‹ Histoire de Charles VIIChapitre 17 sur 340 · Chartier, t. II, p. 36; Monstrclet, t. VI, p · texte numérisé non relu

Chartier, t. II, p. 36; Monstrclet, t. VI, p

7. Dunois vint avec mille combattants le 29 novembre; en mars le roi envoya Tugdual de Kermoysan, chargé de prendre le commandement de tous les gens de guerre employés à la défense de la ville ; des navires bretons vinrent, par ordre du roi, apporter des vivres aux assiégés (Chartier, p. 37 et suiv. ; Monstrelet, p. 60^1). Après avoir obtenu Tagrément du duc de Bourgogne , le Roi avait sollicité des villes de Picardie une aide pour la défense de Dieppe (Instructions du duc de Bourgogne au doyen de Vergy et lettres du 24 janvier 1443 aux habitants d'Amiens); il fit charger dans le port de la Rochelle des navires pour le ravitaillement de la ville (lettres du 6 juillet 1443 et du 26 février 1444).

8. Des ûoopes eonduites au secours de Dieppe par quelques capitaines (célèbres d'ailleurs dans les fastes de Vescorcherie), furent attaquées au passage par le comte d*Étampes

HISTOIRE DE CHARLES Vil.

entre la Seine et la Somme. 11 était assisté de Dunois et de Gaucourt , et le comte de Saint-Pol lui avait amené un contingent de chevaliers picards. Dieppe fut délivrée le 14 août 1443*. Nous avons signalé déjà cette plaie de Yescorcherie , si vive et si profonde, qui faisait cruellement souffrir le royaume; nous avons montré que le ralentissement des opérations militaires, après le traité d'Arras, fut le signal d'une véritable prise d'armes des Compagnies. Dans l'année où nous sommes parvenus, le fléau avait atteint toute son intensité. C'étaient toujours les possessions bourguignonnes qui avaient le plus à en souffrir. Au mois de janvier 1443, une expédition fut dirigée contre les pay& du duc. Était-ce une simple bande de pillards obéissant à cet instinct de pillage et de meurtre devenu trop habituel ? Étaitr-ce un corps de troupes agissant avec des vues déterminées et sous l'impulsion d'une volonté plus haute? On serait tenté d'adopter cette dernière conjecture, quand on considère l'état des rapports de Charles VII avec le duc de Bourgogne, les secrètes menées du duc avec le duc de Bretagne et le duc de Savoie, le déploiement de forces dont la présence des écorcheurs ne semble avoir été que le prétexte*. Le 2 janvier 1443 on annonçait la présence des écorcheurs sur les frontières du Lyonnais et du Beaujolais ; le 17 février on disait qu'Antoine de Châbannes était au Puy avec huit mille chevaux, en marche sur la Bourgogne ; le 12 mars Thibault de Neufchastel , sire de Blamont , nommé capitaine général , passait ses montres « pour résister aux escorcheurs qui ont l'intention de passer en Bourgogne'. » Le 29 mars la place de Vimy (aujourd'hui Neuville-sur-Saône), située sur les frontières du Lyonnais et de la Bresse , et occupée par des gens du

et c destroussëes. j» Malgré les justes griefs que le comte pouvait avoir contre les écorcheurs, la chose était un peu forte. Le Roi en fut très mécontent, et fit écrire au duc de Bourgogne par le Dauphin pour s'en plaindre.

1. Chartier, t. Il, p. 39 et suiv.; Monstrelet, t. VI, p. 77 et s. ; Berry, p. 423-24; Th. Basin, t. I, p. 152-154.

2. Le 2 février 11 y eut une convocation faite à Dijon, au 8 février, a pour affaires secrètes. » Le 18 les états de Bourgogne votèrent une aide de 10,000 livres. Canat, Notes et documents, 1. 1, p. 427-28. ,

3. Canat, Notes et documentSy I. c, p. 427 et suiv., et Les écorcheurs dans le Lyonnais, p. 18^-20.

1443 ÉVÉNEMENTS miuVaihes DE 1435 A 1444. 27

duc de Savoie, tombait au pouvoir du seigneur de Beauvoir, lieutenant du maréchal de Jalognes* ; ses troupes y commirent les plus effroyables excès et ravagèrent les terres du duc de Savoie. Le duc de Bourgogne convoqua aussitôt ses gens de guerre et mit son capitaine général à la disposition du duc ; puis, comme s'il eût été atteint personnellement, il réclama près du duc de Bourbon' et porta plainte au Roi relativement à la présence des écorcheurs sur ses frontières'. Le 4 mai Vimy était occupé par les troupes de Savoie, qui achevaient la destruction commencée par les Français*. Ceux-ci s'étaient retirés sans coup férir : après avoir occupé le Nivernais ^t le Bourbonnais , ils regagnèrent la Touraine*. Les retardataires furent rappelés au mois d'août', Charles VII ayant besoin de toutes ses forces pour poursuivre énergiquement la lutte contre les Anglais.

Le Roi avait alors, paraît-il, un double objectif : les récents succès obtenus en Guyenne l'engageaient à profiter de ses avantages pour achever la réduction de cette province ; d'autre part, les conquêtes opérées en Normandie l'excitaient à pousser les hostilités de ce côté avec une nouvelle vigueur, et à s'emparer de Rouen s'il le pouvait. C'est ce qu'on redoutait à Londres, où le moindre mouvement de Charles VII était épié avec inquiétude ^

i. Mêmes sources, et Debombourg, Histoire communale de la Dombe et du Franc- Lyonnais, t. I, p. 128 et suiv.

2. Lettre du 6 avril au duc de Bourbon, indiquée dans Ganat, p. 432.

3. c Mondit seigneur de Bourgoingne a entendu que le mareschal de Jaloingne, Antoine de Chabannes, Floquet, et autres routes (routiers) et compaignons eulx disans du Roy sont en voulenté et propos de briefmenl venir en ses pays de Bourgoingne pour y vivre, et les grever et dommager. v Instructions an doyen de Vergy. Collection de Bourgogne, 99, p. 928.

A, Debombourg, l. c, p. 128. Il y avait encore à Vimy des commissaires du Roi, qui en furent cbassés par les troupes de Savoie et de Bourgogne.

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