D'Herbomei, 1. c, p
1. Voir Oratto ad Pium Papam de PkiUppo dux Burgundlm, par le cardinal Joufrroy : ChTOniqaes relativet à l'MitMre de la Belgique tota la domination de* due» ie Bourgogne, t. UI, p. Ii4- Cf. d'Herboraei, J- c., p. S. .
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430 HISTOIRE lïE CHARLES VII. 1430
devant lui et de subir sa loi : d'où le surnom de mit der leeren Tasche (à la bourse vide) qui lui ftil donné. Mais, depuis plusieurs années (1425), Frédéric s'était réconcilié avec l'empereur.
Simon Charles et Jean Franber^er arrivèrent à lansbruck au mois de juillet I43U. Le 22 de ce mois, était signé le traité de mariage de Si^smond d'Autriche, âgé de trois ans, et de Badegonde de Frauce, qui en avait dey\ '. Le même j our l'auneau fut remis solennellement au duc par les ambassadeurs -du Roi, et les promesses réciproques d'alliances furent échangées*. Frédéric promit en son uom, et au nom de ses successeurs, d'être à perpétuité le fidèle allié de la France; il prit l'engagement de se mettre en armes contre le duc de Boui%(^uc avant la Saint-Michel, d'envoyer avant Noël ses lettres de ■^ défi à ce prince et au roi d'Angleterre,, et de se trouver en personne le 1" avril 1431, sur les frontières de , l'Alsace et du comté de Bourgogne, à la tète d'une armée. En retour, le duc sollicitait pour son Tils, au même titre que les fds de France, la concession de la terre de ChaumonI en Bassigny ', ou d'autres terres en Champagne*. De son côté Charles Vil, par des lettres données à Sens le 15 septembre, déclara s'unir avec Frédéric, duc d'Autriche, par un traité d'alliance et de confédération, acceptant toutes les stipulations faites par ses lunbassadeurs, lesquelles sont soigneusement insérécsdans l'acte ; il promettait en outre au duc, mais sans rien préciser, certains avantages territoriaux *.
It semblait que tout fut en règle, et qiieCharles VII n'eût plus qu'à compter sur l'appui de ce nouvel alli<^. Mais nous avons des lettres du duc d'Autriche , données à la date du 10 août,
1. Archives, J iûQ, n" 50 ; Leibnii, Codex diplo7aallru$, p. SIS ; Du Mont. Corps diplontalique, t. Il, pari. [i, p. S31 .
f. Voir la imaute do pra<é9-T«rbil, conservée aux Archives de Vienne, et i«ibli<e par H. dUerbomet, 1. 1., p. 37.
3. H. d'Herbumei nous pariH se tromper en disant (p. 9) : « La concession en apanage de la (erre de Cluutnont, de celle de Bassigny, ou d'une autre en Champagne ; i il a mis une virgule de trop dans le telle lalin.
i. Hinule conservée it X liam-Hof umt Staat Arehie, publiée par U. d'Herbouiez. p. 37-i3. Cf. Archives. J 109, n" 51.
5. Arcliivcs, J MB, n" 53; édité par Le^ic, p. 351-51. — Il n> a qu'une différence quant aux dates : celte du H avril 1131 n^ suhstilw<e à œllc du \>' pour la prise du commandement de l'anni'e par FriKI^rlc.
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1430 LA DIPLOMATIE DE CHARLES Vil DE 1429 A 1431. 431
et qui ne devraîeDt être que la confîrmatiou pure et simple des stipulations faites le 22 juillet ; or, dans ces lettres, tous les délais se trouvent modifiés. Le duc devra se mettre en armes le 25 juin 1431 au lieu du 29 septembre 1430 ; il enverra ses lettres de défi le 5 juin et non le 25 décembre ; enfin il prendra te commandement de son armée le 3 juillet au lieu du 1" avril'. Toutes les prévisions du Roi se trouvaient détruites, et l'entrée en camp^ae de Frédéric était retardée de neuf mois. Qu'était-il donc survenu? Charles VII n'avait-il pas été informé par ses ambassadeurs des modifications apportées par le duc d'Autriche aux dates primitivement fixées ? L'étonnement augmente à la lecture d'un acte rendu à Innsbruck le 14 octobre 1430, par lequel Simon Charles et Jean Franbei^er, rappelant l'engagement contracté par Frédéric d'être en annes avant la SaUit- Micftel, et déclarant que le duc maintient cet engagement et est prêt à le remplir, demandent que l'exécution de cette clause soit suspendue jusqu'à ce qu'ils en aient référé au Roi et à son Conseil, et dégagent le duc de toute responsabilité à cet égard ^ On ne conçoit guère comment les ambassadeurs pouvaient — le 14 octobre — dégager le duc d'une obligation qui aurait dû être remplie le 29 septembre précédent ',
La nature amicale des relations de Charles Vil et du duc d'Autriche ne fui d'ailleurs en rien altérée. Par lettres données à Chinon le 24 décembre 1430, Charles VII donna à Frédéric une marque de confiance des plus signalées : il lui conféra pleins pouvoirs pour traiter, au nom de la France, avec tous les princes et toutes les villes d'Allemagne et même d'Italie *. Par d'autres lettres d)i 6 janvier 1431, le Roi, considérant que certains des délais stipulés dans le traité de paix avec le duc étaient expirés
1. Archives, I 409, n° 53 ; publié par M. d'Uïrbooict, p. 13-47. t. Acte conservé i Vienne et puMîë p# H. d'Herbomei, p. 4T-5D.
