Ballade citée dans les notes, p
2. Georges Chastellain, qui ne perd jamais une occasion de faire valoir son maitre, dit quMl c laboura toutes voies constantement et sur tous les autres de France en la pacification, et tellement que le discort fut remis en nature par son pourchas. » Exposition sur vérité mal prise, datas les Œuvres, t. VI, p. 286.
3. Le chancelier passa par Reims dans les premiers jours de mai. On a la trace d'un présent d'une <x demie toile fine, » du prix de trente-six saluts d*or, qui lui fut fait par le Conseil de ville. Le paiement est du 12 mai liiO. Compte des deniers communs, vol. 11, aux Archives de Reims. Communication de M. Demaison.
•i. Dunois venuit à Saint-Omer sui' Tordre de son frère, et en compagnie de Jean de Saveuse, premier chambellan du duc (Lettre missive du duc, Londres, 9 juillet, dans Pièces originales, 2653 : Saveuse). Le 2 juin, le duc de Bourgogne ordonnaif à Jean de Brimeu, bailli d'Amiens, d'aller incontinent au devant du bâtard d'Orléans (Archives du Nord, B 1969, f. 181.) Dunois ne quitta plus Saint-Omer jusqu'à l'arrivée de son frère.
aient voulu attendre l'issue de la lutte , soit que la diplomatie bourguignonne ait fait ajourner la conférence , les représentants de Henri VI ne parurent point : c'est en vain que les plénipotentiaires français demeurèrent à Saint-Omer pendant plu-^ sieurs mois *.
La duchesse de Bourgogne sut mettre à profit cet intervalle. Elle résolut de ne point attendre davantage pour conclure TafiFaire de la libération du duc d'Orléans. Tout avait été concerté entre cette princesse et le cardinal de Winchester *. Dès le conunencement du mois de mai, la question fut mise en délibération en Angleterre dans le Conseil privé.
La discussion fut vive et prolongée. Le duc de Glocester, ennemi personnel du cardinal, rédigea un long exposé, véritable réquisitoire contre le tout -puissant ministre, rendu responsable des échecs multiples qu'avait subi la cause anglaise. Plutôt que de donner son assentiment à la mise en
C*est là que lui parvint la nouvelle de la paix conclue entre le Roi et le Dauphin ; cette nouvelle lui fut portée par Loyauté, poui'suivant d*armes, parti le 22 juillet de Blois, par ordre du gouvernear de cette ville {Catalogue Leber, n» 5695, t. III, p. 129).
1. Dans un document important, dont nous parlerons longuement plus loin, la chancellerie royale fait tomber ici toute la responsabilité sur les Anglais : < Item et nientmains, en entretenant Tapointement de la journée prinse par mondit seigneur d*0i'liens et madicte dame la duchesse de Bourgongne , envoia , à la journée emprinse au premier jour de may, solempnelle ambassade, avec povoirsouffisant, pour besongnerau fait de ladicte paix. Et y furent et demoiu'erent lesdiz ambassadeurs par Tespace de sept ou de huit mois, sans rien besongnier, par la defaulte des Ânglois, qui point n*y envoyèrent gens ne povoirponr besougnier. » (Réponse aux remontrances des princes, dans Monstrelet, t. VI, p. 29-30.) — Nous devons constater cependant qu'à la date du 8 mai 1440, le héraut Franche-Comté était envoyé <c hastivement ï> par le duc au chancelier de France pour lui remettre des lettres par lesquelles il lui signifiait «c la venue d*une partie des ambassadeurs du Roy d'Angleterre pour le fait de la paix » (Archives du Nord, B 1969, f. 176 v^), et que le 10 mai un chevaucheur de Técurie du duc allait porter à (Valais des sauf-conduits du Roi et du duc aux Anglais, « pour venhr sûrement à la jouniée assignée pour le fait de la paix » (/(/., f. 177.)— Dans le courant de mai, juin et juillet, le duc et la duchesse furent constanunent en rapport, soit avec les ambassadeurs français à Saint- Omer, soit avec les représentants du roi d'Angleterre à Calais (Archives du Nord , B 1969, f. 179, 185, 185 v«, 189, 191 vo). Le roi d'armes Artois partit pour l'Angleterre à la date du 26 mai (Id., f. 179 vo). — Au mois d'août, quatre ambassadeurs, l'évêque de Rochester, lord Dudley, Stephen Wilton et William Sprever arrivèrent à Calais {Proceedinga, t. Y, p. 122-23); mais on ne voit pas qu'ils soient entrés en négociations avec les ambassadeurs français. Aucune autre question que celle de la délivrance du duc d'Orléans ne fut agitée dans le cours de cette année.
2. Le garde du privé scel, William Lyndewode, flt à ce moment un voyage à Arras. Voir le document, en date du 20 mai 1440, reproduit dans Proceedings and Ordinances, t. V, p. 116.
liberté du duc d'Orléans , le duc préférait mourir ; il concluait en demandant que le cardinal et rarchevêque d*York, 8on auxiliaire au congrès de Gravelines , fussent e^^clus du Conseil et mis en jugement '.
Mais le Conseil privé paraissait décide à passer outre et à, se ranger à Tavis du cardinal. Glocester rédigea alors une protestation dont il lui fut donné acte à la date du 2 juin ^. Dans ce document , le duc faisait Texposé des motifs qui avaient dicté sa conduite, . L'incapacité du roi Charles et de son fils, disaitil, est connue de tout le mondée II est donc à craindre que les États généraux du royaume ne donnent la direction des affaires au duc d'Orléans. Or, les vastes connaissances de ce prince, son jugement éclairé, sa connaissance approfondie de la situation de l'Angleterre constitueront pour la Couronne un immense danger *. Le duc d'Orléans ne manquera pas de s'employer à pacifier le différend existant entre le roi Charles et son fils, et qui est une cause d'affaiblissement pour la France. On prétend exiger du duc un serment, avant de le rhettre en liberté ; mais tiendra- t-il ce serment, lui qui considère le roi Charles comme son souverain ? Il dira qu'on le lui a extorqué et le regardera comme de nulle valeur. Et , pour prévenir cette éventualité, quelle garantie prendra-t-on ? Le duc est allié aux maisons d'Armagnac et d'Albret ; il y a lieu de penser que, dans l'état d'abandon où est laissée la Guyenne, il unira ses forces à celles de ses deux alliés : dans ce cas, que fera-t-on pour la défense de cette province ? Le roi d'Angleterre n'a pour allié
1. Voir le texte de la déclaration du duc de Glocester, dans Stevenson, t. II, p. 440-51.