‹ Histoire de Charles VII (volume 3)Chapitre 51 sur 367 · Voir plos naut, p · texte numérisé non relu

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i. Bwtï, p. 373.

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porter eu toutes choses à son connétable, sans l'avis duquel il ne ferait rien. Politique, guerre, administration, finances, tout est entre les mains de ce nouveau maire du palais : Charles VII n'est pour ainsi dire qu'un roi fainéant, n'ayant plus même la liherté du choix de ses familiersl

L' « accommodement » fait, il s'agissait de le faire connaître au pays, et de rendre l'opinion favorable au gouvernement du connétable. Ce fut l'objet de la circulaire suivante, adressée évidemment, avec quelques variantes, k plusieurs bonnes villes, et qui, chose digne de remarque, ne porte point la signature du Roi, mais seulement celle d'un secrétaire.

A nos chiers el bien amex les conseillers, bourgoys, manans et kabilans de Lyon.

De par le Rot.

Chiers et bien ame2,-noua avons mandé venir dévora nous, en QOstre ville de Poicliers, nostre très chère el bien améc mère la Roync de Secille, el nostre 1res chier et amé cousin le conte de Ftichemont, connestable de France, avec plusieurs autres de fiostre sangt et lignage, et des prelas, barons el autres uolables personnes de nostre royaume; et par leur adviz el deliberacion avons fait certain ordonnance et advis sur le fait de la guerre et sur la provision de faire cesser les pilleries et remettre justice sus, aflin que marchandise puist avoir cours. Pour lesquelles choses et autres, touchant grandement le bien de nous et de nostre seigneurie, dire et exposer à vous et aux autres gens des troys Eaïas de noslre pais de Lionnois, envoirons briefment aucuns de noz conseilliers. Si voulons el vous mandons expreasemeul que vous envolez deux ou troys de voU^ en nostre dicte ville de Lion, qui y soient au xir jour d'aoust prouchain venant, el que en ce ne failliez, si cher que nous désirez complaire et que amez le bien de nous el de nostre seigneurie.

Donné k Poicliers, le xxv" jour de juillet.

Vousï '.

Uais cette circulaire ne sufQsait pas pour les villes qui n'avaient point connu tous les incidents, et qui, trompées par de

t. Onginal sur pvchemiii, non sigaé, avec un sceau plaqué, et Iface de sceau sur la queue. Archives de Ljon, AA 33, t. 37.

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1425 phehiEres années de b£one. lOS

faux bruits, pouvaient être ébranlées dans leur Bdélité. Les archives de Tournai nous fournissent une lettre, en date du 1" août, beaucoup plus étendue, et dont il convient de reproduire ici toute la première partie.

De par lb Roy.

Ctiiera et bien amez, pour ce que nous savons véritablement que loufljours estes desirans, joyeux el bien confortez de savoir de noz bon estât el santé la certalDeté, et que de tous voz cuers et affections dédirez la prospérité de noz affaires et seigneurie, noua vous signifions que, la mercy Nostre Seigneur, nous sommes en bonne santé de nostre personne; aussi sont nostre très chiere et 1res amée compagne la Royne, et noslre 1res cbier et très amé fîlz le Daulpbin. Vous faisons aussi savoir que devers nous sont noslre 1res cbiere et Ires amée mère la Royne de Secille, Idéaux cousins Obarles de Bourbon, coûte de Clermoul, le conle de Richemoot, conneslable de France, Bicbarl de Brelaigne, conle d'Eslampcs, les conti'S de Vendosme et de Harecourl, el plusieurs autres de nostre sang et lignaige, plusieurs frelaz, presque tous les barons et autres grans seigneurs, cbevaliers et autres nobles, en bieu grant nombre, tant de Bretaigne comme des autres païs à nous obeissans ; et de jour en jour attendons la venue de beaux cousins le conle de Foix, le comt« de Perdriac, le sire de Lebret, lesquels sont sur cbemin à venir devers nous, à grant puissance de gens d'armes el de Irait. El sont les cboses par deçà si bien appoinclées, par la grâce de Noslre Seigneur, que de présent n'y a aucun trouble en nostre fait, ne division entre nous el les diz seigneurs de nostre sang, ne autres barons, nobles et bonnes villes de noire dicte obéissance, aîns est tout en bonne union el concorde, et à nous bien obéissant.