3. On ne s'eiplique pas davantage comment, ciUnt le» letlres du 10 aoQt, les ambassadeurs nous liirenl un texte contenant la date de la Saiol-MIcbel, au beu de celle du SS juin qu'on lit dans la pièce originale conservée à Paris, aui Arcliives.
4. • Cum principlbus videlicel Germanie a Abnanie, sive duces, marquiones, comités, burgrafli Tuerinl, aut etiam quavis alla fulgeant dignîlalc, et cutn singulis et quolibet eorom in sobdum, venim etîani et cum communilatibus et i-ectoribus earumdcm illanim regioDum et eliaui llabe. • Le lexle, qui m trouve aux Arcliive» de Vienne, est ûtmnCpar M. dUerhomet. l. c, p. 5t^i.
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sans avoir reçu d'exécution , ot ne voulant pas que cela pût donner lieu à des difticultf^s dans l'avenir, donnait pouvoir à Simon Chartes de faire à cet égard telles modiûcations qu'il Jugerait convenables >. En m^me temps un nouvel ambassadeur fut envoyé à Innsbnick en compagnie de Simon Cbarles" : c'était Vanchelin de !a Tour, bailli de Vitry, conseiller et cbambellandu Roi"; il était porteur d'instructions relatives awi changements à apporter à la convention faite avec le duc d'Autriche. Le Roi expliquait ici ses intentions relativement à une cession territoriale : il faisait offrir au duc le comté d'Artois, à tenir en fief, avec les comtés de Boulogne, de Guines et de Saint-Pol, dont il aiderait le duc à s'emparer sur le duc de Bourgogne ; les lettres de don du comté d'Ariois seraient remises au duc le jour où il se tiendrait en Alsace avec une armée à la disposition du Roi. Le Roi demandait que le duc précis&t les conditions dans lesquelles le secours serait fourni par lui; il comptait sur une armée de six mille hommes au moins, devant rester en France pendant quatre mois, à dater du milieu du mois de mai*. Vanchelin reçut en outre des instructions du duc de Lorraine et du duc de Bar : il devait solliciter pour un des fils de celui-ci la main de la fille aînée de Frédéric, ou, à défaut de cette union, proposer le mariage d'une iîlle du duc de Bar avec un des cousins de Frédéric.
1. Arcliiïps, J 409, n» 56; publié par M, d'ilcrboDici, p. S2-5«. — Leibnii a doon^, dans son Codex diplomatietis (p. 351), le d^but de cet arle, avant tes kHies dn 15 septembre, sans en publier U lin.
3. Par lettres du !i di<fcmbrc 1430, (yiartcï VII onluoTuit de payer 300 royaui d'or i Simon Cbaries, pour les frais du rayage qu'il liiituil préwntcment en Allemagne vers le duc d'Autriche et d'autres seigneurs dn pays. PUcet originaUi, 10S3 : Efluht. La quittance de Simon Charics e&t du S janvier 1431. Pièce* origiaaUx, liSU : Charles.
3. Ciblait un bltard de la maison de Luiembovni. D'Hei'bomei, t. c, p. 13.
4. Inslnictions en allemand, publiées par M. d'Herbomcz, p. Sl-liâ. Les changement demandés par le Roi portaient en outre : i' sur la stipidation relative aia villes , cMteaui et terres dont le duc s'eniparerait, cl qu; devaient appartenir au duc comme .v^ biens propres : le Roi demandait que le duc déclarât qu'il n'avait eu en vue que tes villes et rliîteaux appartenant aui ennemis, et non reun qui faisaient parUe du- domaine royal ; i' im la substitution i lïiirc en cas de iicii de Sigisimod : le Hoi voulait qne te prince qui lui serait substitué fût le successenr du dm, t car dis«t-il, ce n'est pas l'usage que le roi de France donne sa Hlle aînée i an prince de moindre maison ; ■ 3' sur les lettres de déQ à envoyer au roi d'Angleterre et au duc de Boui^ogne : le Roi demandai! que les lettres fussent envoyées en France, afin qu'un de ses hérauts accompagnât celui du duc pour la remise des lettres. — Voir l'analyse donnée par U. d'Herbomez, p. 14-15.
