‹ Histoire de Charles VII (volume 3)Chapitre 217 sur 367 · IMoirt de Bourgoçne, t. IV, preuve», p. lxxix-LXXXI · texte numérisé non relu

IMoirt de Bourgoçne, t. IV, preuve», p. lxxix-LXXXI

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A la date du 28 août, uqc trêve générale fut signée, et promulguée par le Roi dans des lettres patentes du même jour ', Le Roi exposut que, pour parreoir à la paix et faire :sser u les graas et innumerables maulx et iacwnveniens » scasîoDQés par les guerres et divisions, les ambassadeurs du 10 de Savoie, d'accord avec les siens et avec ceux du duc de lurgogne, avaient tenu certaines journées, et que, sur l'iniitive de ces ambassadeurs, une « abstinence » avait été conue entre ses gens, d'une part, en son nom, et les gens du ic de Bourgogne, d'autre part, au nom de leur maître, et aussy au regart des Anglois, leurs gens, serviteurs et ibgez, se à ce se veulent consentir, » aux conditions suikutes : une trêve générale, commençant le 28 septembre >ur le duc, et, pour les Anglais, à partir du jour où le Roi ira été avisé de leur consentement, devait avoir cours jusqu'à oël suivant, dans tous les pays situés au nord de la Seine, !puisNogent-3ur-Seine jusqu'à Harfleur, sauf les villes, places ; forteresses formant passage sur la Seiae, et à l'exception ï la ville de Paris, que le duc de Bourgogne pourrait, en cas attaque, faire défendre par ses gens. Le Roi déclarait conintir à cette trêve, pourvu que le duc de Bourgogne l'accep- ,t de son côté, et cela par lettres patentes. Les trêves conclues itérieuremeut par l'initiative du duc de Savoie, conservaient ur plein effet. En outre, il était stipulé que les deux parties s pourraient s'emparer d'aucune des villes situées dans les mites indiquées, ni en recevoir obéissance, à moins que ïs villes ne fissent volontairement leur soumission à l'une 1 à l'autre des parties. Enfin le Roi désignait, comme mservateur des trêves, son chambellan Rigault, seigneur i Fontaine, et son premier écuyer et grand maître de son ;urie Poton de Saintrailles '.

1. Sur la Irève du 28 loAl, voir aui archives de Reims use lettre missive, ea ûait 13 septembre, par 1a>Tuclle le fioi flt ccnnaltrc à l« Tille de Reims kf négociatioDs tam^s et sa retraite sur la Loire ; cf. Extrait iT un mémoire a consulter tv lUlaume dtFlavy, Proeét, t. V, p. 114.

!. I>t acte, dont la substance était connue depuis longtemps par l'aïutjse donnée par greffier Du Tillet (fittueil det Iraietei iTtnlre lei Royi de France et ifAngUltrre,

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1429 LA DIPLOMATIE DE CHARLES Vil DE 1429 A 1431. 4U

La tentative sur Paris (8 septembre 1429), intlua-t-elle d'uoe raanièi'c. fâcheuse sur la marche des négociations, comme l'affirme le continuateur de D, Plancher^? On est tenté de le croire, en voyant l'empressement avec lequel le Conseil royal siégeant à Senlis, sous la présidence du comte de Clermont, rendit une ordonnance (18 septembre), par laquelle étaient déclarés compris dans les « abstinences de guerres, h conclues le 28 août, la ville de Paris, le château du Bois de Vinceanes, les ponts de Charenton et de SainUCloud, et la ville de Saint-Denis, à la condition que, de Paris et des autres places, ne serait faite, par vole de guerre ou autrement, aucune chose préjudiciable à la trêve, et que le duc de Boui^ogne en prît l'engagement par lettres patentes*.

L'échec subi devant la capitale paraît avoir eu un autre résultat non moins regrettable, en enlevant à la cause royale une partie de l'ascendant et du prestige que ses récents triomphes lui avaient assurés. A Arras, le duc de Bourgogne avait paru favorable à un rapprochement. A Complègne, il avait fait faire au Roi, par Jean de Luxemboui^, les plus

