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Quatorze enfants furent le fruit de cette union

i. 4 février 1436, mai C?)1437, 7 septembre 1438.

Guyenne, elle se rend dans le midi ; elle revient en compagnie du Roi et fait son entrée à Limoges le 28 mars 1443, entourée d'un brillant cortège de dames ; elle vient ensuite s'établir à Tours, où, le l^*" décembre 1443, elle accouche d'une fille.

Que s'était-il passé pendant ce séjour dans le midi? Charles VII était venu rejoindre la Reine à Montauban, où il arriva le 23 décembre 1442; de là, il se rendit avec elle à Toulouse (28 février 1443). C'est alors qulsabeUe de Lorraine parut pour la première fois à la Cour. Ayant quitté Naples lors des premiers désastres de son mari (août 1440), elle avait séjourné d'abord en Provence, puis en Lorraine, et était venue retrouver René quand ce prince, forcé de quitter Naples, avait débarqué en Provence \ Le roi René s'empressa de venir saluer le Roi à Toulouse*; il l'accompagna dans son voyage jusqu'à Poitiers (8 avril-25 mai). Quant à Isabelle, elle prit le chemin de l'Anjou; le 16 avril elle était à Saumur'. Quelques mois plus tard (septembre), Charles VII arrivait dans cette ville, où il séjourna jusqu'au milieu de février 1444. De là il se rendit à Angers, puis à Tours. C'était le moment où se négociaient la trêve avec l'Angleterre et le mariage de Marguerite d'Anjou.

Il résulte de ces faits : 1® qu'il ne peut être question de la liaison avec Agnès Sorel pendant l'absence de la reine Isabelle et son séjour en Provence et en Lorraine, de 1435 à 1442; 2^ que c'est au mois de mars 1443 qu'Agnès Sorel, si elle était alors parmi les filles d'honneur de la reine Isabelle, put faire à la Cour sa première apparition; 3° que sa liaison avec le Roi

1. IjC 5 avril 1441, revenue avec une commission do roi René lui conférant la Ueutenance générale et le gouvernement dans les duchés de Bar, de Lorraine et d*ÂnjoD et le comté de Provence, la reine Isabelle était à Tarascon (Lccoy de la Marche, le roi René y t. 1, p. 251); le 19 octobre 1441 , elle arrive à Nancy, où elle reste jusqu'au 10 janvier (Recueil de documents pour servir à l'histoire de Lorraine, t. I, p. 154); elle va ensuite à Pont-à-Mousson, et revient le 18 février à Nancy (Bulletin de la Société de l'histoire de France, 1859-60, p. 10); le 8 avril, elle est à Lunéviile (Archives, K 504, n» 1); le 6 août, elle est encore en Lorraine (Collection de Lorraine, 20 bis, n« 8); elle vient ensuite rejoindre en Provence son mari, que nous trouvons à Aii le 23 octobre 1443 (Itinéraire, dans Lecoy de la Marche, t. II, p. 445), et séjourne avec loi jusqu'au départ pour Toulouse.

2. Hélait dans celte ville le 19 mars. Itinéraire, /. c, p. 446.

3. 11 y a des lettres de cette date, données ù Saumur, qui portent sa signature. Pièces originales j 1037: Dun.

commença au plus tôt à Toulouse, à la fin de mars 1443, et ne put s'établir définitivement qu'à S.aumur, à partir du mois de septembre suivant. Nul doute donc relativement à l'origine de cette liaison occulte qui , au témoignage même de Jean Charlier, précéda les cinq années qu'Agnès passa dans la maison de la Reine * ; il est même probable que la naissance de la première fille illégitime suivit de peu celle de la fille légitime survenue le l®** décembre 1443. Agnès aurait été maîtresse du Roi, et déjà mère, quand, dans les derniers mois de 1444, elle passa au service de Marie d'Anjou.

L'origine des amours royales est un mystère difficile à sonder. La politique souvent y a autant de part que le senti* ment : un roi enchaîné par les sens se laisse plus aisément conduire, et les courtisans sont peu scrupuleux sur le choix des moyens quand il s'agit d'assurer leur crédit et d'accroître leur influence. En fut-il ainsi pour Charles VU ? Ce prince qui, parvenu à l'âge de quarante ans, trahit la foi conjugale qu'il paraît avoir respectée jusque-là, cède-t-il à l'entraînement d'une passion violente? N'y eut-il pas, comme plus tard pour Louis XV, quelque honteuse intrigue, quelque ténébreuse conspiration pour faire entrer dans la couche royale une femme qui devait servir d'instrument à d'ambitieux desseins ? Plus d'un courtisan était intéressé à conquérir la faveur du souverain, et ce à quoi La Trémoille semble n'avoir point songé, d'autres pouvaient essaj^er de le tenter.

Parmi les fçimiliers que le Roi avait distingués, se trouvait un jeune écuyer du pays d'Anjou qui, en 1433, âgé de vingttrois ans à peine, avait pris une part active au renversement de La Trémoille. Familier de la maison d'Anjou, Pierre de Brezé continua de la servir dans les luttes contre les Anglais qui eurent le Maine pour théâtre. Fait chevalier par Charles d'Anjou en l'i34, au siège de Saint-Célerin , il fut nommé en 1437 sénéchal d'Anjou et capitaine de la grosse tour d'Angers. Charles VII se connaissait en hommes : il fit entrer Brezé dans son Conseil ^. La Praguerie le mit en évidence : Brezé devint

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