Brequigny, 82, f
2. Ce joar-là il donna deux sauf-conduits à Raoul de la Moussaye et à Roland de Carné, serviteurs du duc de Bi-etagne, qu*il envoyait vers le Roi et ailleurs. D. Horice, t. II, col. 1346.— On voit par les Registres des comptes de Tours (vol. XXVIÎI, f. 52 v») que le duc avait traversé Tours avant le 25 février.
9. Qriginal signé et scellé, aux Archives nationales, K 66, n« 17. i. Deux originaux simplement scellés, aux Ai-chives de la Loire-Inférieure, £ 121, et aux Archives nationales, K 66, n» 15.
5. Original signé et scellé, aux Archives de la Loire-Inférieure, E 121.
6. Original signé et scellé, aux Archives delà Loirp-lnférioure, E 121.
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6 mars , et comprenait le duc de Bourbon dans l'alliance conclue entre les princes *.
Une ambassade du duc de Bretagne partit pour faire connaître au duc de Bourgogne ce qui avait été conclu à Nantes*. De son côté, le duc envoya son roi d'armes Toison d'or porter au duc de Bretagne le collier de son ordre ; Toison d'or devait visiter au retour le duc d'AJençon et le duc d'Orléans '.
A la fin de juin, au moment même où le connétable, le comte du Maine et d'autres princes du sang faisaient noblement leur devoir devant Pontoise, en compagnie du Roi, le duc d'Orléans quittait de nouveau son château de Blois. Du fond de la Hollande, le duc de Bourgogne lui avait envoyé plusieurs messages*. De Laon, puis de Saint-Omer, la duchesse de Bourgogne n'avait cessé de correspondre avec lui *. Charles d'Orléans se dirigea encore une fois vers la Bretagne : le 2 juillet il était à Rennes ; il se rendit à Ploermel, où se trouvait Jean V, et revint à Rennes
1. CoQsidéraot que le duc de Bourbon sïlait allié avec les princes médiateurs et avait promis d'approuver tout ce qui serait fait par eux, le duc de Bretagne déclarait que, € pour le granl désir et entière afftiction i> quUl avait au bien de la paix, il s'engageait à « tenir tout bon chemin fermement , sans départir, en la conduite et bien dMcelle paix avec les(jiz beaux frères et nostre dit beau cousin de Bourbon ainsi ajoint avec eux et nous, comme dit est, à la louange et gloire do Dieu, Thonneur de mon dit seigneur (le Roi) proufit et utilité dcsdiz royaumes et de tout le peuple crestien ; » il ajoutait que si quelqu'un voulait porter dommage à ses dits beaux-frères et au duc de Bourbon, ou àTun d'eux, ou à leurs possessions, ou à leurs adhérents et alliés, il Tempécherait, et leur donnerait assistance « contre tous ceux qui peuvent vivre ou mourir. » Enfin, le duc promettait de ne faire d'autre alliance avec personne sans le consentement de ses dits beauxfrères et amsins. D. Morice, t. Il, col. 1327. — L'original, qui était parmi les titres du Bourbonnais (P 1359', cote 645), est en déficit. Voir Titres de la maison ducale de Bourbon, t. II, norjess.
2. Le duc d'Orléans ne tarda pas à quitter Nantes ; il y était encore le 8, jour où il reçut en prêt de l'évéque Jean de Malestroit '3,000 réaux , qu'il s'engagea à rendre à la Toussaint. Ms. fr. nouv. acq. 3642, n» 801.
3. Le 4 mai. Toison d'or allait du Quesnoy porter à Saint-Omer aux ambassadeurs du duc de Bretagne des lettres de la duchesse. Il remplit ensuite l'autre partie de sa mission, et revint le 8 juillet. Archives du iNord, B 1972, f. 87 et 109.
4. Le duc envoyait en toute hâte, de Middelbourg, le 17 mars 1441, porter des lettres closes au duc d'Orléans , à Blois ou ailleurs , a pour aucunes choses secrètes, s Le 23 mars, Bertrand, roi d'armes d'Artois, partit de Middelbourg, chargé d'un message pour le duc. Archives du Nord, B 1972, f. 81 v» et 126 vo.
