H., ibid
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1432 LA DIPLOMATIE DE CHARLES VII DE 1431 A 143b. 471
cane, une ambassade solennelle au Pape pour l'exhorter à ne plus s'opposer à la continuation du Concile. Ils lui demandent également d'écrire à l'empereur, au duc de Savoie et au duc de Milan, pour leur demander de favoriser le Concile, convoqué d'après les pressantes instances de l'empereur luimême, de donner leur protection aus prélats lançais qui s'y rendront, et de ne pas permettre qu'on entreprenne rien à Bàle contre le Pape , la ciirie romaine ou le patrimoine de l'Église , ce qui pourrait envenimer les choses ef entraîner la suspension ou la dissolution du Concile , eu compromettant les heureux effets espérés de sa réunion. Les prélats demandent en terminant au Roi que l'arcbevfique de Lyon, désigné comme représentant du clei^é de France, soit envoyé par le Roi en ambassade vers le Pape et qu'il fasse connaître cette résolution au Concile, en lui envoyant immédiatement une ambassade. Ils le prient d'autoriser les évêques de France à se rendre au Concile. Enfin ils se déclarent prêts à contribuer pour le quart d'un décime aux frais des voyages et négociations, et sollicitent le Roi de s'opposer à la levée de toute contribution sur le clergé de France , faite par le Pape sans l'assentiment du Concile'.
Amédée de Talaru, archevêque de Lyon, se rendit à Issoudun, près du Roi ', en compagnie de l'évêque d'Orléans, qui avait été chargé d'assurer l'exécution des décisions de l'assemblée, pour lui rendre compte de ce qui avait été fait à Bourges. Le Roi y donna son entière approbation, et, malgré les résistances de l'archevêque, le désigna comme chef de l'ambassade qui devait se rendre près du Souverain Pontife.
Tout en se montrant favorable à la tenue du Concile, l'archevêque de Lyon craignait, non sans raison, que les prélats assemblés à Bâle ne dépassassent la mesure. Aussi, dans la lettre qu'à la date du '28 avril 1432 il écrivit à Louis de la Palu, évêque de Lausanne, un des Pères du Concile, pour le
1- U texte esl dans Labbe, L XII, col. 815417. Cf. les récits de Pitricius (Ubbo, I. Xlll, col. U95) et de Jean de Segovie (Uonumtnta. I. H, p. 137-10). i. Le samedi veiDe des fUmeaia. Lettre de rarcfaevjque de Ljon, d^ àUe, I. c,
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472 HISTOIRE UL CHAHLE3 Vil. H'H
mettre au courant de ce qui s'était passé à Boui^ea , il dirait : « J'estime qu'il convient de traiter Notre Saint Père ie Pape a avec beaucoup de douceur, car il est le chef de l'Ëglise, et si u le chef est abaissé, tes membres deviendront arides et iau fructueux'. »
Les Pérès de B&le , enchantés de la réunion de l'asseniblte du clergé de France et de la décision du Roi , adressèrent à Charles VII des lettres de pemerciement *. Ils écrivirent aussi aux membres du conseil, au aire de la Trémoillc et aux archevêques de Reims et de Lyon *. Mais la situation des alTaires ne permettait pas une intervention immédiate de la France*. D'ailleurs, une mesure que venait de prendre Charles VU' n'était pas de nature à disposer favorablement le Pape à son égard : il était impossible d'espérer un boa résultat de la mission de l'archevêque de Lyon. Aussi celui-ci, après avoir attendu quelques mois, au lieu de se rendre en Italie, prit le chemin de Baie'.
Il était réservé à l'empereur Sigismond d'opérer un rapprochement momentané entre le Pape et le Concile ^ Il se trouvât en Italie, depuis le mois de novembre 1431 , dans le but de se faire couronner, et était en négociations avec le Souverain Pontife. Déjà il avait ceint la couronne de fer à Milan; mais il dut attendre longtemps à Sienne, où il avait établi sa résidence, avant d'aller à Rome recevoir la couronne impériale. Enân, les obstacles étant levés et tous les arrangements conclus, l'empereur fut couronné le 31 mai 1433*. Il passa trois mois à