Ordonnances y t. XIIl, p
qa'il avait accompli et qui lui assurerait les bénédictions du Ciel ; tout en reconnaissant la pureté des intentions du Roi , la sincérité de son- âme , il insistait sur la nécessité de révoquer la Pragmatique sanction, rédigée récemment à Bourges, au mépris de tout droit divin et humain, non par lui — comme on Fen avait assuré — mais par des hommes recherchant leur intérêt propre et non celui de Jésus-Christ, et en vue de « diminuer Tobéissance qu'on avait toiijours gardée dans le royaume de France à Tégard des Pontifes romains et d'affaiblir Tautorité du Siège apostolique. » — « Cette Sanction, ajoutait le Pape, doit être abrogée par vous, afin que tout le monde sache que vous voulez conserver le soin de défendre Tautorité suprême de ce Siège et la nôtre , soin que vous a pour ainsi dire légué le dévouement héréditaire de vos ancêtres ^ y>
Malgré les déclarations solennelles et les ordres formels de Charles VU, le clergé de France ne fut point unanime à suivre la ligne de conduite qui lui était tracée. L'université de Paris , qui avait eu une si grande part dans les délibérations du Concile de Bàle, prit ouvertement le parti de Félix V, et Ton vit paraître des mémoires , émanant de docteurs de Tuniversité , pour justifier Télection de Tantipape. C'est évidemment à Toccasion- de ces dissidences que le Roi donna, à la date du 21 novembre 1440, de nouvelles lettres, par lesquelles il reproduisait sa déclaration du 2 septembre portant qu'il persistait dans l'obédience d'Eugène IV en attendant la réunion d'un Concile œcuménique ^ En même temps, conformément aux décisions de l'assemblée de Bourges, il ordonna la levée d'une décime sur le clergé, afin de subvenir aux frais des ambassades qu'il se proposait d'envoyer en diverses régions pour travailler à l'extinction du schisme ^.
Charles VU se fit représenter à la diète de Mayence , tenue le 2 février 1441. C'est d'accord avec ses ambassadeurs qu'une résolution fut prise en faveur de la convocation d'un nouveau Concile général pour le l**" avril 1442. Ce Concile devait se