‹ Histoire de Charles VIIChapitre 124 sur 340 · Gruel,'p. 392. Cf. Monstrelel, t. Yl, p · texte numérisé non relu

Gruel,'p. 392. Cf. Monstrelel, t. Yl, p

2. Voir à ce sujet des lettres de Simon Morbier, données à Mantes le 3 août. Ms. fr. 26068, n» 4339.

3. Monstrelet, t. M, p. 13-15; Cruel, p. 392; Berry, p. 41i-15. — Cuillaume do Qiastel était bien vu du Roi : en mai U37, il lui avait fait don d'un cheval. Voir nne quiltancc du 28 mai li37 : Pièces originales, 200 : Dasiui.vc.

broussa chemin. Il fallait maintenant pourvoir à la sûreté de Tarmée. Quittant l'abbaye de Maubuisson, le Roi et le Dauphin vinrent passer la nuit à la bastille Saint-Martin, afin de « conforter » leurs ^ens, et de présider au ravitaillement. Une grande partie de l'artillerie fut menée dans la bastille ; en même temps un détachement fut envoyé pour garder Saint- Denis. Le lendemain le Roi revint à Tabbaye de Maubuisson ; il « fit du vaillant, » dit un peu ironiquement Gruel, Técuyer du connétable, et demeura le dernier; puis emmenapt le gros de son armée et laissant dans la bastille Saint-Martin l'amiral de Coëtivy avec un important contingent, il prit le chemin de Poissy *.

Le Roi n'avait pas plutôt abandonné l'abbaye de Maubuisson, que le duc d'York y arriva. Il s'installa dans le logis royal et trouva encore des provisions qu'on n'avait pas eu le temps d'enlever. Il y passa trois jours, faisant rétablir les communications entre la ville et la rive gauche de TOise, réparer le pont, et reconstruire le boulevard. Talbot alla camper entre Pontoise et Conflans, afin de surveiller les mouvements de l'armée royale. Les Français restés dans la bastille s'attendaient d'un instant à l'autre à être attaqués, et se tenaient prêts à opposer une vigoureuse résistance ; mais tout se borna à de vaines menaces et à de légères escarmouches ^.

A peine installé à Poissy, le Roi envoya chercher des vivres à Paris, et fit diriger un premier convoi vers la bastille Saint- Martin. La rive droite de l'Oise était libre : le connétable, Floquet et Jean de Brezé purent faire passer le convoi sans entrave. Mais Conflans se trouvait menacé par le mouvement en avant de Talbot : dès le lendemain , le Roi s'y porta de sa personne, et s'occupa de fortifier la place. Puis il retourna à Poissy. Deux jours après il fit partir un nouveau convoi de vivres pour Saint-Martin. Le prévôt de Paris, Ambroise de Loré, avait amené ce convoi par la Seine jusqu'à l'embouchure

1. Monstrelet, t. VI, p. 15-16; Berry, p. 415; Grael, p. 393. Thomas Basin loue le Roi de n*aToir pas cherché à résister aux Anglais : « Declinans sapicnter illius Angtorum exercitas occursom. i» Cf. Ctiartier, t. II , p. 23.

i. Monstrelel, p. 11-18.

de roise. Passant à travers les bateaux montés par Tennemi, il réussit à débarquer ses vivres sur la rive droite de la Seine : là on les plaça sur des chariots, et, sous l'escorte d'un corpsde troupes commandé par le connétable , le comie de Saint-Pol et Saintrailles , on parvint sans encombre jusqu'à la bastille.