l>. 351 et 3S7 ; i-f. Baranle, lluloire -les •lue» de Bourgogne, t. VI, |i. lU-41), el qu'oa puuvail li-Duver ilaos le Registre du rariemcnl connu sous le nom i'Ordonnancei BoHHnet (Archives, X<* 8605, T. 13), a Mé publifi m extenso, avec un autre en date du 18 septomlii'e Mis, comme une révéiatiou, par H. Jules Qulcherat, d'après un vidimia conseiTé aa\ Arcliives de Douai (Revue de la Normandie, t. VI, 1866. p. 398-400). H. Quicherat pense que la chancellerie royale eut soin de tenir secret facte du 38 aofit. Celte aswrtion est dénienUc par une lettre de Charles VU aui habitants de Reims, eu date du 13 septembre, oi'i it rail connaître la conclusion de la trêve ; on verra plus loin que, de son dté, le duc de Boui^ognc la fil publier à Paris le 13 octobre. — M. Quicberat, en publiant récemment un Tragnienl de la Chronique atwni/me (ms. Ir. Î3018), dans la /tenue hatorique (mai-juin 1882), a ■«produit les deui lettres en question, doni le leile se trouve inséré dans cette chronique (voir p. 76-19).

1. HUtoire de Bourgogne, (. IV, p. 133. L'auteur prétend que te doc de Savoie en Fut si mécouteul qu'il déclara ne plus vouloir se mél^ des négodalions. Nous ne savons sur quel témoignage s'appuie l'Iiistorieo. Hais D cousiale ce fait indubitable qu'à la nouvelle de l'ailaque de Paris, le maréchal de Bourgogne, de concert avec le conseil du due à Dijon, avaK donné l'ordre à tous les baillis de prendre les armes.

3. Gci lettres, dont l'original se trouve à Ulte (Archives du Nord, B 1483) ont éié publiées également par M. Quicheral (J. e., p. 100401). Elles furent données par le conseil siégeant à Senlis (en l'absence du Koi, qui se repliait alors sur la Loire) sous la présidence du comte de CJei'mont, lieutenant-général du Roi dans les pajs au nord de la Seine , et sont conti'esignécs par ce prince, par le comte de Vendflme, le diancelier, (^ristophe d'Harcourl et le dojen de Paris. — Voir sur celte trêve spéciale à Paris, le JoHftml d'un bourgeois de Paru, p. 318.

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412 HISTOIRE DE CHARLES VH. t429

belles promesBes*. A Moatdidier, il avait bien accueilli ime nouvelle ambassade du Roi *. Tout récemmeat, ]e scigûeur de Chamy avait été trouver Charles VII à Gieu pour lui faire part du voyage du duc à Paris et solliciter pour lui un sauf-couduit. Là, il avait déclaré que bod m^tre « feroit avoir Paris u au Roi, et qu'il se rendait dans la capitale « pour parler à ceux qui tenoient son party '. » Mais Philippe , ébranlé par les < admonestations » des envoyés que Bedford lui avait, dépêchés , semblait vouloir faire tfaiuerles choses en longueur*. 11 avait même convoqué ses gens de guerre pour se tenir prêt à tout événement, et s'était avancé en armes sur Paris, en compagnie de sa sœur la duchesse de Bedford , qui travaillait toujours à le maintenir dans le parti anglais '. À son passage devant Senlîs, le duc reçut la visite du chancelier et du comte de Clermont : il leur fit un accueil assez froid». Le 30 sep- 'tembre, il faisait son entrée dans Paris'. Là Bedford, à force d'honneurs et de caresses, s'efforça de le circonvenir, et le détermina à accepter la lieiitcnance générale du royaume *.

Le duc ne renonçait pas, cependant, à traiter avec la France. Pendant son séjour dans la capitale, de nouvelles conférences s'ouvrirent à Saint-Denis (10 octobre), entre le chancelier de France et d'autres ambassadeurs de Charles Vil, d'une part ; le cardinal de Winchester et l'abbé du Mont-Saint-Michel d'autre part; et enfin Jean de Luxemboui^ et Hugues de Lannoy, représentants de Philippe le Bon ". Les négociations

I. 0 El là viol messire Jehan de Liuenibaurg, qui li Qst moult de promesses de Taira la pvi entre le Ro; et le duc de Boui^ninie : dont il ae llsl riens , sinon le decevair. > Berrj, dans Procéi, l. IV, p. 11.

!. €'est ce qne constate la lettre du duc de Bourgogne au duc de Savoie, ei date dn 15 octobre. Guichenon, t. Il, p. 297.

3. Beiry, I, c, p. 18. ~ Le duc de Bourgogne loi Ol pajer 1S5 livres, 1 la date da 17 septembre, • pour deui vopges que, par son commandement el ordonnance, il araît lïit devers le Daulphin. • Archives dn Ninil, B 1943, f. 77.

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