‹ Histoire de Charles VIIChapitre 125 sur 340 · Monstrelet, t. VI, p · texte numérisé non relu

Monstrelet, t. VI, p

6. Le 10 août des lettres de Henri VI, données à la relation du duc d*York, et adressées au vicomte d*Âuge , prescrivaient de faire publier que tous marchands et autres vinssent en toute bâte i Rouen avec bœufs, vaches, moutons, pourceaux, etc. (Archives, K 67, n* i^). D'autres lettres du même jour convoquaient tous les gens de guerre à Elbeuf pour le i6 août (id,, n» i^. Les montres furent passées à Pont-de-rArche les 20 et 22 août. Voir Archives, K 67, n» 1», 1», 1^*; Ms. fr. 26427. n»» 153 et 154 ; 26068, ii« 4352 ; Montres, Xlll, n» 1530-32; Pièces originales, 2051 : Morhier, n» 19.

camper à deux kilomètres. Mais, dans la nuit, Talbot délogea sans bruit , traversa la Viosne et gagna Pontoise. Ne trouvant plus personne devant eux , les chefs de l'armée française durent rebrousser chemin. Les assiégés furent ravitaillés pour la quatrième fois, et reçurent pour capitaine le sire de Glifton , avec un millier de combattants *.

Monstrelet nous dit qu'à ce coup le Roi fut « moult troublé. » Dans son armée , des désertions se produisaient : les gens de guerre « s'en alloient et se débandoîent l'un après Tautre. » Fatigués d'une lutte dont ils ne voyaient point l'issue , le comte de Saint-Pol et le comte de Vaudemont se retirèrent ; le comte de Joigny et l'évêque de Langres s'éloignèrent à leur tour *. D'autre part, les moqueries populaires n'épargnaient pas l'armée : c'était, dans la capitale, une pluie "de quolibets : « Partout, disait-on, où les Français se trouvent trois contre un, ils ne manquent pas de lâcher pied '. » Mais Charles VII demeurait inébranlable. Il sentait bien que la retraite serait pour lui un déshonneur; il n'ignorait pas, d'ailleurs, que, dans le parti des mécontents, on n'attendait qu'une occasion pour relever la tête *. Après avoir de nouveau consulté son Conseil, et conformément à l'avis des plus lîdèles, le Roi déclara que le sièg'e serait repris et poussé avec vigueur.

Jean Bureau, à la tête des nombreux artilleurs dont on disposait encore, se mit à l'œuvre. De Conflans, le Roi venait chaque jour animer ses gens par sa présence , diriger lui-même le tir, présider aux travaux d'approche '. Il s'avançait parfois jusque sous les murs ; en le voyant s'exposer de la sorte, plusieurs le supplièrent de se retirer en son logis ; le Roi s'y re-

1. Chartier, t. II, p. 25; Monstrelet, t. VI, p. 18.— Les 22, 23 et U aoat, le sire de Scales et d^autres capitaines donnaient des reçus pour des setiers de blé , des bœufs, etc., devant servir à Talimentation de la garnison. Ms. fr. 26068, no* 1354, 55, 57 et 58.

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