Rymer, t. V, part, i, p
3. Il est curieux de voir en quels termes pleins de mépris le duc s'exprimait : « First itis not unknow to my Lord and ail his Gounseili. as be comune reporte and farae, tbe Indysposition of my said Lord's Adversarie, thaï he neitter ha(h wisdom nor discrétion to governe himselfe, but must be led, for défaut of naturell raison, aflur th'ententoftbeym that liave hym for the tyme in governance. And his eldest sonne (il n*y avait alors que le Dauphin) also in the same \vise disposed. Wherefore me thenketb, considering the grete subtilité and cauteluse disposition of tbe said duc of Orléans, which is so well know to ail my said Lordes Conseil, they should never conseille, advise nor assent to bis said deleveraunce or eslargissement. t» Rymer, t. Y, part, i , p. 76.
4. En faisant du duc d'Orléans un si pompeux éloge, tandis qu'il se montrait si 'dédaigneux à l'égard du Roi , le duc de Glocester donnait la mesure de son jugement.
^n Europe que le roi de Portugal. Gomment en acquérir d'autres quand il apparaîtra à tous les yeux que le roi n'a trouvé . de meilleur moyeu pour conserver les conquêtes de son père <lue de mettre en liberté un de ses principaux ennemis ? On se ftatte que de nouvelles dissensions surgiront entre les iriaisons d'Orléans et de Bourgogne; mais la réconciliation opérée récemment à Calais entre les deux ducs donne lieu de craindre ça jJs n'unissent leurs forces pour chasser les Anglais ; et certainement ils pourront y parvenir, à moins que Dieu n'y mette ^a main. Or si, conune cela est à présumer, l'élargissement ^u duc d'Orléans entraîne la perte, non seulement de la Nor- ^Jandie, mais de tout ce que le roi possède en France, quelle ^sponsabîlité pour ses conseillers! quels murmures dans le peuple , qui verra perdre ainsi les conquêtes achetées au prix ^^ ssLxig du feu roi, de la perte de ses frères les ducs de Gla- "f^ûce et de Bedford, de la mort de tant d'autres princes, seigneiars et gentilshommes 1 D'ailleurs le feu roi n'a-t-il pas ^^éferi^u à tout jamais de mettre en liberté le duc d'Orléans* ? ^loo^ster entendait rester fidèle aux reconunandations de soft fr^^re et voulait dégager sa responsabilité pour l'avenir, ^ovir prévenir l'effet de cette protestation, le Conseil privé tu r^^jiggp yQ mémoire ^, et le fit livrer à la publicité. On^ y ^^Posait les considérations qui avaient déterminé le Conseil * coi:^ sentir à l'élargissement du duc d'Orléans. C'était, avant ïoiit^^ choses, le désir de conclure une paix devenue nécessaire en présence d'une guerre ruineuse et sans issue; c'était ^^^Xiite la certitude acquise que la libération du duc d'Orléans ^t ^ pour l'adversaire de France , Tindispensable préliminaire ® *^ paix. Les lois de la guerre, d'ailleurs, ne s'opposaient- ^^ pas à ce qu'un prisonnier fût retenu dans une perpétuelle ^t^ti-vité?'Le duc, une fois délivré, pourrait travailler utile- ^^t à la paix. En terminant on répondait brièvement à quelrfj^Cï.^-unes des objections formulées par Glocester.
i. Voir le texte de ce mémoire dans Steveuson, t. II, p, 451-60.
S. Sir Harris Nioolas prétend que la volonté de Henri V, exprimée comme règle de conduite, qu'invoquait le duc de Glocester, ne fut point formulée dans ses dernières dispositions testamentaires. Voir Proceedings, préface du t. III, p. ix et suiv.; préface dut. V, p. Lxxxiii.
C'est le 2 juillet 1440 que fut' signée la convention pariaquelle le duc d'Orléans recouvrait sa liberté *. Avant de quitter l'Angleterre, il devait verser une somme de quatre -vingt mille écus et en payer cent -vingt mille dans le délai de six mois. Pour cette dernière somme , il devait fournir les cautions du Dauphin, des ducs de Bretagne et d'Alençon, des comtes de Vendôme et de la Marche, et de cinq membres du grand Conseil '. Le duc s'engageait , pendant Tannée qui suivrait son élargissement, à ne point porter les armes contre Henri VI, et à s'employer de tout son pouvoir à la conclusion d'une paix finale et perpétuelle entre la France et l'Angleterre. En cas de réussite , il serait remboursé de la somme payée par lui ; en cas d'insuccès , il devrait se reconstituer prisonnier dans un délai de quarante jours, et restitution lui serait faite de ce qu'il aurait versé. Aucune des conditions qu'il avait été question d'imposer au duc n'est stipulée dans l'acte. Gela montre bien que, pour le gouvernement anglais, réduit aux abois et ne sachant plus à quel expédient recourir, il s'agissait avant tout d'une question d'argent '.
Les princes ne tardèrent pas à envoyer leurs cautions : celle du Dauphin porte la date du 23 juillet ; celles des ducs de Bretagne et d'Alençon , des comtes de Vendôme et de la Marche sont du même mois ^. En dehors des cautions stipulées dans le traité, d'autres engagements furent souscrits par la duchesse de Bourgogne , le comte de Nevers et le comte d'Étampes ^
Tandis que ces arrangements étaient pris en Angleterre , le chancelier de France et le comte de Dunois résidaient toujours à Saint-Omer, où ils étaient en relations suivies avec la duchesse de Bourgogne *. Isabelle avait établi sa résidence à
1. Rymer, ï. V, part, i, p. 81 et 83. Cf. Archives, K 65, n" 15-15*.
2. Celaient le chancelier (10,000 saluts), Tarchevéque de Narbonne (6,000), le comte de Tancarville (6,000), le seigneur de Maillé (i.OOO), le seigneui* de Lohéac (4,000).