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Ce a'étaieat là , toutefois , pour les Bordelais , que des espérances assez loiataines. Ce qui était prochain , c'était le péril de rinvasion : le Médoc et T Entre-deux-mers étaient de plus en pli^ë menacés; Bordeaux pouvait, d'un monient à Tautre, être attaqué. Le 1°^ août, six gabares, montées par des Français, pénétrèrent dans le port et capturèrent deux navires chargés de vin et de blé \ Le 2 août , Dax fut pris d'assaut \ et le château d'Orthe, au sud de cette place, ne tarda pas à être occupé. On s'attendait à voir Charles VII marcher sur Bayonne, et, à Bordeaux, l'on ne supposait pas que la ville pût tenir au-delà de huit jours '.
Tel était évidenunent l'objectif du Roi : il voulait isoler le comte d'Armagnac et se rendre maître de toute la Guyenne méridionale. Mais , soit que la crainte d'un siège long et difficile lui ail fait abandonner ce dessein , soit que la nouvelle du désarroi qui régnait à Bordeaux l'ait décidé à se porter aussitôt vers la capitale de la Guyenne , il prit tout à coup la direction du nord. S'avançant par Agen *, Charles VII descendit la vallée de la Garonne, en faisant occuper toutes les places situées sur les rives de ce fleuve. Le 24 septembre, il vint s'établira Marmande , où il reçut la soumission de plusieurs villes. Bon nombre de seigneurs gascons vinrent lui prêter serment. Peu à peu toute la contrée redevenait française. Continuant sa marche sur Bordeaux^ l'armée royale vint le 3 octobre mettre
i. Joumaly p. 195. — Ces navires furent repris, près, de Blaye, par des gens du pays.
2. Un messager apporta à Nevers une lettre du chancelier annonçant qne c le jeodi denxiesme d*aoust la ville de Asc fut prise d*assaalt do Roy nostre sire , entre cinq et six heures après midi. » (Archives de Nevers, CC 45.) Les documents anglais donnent h date du 3, qui doit être celle de la capitulation. (Bekynton, Officiai Corrupomlenee, t. II, p. 196 et 246.) — Le comte de Foix se signala pendant ce siège et fût armé chevalier de la mam du Roi. Le Grand, VI, f. 203; Miguel del Verms, p. 597.
3. c Uift son, caUed the Dolphin, with de Gonestable and marochall de Fhuice forth with, bave leyd siège unto your cite of Baion, which as they seith raaketh theim sure lo hâve bit within vnk dayes. » Lettre des ambassadeurs & Henri VI , en date du 9 aoât. Journal, L c, p. 196. Le 24 août, Henri VI annonçait à Tabbé de Sa'mt-Edmnnsbory que Bayonne élajt assiégé. Original letters, L c.
4. L'itinéraire de Charles VII se trouve dans un compte de Jean de Ros&itinen, cou- 1 serve à la Bibliothèque du Louvre (F 158^ bis) ; ce compte a péri dans Tincendie allumé par les misérables qui, en mai 1B7t, avaient juré de détruire Paris. Nos notes nous fbnmissent les renseignements suivants : le 17, le Roi quitta Dax; le 18, il était à Nogran; le 19 i Saini-Sever ; le 20 à Casières ; le 21 à Nogarel ; du 24 au 27 à Condom ; le 29 à A|fD.
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le siège devant La Réole, qui, après plusieurs assauts, capitula le 7. Bientôt Tavant-garde parut à Saint-Loubès , à quatre lieues de Bordeaux.
Les Bordelais étaient terrifiés. Dans la ville, des divisions «intestines paralysaient la défense : Robert Roos, nommé régent par les États , voyait le maire de Bordeaux méconnattre son autorité et refuser d'obéir à ses ordres*. Le doyen de Saint- André , vivement impressionné par la gravité de la situation, déclara en plein Conseil que si Tennemî arrivait jusqu'à Bordeaux et qu'on restât avec un millier d'Anglais pour tout secours, il n'y avait plus qu'à se soumettre. On parlait d'une attaque dirigée sur Blaye*, et il ne tint point à Charles YIl que le siège ne fût mis devant cette place *.
Cependant une réaction se faisait, sur certains points, au sein même de la population, étroitement unie à la domination anglaise par de longs souvenirs , et , il fairt le dire aussi , par ses intérêts commerciaux. Dès le 24 août^, les habitante de Rayonne avaient tenté un coup de main sur Dax, dont la garnison était insuffisante, et avaient réussi à reprendre cette ville. Saint-Sever était également retombé au pouvoir des Anglais ; mais le comte de Foix, envoyé par Charles VII, avait pu sans difficulté y rétablir l'autorité royale*. L'arrivée d'Edouard HuU, débarqué à Bordeaux le 22 octobre avec un petit corps de troupes, rendit courage aux Bordelais. Le 26, sous la conduite de Robert Roos , ils entreprirent une expédition sur Saint-Loubès : la tentative , habilement dirigée , eut un plein succès. Peu à peu les Anglais reprirent l'offensive et recouvrèrent quelques places.