Cependant, ce jour-là même, le duc d'York se disposait à traverser l'Oise. Il ^vait quitté la veille l'abbaye de Maubuisson, et était venu rallier le corps de Talbot. A la nouvelle du passage du convoi sur la rive opposée, les Anglais, occupés à jeter un pont à Neuville, non loin d'Éragny, se hâtèrent de traverser la rivière et se lancèrent à la poursuite des Français; mais, parvenus au sommet d'une colline, ils purent apercevoir le convoi qui entrait dans la bastille. Pendant ce temps le corps de troupes qui gardait le pont de Neuville ne fut pas plus heureux. Ambroise de Loré, monté sur le navire armé en guerre qui l'avait amené de Paris , s'était engagé dans l'Oise avec le dessein de gagner la bastille Saint-Martin. Il tomba sur les Anglais, et, dans un combat qui ne dura pas moins de deux heures , leur infligea de sérieuses pertes *.

Un siècle plus tard, le cordelier Taillepied célébrait le Vexin comme le pays le plus commode au monde pour « l'entretenement de la vie humaine*. » Au temps du siège de Pontoise, il était loin d'être dans cet état florissant. Le duc d'York n'avait pas de quoi nourrir son armée ; ses troupes mouraient de faim'; aussi ne songeait-il qu'à regagner Rouen. C'est en vain que Talbot lui conseilla d'occuper le confluent de la Seine et de l'Oise, tandis qu'un détachement irait passer la Seine à Mantes et viendrait surprendre Charles VII à Poissy, de façon à le placer entre deux feux. Talbot, à la tête de mille chevaux,

1. Chartier, t. II, p. 23-25; Monstrelel, t. VI, p. 17; Berry, p. 415.

2. te Bref (comme je doibs dire) il n*y a pays au inonde plus commode à l*eDtretenement de la vie humaine, tant pour la sérénité de Tair que pour Tabondance des vivres qui y sont quand il court bon temps, b Réimpression des Antiquités de la ville de Pantoise, p. 67.

3. A tel point que, quand les Anglais revinrent à Rouen, les hommes avaient le visage tellement hâve, les dievaui avaient une telle maigreur qu'on reconnaissait à première vue ceux qui avaient fait la campagne, c De là, dit Thomas Basin (t. I, p. 142)^ le dicton normand : // a l'air de venir de Pontoise. »

exécuta le mouvement tournant : le lendemain matin il arrivait aous les murs de Poissy. Instruit par ses courriers , une heure auparavant , Charles YII se lève à la h&te et sort de la ville avec une faible escorte. Il suit la rive de la Seine jusqu'au confluent de roise. Là, par bonheur, le passage était libre, et le Roi put gagner Gonflans sans encombre. On raconte qu'en pénétrant dans l'abbaye de Poissy, Talbot trouva le lit du Roi encore chaud. Furieux de sa déconvenue, le capitaine anglais fit livrer le monastère et la ville au pillage ^

Tandis que le duc d'York regagnait Rouen , où il rentra le l*^ apût*, le Roi alla s'établir à Saint-Denis, et tint conseil. Fallait-il ou non poursuivre le siège de Pontoise î Plusieurs étaient d'avis de renoncer à reprendre les opérations. Le Roi était toujours plein d'ardeur. De Saint-Denis, le 2 août, il écrivit aux habitants de Reims de lui envoyer, dans la huitaine, des arbalétriers et des coulevriniers^; il s'adressa également aux autres villes de la contrée*. Vers le IS, il se, rendit à Gonflans, où il fit constniire un pont sur la Seine pour communiquer avec une île située en face de cette ville ; un autre pont, protégé en tête par des fossés et par un fort, fut établi pour faciliter les arrivages de la capitale. Toutes les troupes qu'on faisait venir de divers côtés étaient concentrées à Gonflans ^

Gependant les Anglais n'abandonnaient point la partie : une armée fut réunie à Elbeuf le 16 août, et Talbot ne tarda point à reparaître*. Il s'avança jusqu'à Vigny, à peu de distance de Meulan. Le connétable, les comtes d'Eu, de la Marche, de Saint-Pol et de Vaudemont se portèrent de ce côté et vinrent

1. Cet épisode est relaté par Thomas Basin. Cf. Berry et Ghartier. ^

2. Cette date est donnée par M. de Beaurepaire : les États de Normandie , p. 76.

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