Vous signifions eti oullre que, par l'advis des dessus diz, avons et aiu^ns devers noua conlinuelemenl doresenavant de ceulx de noslre sang, des prelaz, barons et grans seigneurs et gens de conseil, en grant el bon nombre, el des autres de nostre royaume, de tous païs, tous nos subgiez, preudomes et loyaulx, pour nous acompaignier et estre entour nous, pour la garde de nostre personne et conduit de noz affaires. Et avons esloingné d'entour nous aucuns qui s'estoient efforciez d'empescher la paix et union de noslre royaume, ainsy comme avons esté informez, et n'estoit pas bien convenable cbose qu'ilz feussent plus devers nous ne en nostre service. Avons aussi, par l'adviz el conseil des dessus diz,

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appoinctié du fait de nostre guerre et de noz autres affaires, jusques à pourreoir au aeurplus à l'assemblée de» trois Estas de nos païB de LaDguedoyl et de Languedoc, que nous mandons au mois d'octobre prochainement venant. Et, entre autres ehOBes par nous advisées et appoinct^s, ea les exécutant, envoyons solennele et grant ambassade devers beau cousin de Savoye pour le traiclié de paix, de laquelle nous avons bien bonne espérance, attendues les ouvertures qui de^aen ont esté faicteset pourparlées; et par nous ne demoum que paix ne soit...

Donné en nostre ebaatel de PoicUers, te premier jour d'aousl. CHARLES.

UALLliRE *.

De son côté, le connétable prit la plume. 11 avait déjà, par lettres des 10 et 25 mai et du 2 juin, mis les habitants de Lyon — et ceuxtcî ae furent pas seuls à jouir de ce privilège — au courant des événements. 11 continua à leur faire part de ce qui se passait. Dans une lettre datée de Poitiers, le 28 juillet, après leur avoir demandé l'art^ent dont il avait un pressant besoin, il arrivait aux informations politiques : i Des nouvelles de par deçà : nous, beau-frére d'Estampes et les barons de Bre- ' taigne, Poictou, Berry, Auvergne et plusieurs autres sommes venuz tous ensemble devers Monseigneur le Roy, lequel nousa très joleusement receuz, et a donné congié à tous les serviteurs du Président qui estoient autour de lui . Et se Dieu plait, les besoingnes se appoincteront si bien que ce sera le prourat de mon dit seigneur et de tous ses bons subgez, et le relievement de sa seigneurie*. »

Une autre lettre, inédite comme la précédente, et également adressée aux habitants de Lyon, va achever d'éclairer la situation.

A nos fre« chiers et bien otnai tes gens d'egliae, nobles, bovrgoia et kabitans du païs de Lyonnois.

Très ctaiers et bien amez, il a pieu à Monseigneur le Roy mander par devers lui madame la Royne de Seclle, nous, et plusieurs autres seigneurs de son sang et lignage , et autres barons et sei-

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1425 PREMIERES ANNÉES DE EtËQNE. 107

gneurs de son royaume, en très grant nombre, par l'advis el deliberaciop desquels mon dit seigneur le Roy a ordonné, pour faire cesser tes pilleries et roberies qui à presenl sont sur ses subgez, lout£3 gens^'armes et de Irait eslaos sur les champs eslre mis et tirés es pais de frontière, et avec ce certaines autres grans provisions pour le lait de sa guerre et recouvrement, de sa seigneurie, et mander et assembler les gens des trois estas de son obéissance, tant de Languedoil que de Languedoc, estre par devers lui le premier jour d'octobre proucUain venant en la ville de Poictiers. Et espérons que es affaires du Hoy et de son royaume sera mise cy bonne provision que Loua en serez joyeux. Et de^a, la mercy Nostre Seigneur, sont les choses en très bonne disposîcion ; et pour pourveoir aus dictes choses et autres grans charges qu'il a à présent à soustenir, jusque^) à la dicte assemblée des trois estas, a ordonné certain aide estre levé sur ses subgez, le moindre que on a peu adviser. Et pour ce que mon dit seigneur le Roy nous a baillé la charge du fait de sa ^crre et de faire vuider el cesser les dictes pilleries, en quoy nous entendons emploier de toute nostre puissance, et y donner, à l'aide de Nostre Seigneur, provision convenable, se, par deOault d'avoir la finance que pour ce faire mon dit seigneur nous a ordonné, n'estions empeschié, nous vous prions ires acerles que, le plus brief que faire se pourra, vous faciez que la somme que pour votre part et porcion du dit aide vous est imposée, soit cueillie el levée, el que en ce ne faciez aucun delay, afin que briefmenl nous puissons faire vuider et cesser les dicles pilleries, qui tant sont à charge et destruction de vous et d'autres bons subgez de ce royaume.

Très chiers et bien amez, Nostre Seigneur soit garde de vous.

Escript à Poictiers, le penultiesme jour de juillet.

Le comte de BichemonI, connestable de France,

Abtur.

Dijon '-

Les habitants de I.yon reçurent bientôt une convocation pour la réunion des États de toutes les provinces de l'obéissance du Roi, qui devait se tf nir à Poitiers le 1" octobre. Deux lettres du Roi, non signées, et identiques, sauf quelques variantes de peu d'importance, leur furent envoyées à la date du 31 juil-

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