Le comte de Puymaigre, /. c, p. ii
de plusieurs places. Mais les rebelle^ ayant occupé par surprise Médina del Gampo, Jean se trouva à leur merci : le 23 juin 1441 fut signé un traité par lequel les rois de Gastille et de Navarre déclaraient s'en rapporter à la décision de la reine, du prince don Henri, de Tamiral et du comte d'Alva. Tenu par le roi de Navarre dans un honteux esclavage et gardé à vue, Jean II n'eut plus bientôt qu'un pouvoir nominal. Cette situation se prolongea jusqu'en 1444. Le prince don Henri s'étant alors mis secrètement en relation avec son père, celui*ci parvint à s'échapper et pasàa dans le camp du prince. L'armée des confédérés fut dispersée ; le roi de Navarre dut chercher un refuge en Aragon. Enfin , l'année suivante , la victoire d'Olmedo (19 mai 144S) vint assurer le triomphe de la Gastille, sans pour cela mettre un terme aux troubles résultant des divisions entre le père et le fils *.
D'après ce tableau rapide on peut constater que, dans les dernières luttes que la France eut à soutenir contre l'Angleterre, l'alliance castillane ne lui fut pas plus profitable que Talliance écossaise. Toutes les tentatives faites pour obtenir une action efficace de la part de Jean II demeurèrent infructueuses. Non que le roi de Gastille fût indifférent à la situation du royaume : nous le voyons se réjouir de la prise de Paris *; mais, dans la situation précaire où il se trouvait, il était réduit à l'impuissance. L'ambassade de l'évéque de Toulouse en 1437* et de Jean de Lizac en 1441 * ; celle qui paraît avoir été envoyée à la fin de 1442, lors de l'expédition de Guyenne, ne furent suivies d'aucun effet. Nous savons qu'un chevalier castillan vint trouver Gharles VII à Montauban, pour concerter avec lui les mesures à prendre en vue d'une attaque contre les Anglais; on a vu plus haut' que cette entreprise ne fut point
1. Voir Ferreras, Histoire d'Espagne, t. W^passim; D. Modesto Lafuente, His- Iwia gênerai de E^jHtna, t. Vm, p. 315-235 ; Cavanilles, Storia de Espana, t. IV, p. 165-172.
2. c De las quales nuevas el Rey hubo gran placer, por el alianza é amistad que con el Rey de Francia ténia. » Cronica del rey Don Juan, ann. 1436, chap. ii.