‹ Histoire de Charles VII (volume 3)Chapitre 86 sur 367 · Cruel, p · texte numérisé non relu

Cruel, p

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tion, et plus efficacement en une générale congrégation qu'en une petite, » on pût rétablir la paix et la tranquillité. Pour que cette réunion des Ëtats généraux produisit de bons résultats, il semblait nécessaire : 1" que Ic'Roi bannît « toutes indignations, ires (courroux) ou desplaisances, » s'il en avait, à l'égard des princea de son sang, de leurs officiers ou serviteurs, et aussi de ses propres ofûciers, en même tempa que contre tous ceux qui auraient ^rfité leur concours aux princes ; 2" que le sire de la Trémoiile, le sire de Trêves (Robert Le Maçon) et tous les autres membres du Conseil se réconciliassent avec les princes, « en déposant leurs ires et malveillances, à l'honneur de Dieu et du Roi, en compassion du pauvre peuple et au grand profit de la chose publique ; » 3" que toutes « desplaisances » étant ainsi mises en oubli, une alliance fut de nouveau,' par ordre du Roi, conclue entre les princes et les conseillers du trône.

Les princes réclamaient certaines garanties, ou « manières de sûretés, » assurant la tenue des États généraux aux jour et lieu fixés, la sécurité des communications, la liberté des délibérations, la stricte observation de ce qui aurait été conclu, d'un com- ' mun accord, par le Roi et les États. Dans ce but, ils indiquaient les mesures qui leur paraissaient devoir être prises. Ils priaient en particulier le Roi, afin de faciliter le concours de nombreux députés, d'insister, dans ses lettres de convocation, sur la réconciliation opérée entre lui et les princes du sang, d'une part, et entre les princes et les conseillers de la couronne, d'autre part. Relativement à la liberté des délibérations, ils proposaient que tout port d'armes fût interdit, sauf à ceux qui seraient assignés par le Roi pour la garde de l'Assemblée, lesquels devraient prêter serment de protéger les membres des États, de quelque condition qu'ils fussent, « contre toutes violences, injures et oppressions de fait ou de parole. » Quant à la dernière « sûreté, » ils demandaient que la reine de Sicile et ceux qu'il lui plairait de désigner, fussent chargés de veiller à l'exécution des délibérations prises; Et comme, disaient-ils, ce serait « grande illusion à la chose publique et irrision (moquerie) à si haute et solennelle assemblée si la conclusion faite n'était fermement gardée, » au moins durant le temps lixé

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par le boa plaisir du Roi, en considératioa de ta « présente et extrême nécessité, » il leur semblait désirable que le Roi, « de sa grâce et humaine justice , » donnât dès à présent des lettres assurant l'inviolable observation de cette clause, aOn que, sans le moindre délai, « les puissances du Roi et des seigneurs pussent être exploitées , par la volonté et ordonnance du Roi , d'un commun accord, au bien de la seigneurie et de la chose publique. »

, Enfin les princes exprimaient la pensée que ce serait chose honorable au Roi et à ceux de son sang que, les choses étant ainsi 0 accordées et affermies » par le « bon vouloir et ordonnance du Roi, » le comte dé Clermont, le connétable et le comte de Pardiac pussent, « par son bon plaisir, « venir vers lui, là où bon lui semblerait, en leur état accoutumé, « pour démontrer obéissance et amour au Roi leur seigneur souverain, à la consolation du Roi, de sa seigneurie, et de tous ceux qui bien lui veulent. » Les trois princes pourraient de la sorte, en présence desÉtata, confirmer personnellement toutes les choses susdites, et aviser, avec les seigneurs et autres du Conseil du Roi, à ce qui serait soumis aux délibérations de l'assemblée '.

Le Roi ne fit aucune difficulté : il accueillit les requêtes des princes, et leur donna des lettres d'abolition, datées du « chasteau lez nostre dicte ville de BouT^es, » le 17 juillet. Dans ces lettres, il faisait l'exposé des faits. On lui avait donné à entendre que les comtes de Clermont, de Richement et de Pardiac voulaient entrer dans Rouies pour y exercer leur autorité ; il avait, aoit par lettres patentes ou closes, soit par messagers et commissaires, fait défense de leur donner entrée. Malgré cela, par l'aide et faveur de certains habitants, par la tolérance des autres, les comtes de"Clermoat et de Pardiac s'étaient introduits dans la ville. De là des voies de fait et des actes d'usurpation qui avaient motivé l'intervention royale. Mais le Roi, — voulant accueillir favorablement les raisons

1. Archiva, P 1388», |ilèce colée Btmgtu, CXIV bU. Celle pièce Bgurc au Mutif lies Archiivi. cl esl di^crite dans le volume consacré â rinvenUiro Je ce Mas^e (Paris, 1872, ÎD-I"), p. ih'i-IM. Le r^dactoiir ï'esl li^èrcmcnl Imuip^ sut h dale, i|u'il a cru devoir placer an mm de novembre 11!1.