Dans le cas où cette proposition serait agréée , le duc de Lorraine achèterait le duché de Lusemtwurg pour le donner aux. nouveaux époux. Les terres de Lorraine, de Bar, de Luxembourg et d'Alsace formeraieut ainsi un réseau inexpugnable, et UQe telle alliance profiterait à la fois au duc d'Autriche et à la France ' .
Conformément aux instructions royales, Simon Charles et Jean Pranberger donnèrent, à Innsbruck, le 10 avril 1431, des lettres par lesquelles ils promettaient au duc de lui remettre l'acte de donation du comté d'Artois le jour où il entrerait en Alsace avec son armée ; par d'autres lettres de même date, ils déclarèrent avoir reçu de Frédéric ses lettres de défi au roi d'Angleterre et au duc de Bourgogne, et prirent l'engalgement d'assurer la remise de ces lettres avant le 10 juin suivant '. En même temps, le duc d'Autriche se disposait à mettre un contingent & la disposition du Roi : au commencement de mai, Vanchelin de la Tour avait levé en Lorraine deux mille hommes pour le compte du duc'. Mais le Roi attendit vainement l'arrivée de ce secours, qui ne fut point envoyé dans les délais stipulés ; nous avons une lettre, de Charles VU, en date du '26 juillet, par laquelle il se plaint au duc de ce retard et l'informe de la remise de ses lettres de défi *,
Pendant que les négociations avec le duc d'Autriche se poursuivaient sans aboutir au résultat désiré , les relations entre l'empereur et le d"c de Bourgogne devenaient de plus en plus tendues. Par deux lettres écrites coup sur coup (b et 8 octobre 1430\ Sigismond avait de nouveau sommé le duc de renoncer à toutes prétentions sur le duché de Brabant, qui était légitiment dévolu à l'empereur par la mort de son titulaire, et l'avait engagé à se rendre à Moulbéliard pour résoudre, de concert avec lui, les points en litige '. L'empereur envoya peu après
et 65.
3, Il en réclamait le soMe au duc, dan; une lettre, en date du S mal 1131, puliliée |ur M. d'Herbamei (p. 67), où il lui rendait compte de ce qu'il avait Tait près du Roi. On •j voit que le délai pour la pme d'ariaas' avait élé reculé du 15 mai au 2i juin,
t. Le leite en a élé publié par M. d'Herbomcz, p. 70-71.
5. Original aux Archives de la Cdte d'Or. PnUié par Gacbard, Arehivet de D^on, p. 148 el 1i9. 28
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434 ' iiisToint: de iiHARLEft vu. 1431
un ambassadeur à Philippe V Lui-même ne tarda pas à recevoir à Nurembei^ uu envoy<* de ceiui-ci : Aimé Bourgeois avait missioD de faire savoir à l'empereur la mauvaise issue des négociatioQS eulamécs avec le Daupliiii, et de le mettre ea garde contre les rapporta qui pourraient avoir été faits contre le duc, relativement à cette rupture; il devait aussi entretenir l'empereur de l'alFaire du Luxembourg, et lui QoUâer la prise de possession du duché de Brabant, qui venait d'être opérée '. Le duc de Bourgogne était alor» fort préoccupé des alliances conclues par Charles Vil avec le duc d'Autriche et avec d'autres princes allemands, et redoutait une agression du côté de l'Alleniagne '. 11 n'était pas moins inquiet de certaines démarches faites par l'empereur auprès du gouvernement anglais *. Pendant son séjour à Lille et à Kesdiu (avril et juin 1431), il reçut de nouvelles ambassades de Sigismoad '. Mais la victoire de Bulgaéville ('2 juillet) le rassura bientdt , en arrêtant momentanément l'exécution des projets de ses adversaires dans les provinces de l'est, et l'intervention du concile de B&Ie, à laquelle l'empereur ne fut point d'ailleurs étranger, lui pennil de prolonger de quelques semaines la Irçve entre ses possessions bourguignonnes et les états du duc d'Autriche'.
