‹ Histoire de Charles VIIChapitre 151 sur 340 · Lettre du 20 août. L. c, p. il)8-2U · texte numérisé non relu

Lettre du 20 août. L. c, p. il)8-2U

à la tête de deux mille hommes, venait de mettre le siège devant Conches.

Robert Roos répondit le 24 août au comte d'Armagnac et à son chancelier. Dans sa lettre à Jean de Batute , il déclarait nettement que les changements survenus dans la situation étaient de nature à modifier profondément les relations entamées. D'abord lui-même venait d'être nommé régent par les Ëtats, et il était absorbé par les soins de la défense; en second lieu, il était persuadé que le roi son maître, une fois avisé du rôle actif que le vicomte de Lomagne , fils du comte d'Armagnac, prenait aux opérations militaires, ne se montrerait pas disposé à poursuivre les négociations; enfin il ne doutait pas qu*à l'arrivée du renfort attendu d'Angleterre, la première attaque ne fût dirigée contre le comte, ce qui entraînerait probablement la ruine de son pays. « Après tout ce qui a été fait et dit, ajoutait-il en substance, vous ne pouvez vous en prendre qu'à vous-mêmes de ce résultat. Si nous ne voyons point chez vous de meilleures dispositions et une conduite différente, nous renoncerons au rendez- vous projeté, et nous ne besognerons plus en cette matière ; car nous savons d*où vient le mal dont le pays a souffert ; ne pensez pas que nous commettions une si grande folie que de poursuivre notre mission dans de telles conditions. Nous profiterons du premier navire pour retourner auprès de notre souverain seigneur le roi, et nous lui exposerons ce qui s'est passé; à moins pourtant que nous n'ayons à bref délai d'autres nouvelles de votre part*.»

A la lecture de cette terrible missive , Jean de Batute fut attéré. Dans une lettre datée du 15 septembre, il répondit que son maître et lui avaient ressenti , en recevant cette communication, une peine très vive, en même temps qu'un profond étonnement; il s'efforça de justifier le comte des* injustes reproches qui lui étaient adressés , et de prouver qu'il ne pouvait être rendu responsable des événements survenus. « Je déplore de tout mon cœur, disait-il en terminant, que, cédant aux suggestions de nos adversaires , vous renonciez à accom-

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