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miseB en avant par les comteB do Clermont, de Bichemoot et de Pardiac, et aussi par le roi Jacques et par le comte d'Arma^ac, lesquels avaient adhéré à ce qui s'était fait, en même temps que par plusieurs noiables prélats, seigneurs et barons, orUciers ou serviteurs du Roi et des princes, et par les habitants de Bourges, lesquels s'étaient entremis, et qui, « bien reverement, ont remontré au Roi leur bonne et vraie intention et le grand bien qu'ils sont en volonté de faire; » considérant la prochaineté de lignage des princes, qui autorisait à ne point croire que, pour rien, ils voulussent « courrousser » le Roi, aussi bien que les « grandes et honorables offres et soumissions » par eux faites de s'employer, comme ils y sont tenus, au relèvement du royaume, et la faculté qu'ils ont de le faire tant par eux-mêmes que par leurs parents, amis et alliés ; ayant égard enfin à la « grande, loyale et vraie obéissance » dont avaient toujours fait preuve les officiers, bourgeois et habitants de la ville de Boui^es, — déclarait ôter de son cœur et de sa pensée la « déplaisance et malveillance » qu'il pouvait avoir eue au sujet de l'entrée des princes à Bourges et de tout ce qui était advenu ; il abandonnait à ses cousins ce qu'ils pouvaient avoir perçii sur l'émolument des monnaies et des greniers, et leur donnait, ainsi qu'à tous ceux qui avaient participé aux faits survenus, pleine et entière abolition, promettant en parole de Roi de ne jamais aller ni venir au contraire, eu quelque manière que ce fût '.

Le Roi fit aussitôt son entrée dans Bourges ^ (irâce aux avances d'ai^ent que lui fit Laïrémoillc, il se montra libéral envers ses capitaines. I>è3 le 22, il adressa à ses bonnes villes des lettres de convocation pour les lîtats généraux, dont la

1. Or^al. Arcbiies, P 1358*, cote S7t. — Ces tellres «valent iié i^oniDiuniqu/es par Vfon d'Herouval à La Thauniassièru , i|Di ks donna dans son llàloirr de Berr^. Elli^s s'; li'ODVCDt nui pagi>s 1S8-r>0, k\ dans la nouv. Mit. (I86S), 1. 1, |i, 310. ~ On voit que c'eti k lorl qu'on un a dit que le cunoélablc M exclu de l'aninistic.

S. Le 91 Juillet USS, Ir maire ilc Palliera Taisait délivrer dii» éi'us d'oi' ii un |)iitusuivant du seigneur de Delleviltc f\ à un Irumpclii' qui ainiciit > Li|i|>iii'iv iwuvvIk'S que le Roj entra diniandie dedans Bourges, et que j'acurl e»loit fait entre le Kujr et Cliai'lés de Bourbon et monseigneur de Pardiac. » Exiriàu ilet comptn île déiiraseï de la ville de Pùititrt, publias par Re<let, dans les Hèmoirn de la Soàèlé des aaliquairu de.

rOneii. i. VII. |i. loe.

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date avait été fixée, d'un commun accord, au 10 septembre. Dans cette circulaire, le Roi faisait allusion à 1' « unité et bonne amour » qui existait désormais entre lui et les comtes de Glermont et de Pardiac, qui , ainsi que le duc d'Alençon, l'entouraient et l'assistaient de leurs conseils ; il convoquait les représentants de tous les pays de son obéissance, tant de Languedoil que de Languedoc et du Dauphioé; il annonçait qu'il appellerait l'assemblée à délibérer sur les grandes affaires de son royaume ; enfin il déclarait que chacun des députés aurait pleine liberté de dire loyalement tout ce que bon lui semblerait, « pour le ' bien des besognes'. »

Le jour même dÙ Charles VU, se conformant aux vœux exprimés dans le mémoire des princes, convoquait en ces termes les États généraux de tout le royaume, La Trémoilie signait un pacte d'alliance avec le comte de Glermont*; il se séparait ainsi définitivement de son beau-frère le connétable, qui, loin de chercher à se rapprocher de la Cour, se lan<;ait en ce moment même dans une guerre contre Jean de Penthièvre, sire de l'Aigle, Jean de la Rocl\e, et d'autres lieutenants du Roi ^ Le connétable ignorait-il donc que, le "24 juin précédent, le comte de Salisbury était débai-qué à (Mais, à la tête d'un corps d'armée destiné à conquérir les provinces du centre'? Mais Bichemont n'écoutait plu.s la voix du patriotisme et de l'honneur : il n'obéissait qu'à dés ressentiments personnels. Ce n'est que lorsque la victoire aura donné comme une consécration nouvelle au pouvoir de Charles Vil, qu'on verra le

t. Original, Arctiivcii de Lyon, AA 33, t. li; publia pu- M. Tbotnas, les États gêné- , jûui- joas Charles Vil, p. ii)-50. Cf. D. VfùsMtt, l. IV, p. 471, qui menlioane d'aulres lettres de canvocalion du même Jour, cE en cite un passage. Nous avons retrouvé ta lettres dans la CoHection de Languedoc, vol. 89, r. 73.

i. Archives, P 1373i, cote 3156. — U pièce est donni'c au nom de La TrJmuille, et porte sa signature originale ; « Pour appaisier certaine hayae et nalveilluce que iSîon Ires redoublé semeur monseigneur le conle do Clermont a eue envers nous par uicun temps et nourrir bonne amour et transquilliU! avec mon dit seigneur Icconle, avms promis et promettons en bonne toi, <^<"' ti toj el sejvment de nustre eorps el sur nestre honneur, au dit monseigneur le conte, que doresuavant ne Terons,' porterons ou poupcliasscrons... chose qui soit ou jmisse csirc en son deshonneur, dommage ou préjudice..., et de tout nostre povoir aiderons à enii'etenir en la bonne grâce et amour du Ko; nostre dit seignaur, » etc. Voir Mutée dei Anliiiie* nalhnalet. p. 260, avec reproduction en Tic-simile do la signalare.

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