Rymer, l. V, part, i, p
évèque de Saintes; Jean Jouvenel, évêque de Beauvais; Guillaume de Champeaux, évoque de Laon. Ce n'est pas sans étonnement que , parmi les seigneurs auxquels ce sauf-conduit est donné, on rencontre le nom de Georges, sire de la Trémoille , ainsi qualifié : « conseiller de nostre dit adversaire de France*. » Le mois suivant, de nouvewx sauf-conduits sont délivrés au duc et à la duchesse d'Alençon , et à des seigneurs de leur suite , pour se rendre à l'assemblée qui doit se tenir sur les marches de Calais \ Enfin, le 28 juin, les ambassadeurs du comte d'Armagnac reçoivent également un sauf-conduit pour se rendre en Angleterre ^
Quelle est la signification de ces actes ? Comment expliquer Tapparente contradiction qui existe entre certains d'entre eux et la déclaration de la chancellerie royale ? Nous croyons qu'en tout ceci le Conseil d'Angleterre agissait sous l'impulsion de la diplomatie bourguignonne. C'est elle qui tient les fils et qui , par tous les moyens dont elle dispose, tend à un but caché, connu seulement d'un petit nombre d'initiés.
Un revirement complet s'était opéré dans l'attitude du duc de Bourgogne. Ce n'était plus le tempes où la duchesse Isabelle prenait résolument le rôle de médiateui* et s'employait de tout son pouvoir à conclure la paix entre la France et l'Angleterre. Si la conférence du l"»* mai 1440 n'avait point été tenue, c'est qu'elle voulait traiter séparément raff*aire de la délivrance du duc d'Orléans. Ce résultat obtenu et ce prince ainsi conquis à Talliance bourguignonne , elle était moins pressée de voir se rouvrir les négociations. Au lieu de se mêler, comme autrefois, à des conférences ayant pour objet la conclusion d'une paix générale , elle se préparait à traiter séparément avec l'Angleterre. Nous avons des lettres de Henri VI, en date du il juillet 1441 , par lesquelles il nomme des commissaires — et ces commissaires sont les mêmes que ceux qui avaient été désignés