims, et de Georges, aire de La Trémoille'. Puis des ambassadeurs du'duc de Savoie se rendirent auprès de Charles VII, et les conventions antérieures furent, ainsi qu'on l'a vu plus haut, approuvées par le Roi dans la solennelle assemblée tenue à Chinon, à laquelle prirent part les représentants d'Amédée VIII, admis à l'honneur de siéger dans le Conseil royal'.

Tout semblait donc assurer le succès des négociations avec le duc Philippe. Aux efforts du connétable , du duc de Savoie et du duc-de Bretagne, allaient se joindre l'action personnelle de ses deux sœurs , la duchesse de Guyenne et la comtesse de Clertnont. Ainsi rattaché à la France par des influences do famille qui, tôt ou tard, devaient être prépondérantes, le duc de Boui^ogne se trouvait à ce moment même engagé dans un conflit qui, en refroidissant ses relations avec les Anglais, paraissait devoir faciliter sa réconciliation avec Charles VII.

Un grave incident s'était produit, en effet, depuis la triple alliance d'Amiens, ce pacte qui devait entraîner la ruine de la cause royale, et n'avait produit aucun dés résultats qu'en attendaient les parties contractantes. Philippe avait vu sui^ir un antagoniste au sein même de la famille royale d'Angleterre, et cet ennemi imprévu n'était autre que le propre frère du régent Bedford, ce duc de Glocester auquel Henri V avait fait en mourant des recommandations si solennelles'. Le jeune Ilumphroy s'était épris de Jacqueline de Bavière, fille unique et héritière du comte de Hainaut, beau-frère de Jean sans Peur, Veuve d'un enfant (le dauphin Jean), mariée de force en 1418 à un autre enfant valétudinaire (Jean de Bourgogne, duc de

1. Archives, P, 1370*, cole 1919; Histoire de Bourgogne, t. 111, preuves, p. cccxii, Cr. acies (lu T Sémw portant Irèvc «ilre les po<:sessioii9 respectives des ducs de Bourgogne el de Bourbon, el slipulanl l'engagcmenl pris par la ducliesse de Bourbon et le comte do Clcrmont d'observer tous les traitas conclus entre te duc de Bourbon el le feu roi d"Anglc(erro (il ftiui noter que, par le traité du 16 janvier liai , le duc s"iilait engagé à jurer la piii de Troyes, s'il était mis en liberté).

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