Philippe était avec ce prince en continuels pourparlers : on ne compte pas moins de quatre « journées » tenues à Montbéliard et à Bâle, dans le cours de cette année, entre les représentants dés deux parties ^ Pourtant les difficultés ne
). Il se nonmiaît^uis de Cauclis. comte de Saint-Ur». Collectioa de BouifUfM, tiS, f. 1*6 ï°.
i. Archives de la Citlc d'Or, B 11931 ; Arohives du Nord, B 1913, f, 7t el 18 v.
3. * Et cncorcs nouvellciucal s'esl allié le Diutphin avec le duc d'Oslcridie et les AltcmaDS pour Taire guerre es dis pais de Bourgoi^e ilu cosli! d'Allemaigne, incunlinent les abslinences ùiWici qui sont entre les dis piîs de Bourgungne et d'Alleiuaigne, le^uelles Tauldroal i la Saint-Uartia proucliainenienl Tenant. > Instructions du duc à ses ambassadeurs près du roi d'Ai^letorrc, en date du i iiovemlHv1i30. Stevenson, t. Il, p. 11i. — • Au mois de janvier suiviot, te duc envuja une ambassade au comte de Loos, à t'év^ue de Strasbourg et au comte Palatin. Archives de la Cfite d'Or, B 1G47, r. 71
i. Voir Réponse du conseil aidais 1 des ambassadeurs du duc de Boutgogne, es dat« du 38 mai U31. Stevenson, I. Il, p. 19â,
R. Î3-96 aiTil et ÎO join, fiacbanl. Archirrt de Lille, p. 568 ; Chronique anwytne. Ils. lï. 18033, r. 507.
li. Voir Hàloire de. Bourgogne, i. IV, p. 158 et 154, et preuve», p. xcï. L'acte est du 1' octobre 1131. La trive était prolongée du i" octobre au 31 décembre.
7. Les 15 janvier, âS avril et ir. juin, à Montbéliard; le 17 octobre, ii Bile. Voir in-
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s'aplanissaient pas, et le duc n'était pas à l'abri d'une prise d'armes'. Elle eut lien en effet. Dans les premiers jours de janvier 1432, Vanchelin de la Tour et Guillaume, duc de Brunswick, stipulaient les conditions de l'appui qu'ils prêteraient au Roi, de la part du duc d'Autriche'. Un mois plus tard, Charles VII annonçait aux habitants de Reims que le duc de Brunswick venait à son secours, contre les Anglais, à la tête de mille combattants, et leiirrecommandaitde le seconder par tous les moyens possibles '. Le duc passa par Metz le 12 février, et fut escorté jusqu'àConflans par les habitants. Trois mois plus tard, il reparut, témoignant une grandejoie de se retrouver au milieu des Uessins, et se croyant déjà dans son pays. Que s'était-il passé dans ce court intervalle? Y eut-il, comme certains documents semblent l'indiquer *, une campagne faite en France, ou sur la frontière de France, par le duc de Brunswick? Cela parait probable. En tout cas, cette démonstration miUtaire n'avait plus d'importance : à ce moment, une trêve avait été conclue entre le duc de Bourgogne et Charles VU, et l'intervention du duc d'Autriche, pour ne s'être point exercée dans les délais primitivement fixés, était devenue sans objet. Bientôt, d'ailleurs, Icd négociations entre le duc de Bourgogne et le duc d'Autriche aboutirent à une trêve de six ans, qui fut signée à Innsbruck le 24 mars 1432', et ratifiée le 8 mai par le duc de Bourgogne*. Il nous faut maintenant revenir sur nos pas pour exposer les incidents qui avaient amené la reprise des relations diplomatiques entre Charles VII et Philippe, et faire connaître le résultat de cette nouvelle tentative de conciliation.
slrociJoiM duanjs par le conseil du duc de Bouif ogne à la date du 10 juin 1131 , Hiiloire de Botirgogne. l. IV, preuves, p. LXXXrii el sujv.; et. p. 148 el 15i; Archives de la CiHe d'Or, B 16«, f. li, 75, 77 v el suiï.
1. Dés le 30 juillel 1431,deuiLC«n( quïrante-huit seigneurs, vassaax de Frédéric, avaieul envojé au duc leurs IcUres de défi. Archives de la Cdie d'Or, B 11SB0; d'Herbomei, /. e., p. 19, et. Hi$toire de Bourgogne, l. IV, p. 1&4, el prtuvts, p. c-ca.
2. Lettres du 3 janvier 143!. publiés par M. d'Herbomei, p. 7S-75. Cf. p. !l-93.