5. La duchesse avait reçu à Laon, le 15 avril, le rapport de Bertrand ; elle le renvoya aussitôt à Blois vers le duc (/d., ibid., f. 127). II avait été question d'un voyage do duc d'Orléans vers la duchesse, car, au mois d'avril, un chevaucheur allait à Amiens donner au sire de Saveuses l'ordre de se mettre en armes pour aller au-devant du duc (M., ibid., f. 87). Le 28 mai, Bertrand repartit de Saint-Omer, avec lettres closes de la duchesse an duc d'Orléans, « toucliant (certaines matières secrètes (f. 97 v®). »
202 HISTOIRE DE CHARLES Vil. 1440
' en sa compagnie. Le duc d'Orléans séjourna dans cette ville jusqu'au l^*" août, défrayé de toutes ses dépenses*. Bientôt arrivèrent le comte de Dunois, le comte de Vendôme et le duc d'Alençon. Un envoyé de la duchesse de Bourgogne était accrédité près de Charles d'Orléans, et ne le quittait pas*. Les princes s'étaient mis en rapport avec le duc d'York, lieutenant général du roi d'Angleterre en France : on attendait un messager de ce prince, le roi d'armes Garter, qui était annoncé depuis quelque temps. Aussitôt sa venue, les princes tinrent conseil. Puis ils se dispersèrent. Le duc d'Alençon resta seul à la cour de Bretagne; le duc d'Orléans, passant par Château- Gontier, La Flèche et Villedieu, retourna à Blois, en attendant le moment où, de concert avec les autres princes, il se rendrait près du duc de Bourgogne '.
Le duc de Bretagne était en relations continuelles avec le duc d'York et la cour de Westminster. Le duc et la ductesse de Bourgogne avaient deux ambassadeurs en Angleterre ^ Le duc d'Alençon, à son tour, entra en pourparlers avec les Anglais. Lui, le prisonnier de Verneuil, le compagnon de Jeanne d'Arc, le prince que l'héroïque Pucelle entourait de ses prédilections et appelait son beau duc, il ne craignit pas de s'aboucher avec les ennemis du royaume et de s'engager dans une voie qui menait droit à la trahison !
Un document en date du 21 juillet, sans indication d'année, mais qui, évidemment, se rapporte à 1441 , ne peut laisser de doute à cet égard. Dans une lettre au chancelier d'Angleterre*,
1 . Ces dates nous sont fournies par des comptes qui se trouvent dans le dossier Orléans {Pièces originales ^ 2158, no> 548-51), et qui sont reproduits en partie dans Touvrage de M. A. Champollion , Louis et Charles d! Orléans, t. Il, p. 339*^.
2. Bertrand, roi d'armes d* Artois, fut renvoyé, le 7 juin, de Saint-Omer vers le duc d*0rléans à Rennes. Il fut employé dans cette mission jusqu'au 31 août. Archives du Nord, B 1972. f. 127.
3. C'est ce qui résulte de la réponse du duc d'York, en date du 5 septembre, citée plus loin, et d'une lettre du duc de Bourgogne, en date du 26 août, recommandant à Robert de Saveuses, alors à Coucy, de Taviser de la venue du duc d'Orléans. Archives du Nord, B 1972, f. 111.
4. Le 29 juillet 1441, Robinet de Vaulx, chevaucheur de l'écurie du duc, partait de Bruxelles pour porter des lettres closes du duc et de la duchesse à Henri Utenhove et Toison d'or, alors en Angleterre, « pour certaines matières secrètes, n et rapporter réponse Archives du Nord, B 1972, f. 104.
5. Le chancelier d'Angleterre était alors John Staffoid, évéque de Bath. Voir Procee- (lings and ortlinances , t. \\passim.
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le roi d'armes Garter * raconte que , descendant la Seine de Rouen à Honfleur , en se rendant , de la part du duc d'York , à la cour de Bretagne , il croisa plusieurs bateaux chargés de vivres. De l'un de ses bateaux s'éleva une voix : « Garter est-il à votre bord? » — « Oui, » répondit-on. Mais le temps était si mauvais, le vent tellement violent qu'il ne fut pas possible d'entamer une conversation : les deux bateaux continuèrent leur route, cinglant, l'un vers Honfleur, l'autre vers Rouen.
