‹ Histoire de Charles VIIChapitre 123 sur 340 · Idem · texte numérisé non relu

Idem

3. Le Roi annonçait en même temps renvoi de deux de ses ofQciers, chai^^ 'de pe> ccvoir cette somme et de la lui apporter dans le plus bref délai. Archives de Reims.

4. Extrait en bref de ce qui s'est passé à Senlis de i440 à 1494, par Mallet, dans Beruier, Monuments inédits, p. â3.

5. Le 30 juin, par lettres délivrées à Rouen, au nom de Henri VI , on ordonnait de se procurer promptement dans la vicomte de Rouen huit charettes bien attelées pour aller à Pontoise. Teulet, Archives de France, p. 470.

6. C'est ce qu^affirme Monstrelet (p. 11); Berry, il est vrai, ne parle pas d*un retour offensif de Talbot avant sa venue en la compagnie du duc d*York ; mais Jean Chartier dit (t. II, p. tf) que les Anglais ravitaillèrent Pontoise à cinq reprises, et Groel mentionne aussi (p. 392) ces retours offensifs.

7. Par lettres du 2 février 1441, Henri VI avait autorisé à mettre en monnaie, vendre ou engager tous les joyaux de la couronne pour le paiement de l'armée ; les t3 février et 16 mai le duc d'York obtenait Tordre de lui délivrer Tartillerie dont il avait besoin,

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rut enfin : il débarqua à Harfleur, avec son armée \ dan» les premiers jours de juillet, et se dirigea sur Rouen. Ayant opéré sa jonction avec Talbot et rassemblé ce qu'il y avait de meilleures troupes en Normandie*, il s'avança par le Beauvaisis. Talbot commandait Tavant-garde, composée de huit à neuf mille combattants, et ne tarda pas à arriver à Hérouville. Le duc vint se loger à Ennery, et y passa trois jours. On put, une fois de plus, sans rencontrer, d'obstacle, ravitailler la ville et y faire entrer des troupes fraîches '.

Non content de cet exploit, le duc d'York ne craignit pas de provoquer le Roi à une batuille rangée. Mais Charles VII n'était point disposé à tenter le sort des armes; c'était, chez lui, un système bien arrêté*. Retranché dans des positions jugées inexpugnables, il n'entendait pas renoncer à cet avantage'; il savait d'ailleurs, que l'ennemi, dénué de vivres, ne pouvait tenir longtemps la campagne; au lieu de s'exposer aux chances incertaines d'une bataille, mieux valait poursuivre le siège et garder les passages de l'Oise, afin d'empêcher l'armée anglaise de franchir cette rivière. I^e Roi prit aussitôt ses mesures : le connétable fut investi du commandement de toutes les forces réunies devant Pontoise ; le comte de la Marche fut envoyé au sud, pour occuper la ligne s'éten4ant de Pontoise à

conformément aux articles présentés par lui et à Tçndenture passée entre le Roi et lui le 13 mai. Proceedings , etc., t. V, p. 132, 133-34, U5-46. Cf. Stevenson, t. II, p. 463, et [605].

1 . Ttiomas Basin révalue à dix mille hommes ; ce chiffre parait exagéré.

2. C'est à Jusiers que rendez-vous fut donné aux ^en^ de guerre. Leurs montres furent passées le 13 et 14 juillet. Archives, K 67, n" \^^\ Montres, XIII, n»» 1528 et 1529. — 11 résulte d*un document émané de Talbot que le mouvement en avant dut commencer le 15 juillet. Ms. fr. 26068, n^ 4340. .

3. Monstrelet , t. YI, p. 12 ; Chartier , t. Il , p. 22 ; Gruel , p. 392. — Le 18 on passe à Pontoise les montres des gens d'armes et de trait de la retenue du seigneur de Faucombcrge, sous les ordres du duc d'York. Archives, K 67, n»» i^. — Sur le ravitaillement de Pontoise etdeTarmée du duc d'York, voir Pièces originales , 504 : Breto.x, n» 18 ; Idem, 2051 : xMorhier, n» 24; Ms, fr. 26068, no» 4333', 4335, 4338, etc.; Ms. fr. 26069, n* 4588.

4. Le chroniqueur officiel Jean Chartier émet à ce propos une théorie qui paraît avoir été celle de Charles VII : « Donner bataille aux Angloiz ou autres estrangiers est une très périlleuse chose , et est principallement ce que eulx requièrent , et qu'on ne doit jamaiz bailler à son ennemy ce qu'il demande (t. II , p. 14). 3

' 5. Voir Chartier, t. II, p. 23; Monstrelet, t. VI, p. 13. Thomas Basin loue cette tactique (t 1, p. 140) : c Sed Anglorum impetus sagaci patientia déclinantes, in suis manebant castris. »

Conflans-Sainte-Honorine ; le comte de Saint-Pol.fut chargé de protéger au nord le cours de TOise jusqu'à Llsle-Adam ; enfin le comte d'Eu eut mission d'opérer au-dessus de L'Isle-Adam^

dans la direction de Greil : il emmena avec lui La Hire, Saintrailles, Brezé, Ghabannes, Panassac, Floquet, tout ce qu'il y avait de « mieux à cheval » parmi les capitaines *.

Il était d'une extrême importance de retenir le duc d'York sur la rive droite de l'Oise', car, cette rivière une fois franchie, les assiégeants se trouvaient pris à revers, et leur situation n'était plus tenable ; d'autre part, l'Ile de France était ouverte à l'ennemi, et Saint-Denis sérieusement menacé.

Quatre jours après son arrivée, l'armée du duc d'York s'ébranla, et se porta au nord dans la direction de Chambly ; elle était munie de petits bateaux de cuir et de bois, ainsi que de tout le matériel nécessaire pour établir un ppnt*. Une fausse attaque fut dirigée contre Beaumont, et, tandis que les troupes du comte d'Eu se groupaient sur ce point, les Anglais, filant pendant la nuit le long dei l'Oise, vinrent tenter le passage en face de l'abbaye de Royaumont. Floquet était chargé de la garde de la rivière de ce côté ; mais , par une inconcevable négligence , personne ne faisait le guet. Trois ou quatre Anglais passèrent sur un batelet ; ils fixèrent une corde d'une rive à l'autre ; par petits groupes , l'armée traversa ainsi. A ce moment survinrent les gens de Floquet ; en vain se jettèrentils sur l'ennemi ; ils se firent tuer inutilement : au premier rang périt Guillaume du Ghastel , neveu de Tanguy et parent de l'amiral de Goëtivy. Gharles VII accorda plus tard à ce vaillant capitaine l'honneur de reposer à Saint-Denis '.

Le mal était désormais sans remède ; il ne restait plus qu'à informer le Roi du passage de l'armée. A la première nouvelle, le connétable sauta à cheval et se porta sur TIsle-Adam. Là il apprit que toute l'armée anglaise avait franchi l'Oise, et re-

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