‹ Histoire de Charles VIIChapitre 134 sur 340 · Quittance du 5 octobre, citée dans la note suivante · texte numérisé non relu

Quittance du 5 octobre, citée dans la note suivante

2. Lettres de Henri VI du 7 septembre 1441, données à la relation du duc d*York ; Quittance de Jean de Rinel, en date du 30 septembre; Quittance notariée du pom*suivant d'annes Graville , en date du 5 octobre; Quittance de Walter Colles, du 17 septembre. Ardiivos, K 67, n" 1« et l^^; Bibl. nat,, Ms. fr. 26068, n« 4406; Pièces originales, 818 : Cou.ES.

Or, entre ces deux dates, le 19, on Ta vu, Pontoise était tombé aux mains de Charles VIL Cet événement, qui, au point de vue militaire, avait une si haute importance, portait en même temps un coup funeste aux intrigues des princes, et rendait fort problématique la réunion de la conférence , fixée au 1*"* novembre , à laqu'ello devaient prendre part les ducs de Bretagne et d'Alcnçon.

Malgré le refroidissement survenu entre les cours de France et de Bourgogne, les relations n'avaient pas été interrompues K Sur ces entrefaites fut mis en avant un projet d'alliance qui, en rapprochant les maisons d* Anjou et de Bourgogne, aurait pu améliorer les rapports de Charles VU avec son puissant vassal. Déjà, en février 1437, par le mariage de Jean d'Anjou, duc de Galabre, avec Marie de Bourbon, conclu sous les auspices du duc de Bourgogne, un premier pas avait été fait dans cette voie. Maintenant il s'agissait de faire épouser à Charles d'Anjou, comte du Maine, la propre nièce du duc Philippe, Marie de Gueldres. Le chancelier de France et Jean d'Aulon, écuyer d'écurie du Roi, se rendirent au commencement d'octobre à Hesdin, près du duc, et le prièrent de faire au duc et à la duchesse de Gueldres des ouvertures en vue de cette alliance*. Ces ambassadeurs avaient en outre mission de se rendre au lieu désigné pour la conférence avec les Anglais. Sur leur requête , le duc de Bourgogne envoya en Angleterre son roi d'armes Toison d'or, avec charge de prendre des arrangements à ce sujet'.

1. Dès le mois de juillet, Bernard de Gère, panelier du duc, et le héraut Ghasteaubelio furent envoyés en mission près de Charles Vn , alors au siège de Pontoise. Peu après, Hoitdescote le poursuivant partit « bastivement » de Bruxelles pour porter de nouvelles instructions à Bernard de Gère (9 août). Le 30 septembre. Bonne Querelle le poursuivant portait de Hesdin au Roi dos lettres closes. Archives du Nord, B 1972, f. 83 v«, 105 v«, 113 V» ; 1978, f. 65 v. — Le 22 août, le duc avait fait apporter de Lille à Bruxelles le traité d*Arras, m pour en besongner audit lieu de Bruxelles. » B 1972, f. 110 v".

2. Voir Preuves de la Chronique de Mathieu d'Escouchy, p. 31.

3. Le duc était alors en relations suivies avec les Anglais. Nous avons vu qu^Ulenhove et Toison d*or y avaient été envoyés. Au mois de septembre, un messager alla leur porter des instructions du duc. La duchesse avait des agents à Calais. Le 7 octobre, Toison d*or partit de nouveau pour TAngleterre, à la requête du chancelier de France et autres ambassadeurs du Roi , c touchant la continuation d'une journée qui estoit prise à la Toussaint ensuivant pour le fait du traictié de la paix d'entre France et Angleterre. » Dans le courant d'octobre, Bertrand, roi d'armes d'Artois, fut envoyé en Angleterre, de par le duc et la duchesse, «c pour aucunes matières secrètes, touchant mon dit seigneur. » Archives du Nord, B 1972, f. 113 et 123 ; Lettres du U juillet 1444, tV/., R 1983.

Toison d'or repartit de Londres le 23 novembre, et fut bientôt suivi par trois ambassadeurs anglaise

Les envoyés de Charles VU venaient à peine de quitter Hesdin quand le duc d'Orléans y arriva. Convoqué officiellement à prendre part à l'assemblée des chevaliers de la Toison d'or*, le duc, à la réception d'un nouveau message ', avait hâte sa venue. Une escorte l'attendait à la froi^tière de France ♦. Il fit son entrée à Hesdin le 28 octobre, et y resta jusqu'après les fêtes de la Toussaint*. Que se passa- t-il dans cette entrevue entre les deux princes? L'histoire ne nous apprend qu'une chose : c'est qu'il y eut entre eux « plusieurs grans et estrois consaulx sur leuxs affaires et besongnes , » et qu'il fut décidé qu'une assemblée des princes du sang se tiendrait à Nevers, au commencement de l'année suivante •.

Aussitôt après le départ du duc d'Orléans, Philippe fit ses préparatifs pour le voyage qu'il se proposait d'entreprendre. Par lettres du 6 novembre, il convoqua tous ses gens de guerre pour le 20 , à Cambrai , afin de le suivre en Bourgogne ^ En même temps, le maréchal de Bourgogne annonçait aux seigneurs de la contrée la prochaine arrivée du duc , « pour résister aux écorcheurs, » et leur donnait l'ordre de se mettre en armes *. La réunion annuelle des chevaliers de la Toison d'or fut décommandée, en raison des « grandes affaires » qui absorbaient le duc •.

i. Ces ambassadeurs étaient Steplien Wilton, Edward Grymston et William Port. Proeeedmgs and ordinances, I. V, p. 169 et 176.

t. Mandement du 6 octobre : voyage de Toiiion d*or vers les ducs d*0iiéans et d'Aleoçonet les comtes de Meurs et de Varnembourg. Archives du Nord, B 1975, f. 57 v».

3. Le 10 octobre, de Hesdin, Bertrand, roi d*armes d* Artois, allait lui porter une lettre du duc et demander la réponse. Arcliives du Nord, B 1972, f. 115 v«.

i. Voir quittance de P. Bladelin du 29 octobre Ui\. Archives du Nord, B 1974, n» 1. Cf. B 1972. f, 118.

5. Le duc repartit le 3 novembre. Voir itinéraire du duc de Bourgogne, dressé par Gachard pour cette année. Collection des voyages de* souverains des Pays-Bas, 1. 1, p. 85.

6. Monstrelet, t. VI, p. 25-26. — Le duc de Bourgogne, par mandement du 2 novembre, fit compter au duc d'Orléans une somme de mille francs. Archives du Nord, B 1972, f. 187.

"ï. Canat, /. c, p. 413.

Page 1