Sur ce dernier navire se trouvait un poursuivant du duc d'Alençon , chargé par son maître de conférer avec le héraut anglais. La nuit suivante, ce poursuivant envoya un message à Garter pour le prier de l'attendre , soit à Honfleur, soit à Gaen. Dès qu'il eut pu le joindre , il lui fit la communication suivante. Le duc d'Alençon avait appris , de source certaine, que le donjon du château d'Argentan était au moment d'être livré par trahison aux Français , ainsi que plusieurs autres places de Normandie. Le duc avait fait partir en toute hâte son poursuivant pour en donner avis au cardinal de Luxembourg; mais, auparavant, le messager avait passé par Argentan pour prévenir le capitaine et lui donner les noms des traîtres qui devaient livrer le château , lesquels avaient été emprisonnés. « Et par ainsi, monseigneur, ajoutait Garter en rapportant le fait au chancelier d'Angleterre, ce doit estre remercié ledit duc d'Alençon , qui veult ainsi complaire au Roy *. »
Garter donnait ensuite des détails sur les dispositions in duc d'Orléans. D'après le poursuivant , ce prince et tous les autres seigneurs n'attendaient pour agir que la venue de Garter : « Et semble, disait le héraut, puisque ces seigneurs se tiennent ensemble, que ne veulent point de guerre. » Garter ajoutait que Jean d'Étampes et le héraut Bretagne venaient de traverser la Seine à Honfleur, se rendant près du duc de Bourgogne.
Le roi d'armes de l'ordre de la Jarretière, en écrivant au chancelier d'Angleterre,, et en le mettant si bien au courant des
i. Le roi d'armes Garter se nommait John Smert. Stevenson, t. Il, part ii, p. 569.
2. M. Stevenson, qui a publié ce document d'après le ms. fr. 4054, n» 13, avec la date fautive de 1447, placée en marge, a lu ici: a Et par ainsi, monseigneur, ce droit est, remercie, )> etc. Nous avons rectifié le texte d*aprèsle manuscrit.
intrigues des princes, ne se doutait guère de la destination réservée à sa missive. Elle fut interceptée, et, au lieu de Tévêque de Bath, ce fut Charles VII qui rouvrit. Le Roi en fit faire aussitôt, par le capitaine de sa garde écossaise, Nicole Ghamber, une traduction dont nous avons encore l'original , certiflé par le notaire Adam Rolant *.
On s'explique pourquoi le roi d'Angleterre montrait tant de bienveillance à Tégard du duc d'Alençon, et le traitait comme s'il eût été un prince de sa maison^.
A peine le duc d'Orléans eut-il pris congé du duc de Bretagne, que celui-ci fit partir un de ses chambellans, chargé de rendre compte au duc dTork de ce qui se passait, et de lui exposer « l'entier vouloir qu'il avoit au bien de la paix, à rhonneur du Roy (d'Angleterre) et au bien des royaumes de France et d'Angleterre. » Le duc priait le lieutenant général de Henri VI en France , de lui prêter main forte , ainsi que Garter lui en avait apporté l'assurance, si « aucuns de ceux qui sont devers l'adversaire du Roy vouloient porter dommage à ses pays et à ses sujets, » et de prendre par lettres des engagements à cet égard. Le duc demandait les mêmes garanties pour le duc d'Alençon .
Le duc d'York , à la date du 5 septembre , répondit aux requêtes du duc de Bretagne : pleine satisfaction lui était accordée sur tous les points *.
Le même jour, le gouverneur anglais fit délivrer , au nom de son maître, un sauf-conduit au duc de Bretagne pour se transporter en Normandie, en compagnie du duc d'Alençon, et aller jusque dans le Calaisis au lieu où devait se tenir la convention pour la paix *.
L'ambassadeur du duc de Bretagne, auquel avait été adjoint un envoyé du duc d'Alençon, séjourna à Rouen du 21 août au 5 septembre*. On était alors, au sein du conseil anglais, dans les