kdomancesy t. Xïll, p
3. Il est publié par Raynaldi, anni5e 1U1, §§ 9-12. Cf. Histoire de l'Église gallicane. t. XX, p. 378 etsuiv.
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cessité d'un nouveau Concile , le danger d'un refus du Pape à se prêter à sa convocation ; il condamna, d'ailleurs, en termes très vifs, les entreprises des Pères de Bâle, qu'il compara aux fureurs de T Antéchrist. Il termina par ces paroles :
« J'ai voulu dire ces choses publiquement, afin de faire briller aux yeux de tous les pieuses et saintes intentions de notre Roi très chrétien. Il ne suit point en cette aflfaire les inspirations de la chair et du sang, mais il s'attache uniquement à accomplir la volonté de Dieu le Père qui est dans les Cieux. Conformément à cette volonté , transmise par la doctrine des saints et de l'Église, il vous reconnaît et vous vénère, Très Saint-Père, comme le Souverain Pontife, le prince de TÉglise, le vicaire de Jésus-Christ. Et comme il voit, par malheur, ces vérités s'Obscurcir dans le cœur des hommes, par suite du funeste débat qui déchire l'Église, il sollicite à ce sujet la réunion d'un Concile général : demande entièrement conforme à. la piété et à la justice. Il a pour votre personne des sentiments qui dépassent l'amour que l'on rencontre habituellement chez un fils ; il parle toujours de vous avec éloge ; il ne souffre pas que d'autres se permettent le moindre blâmer il n'attend de vous que des bienfaits : espérant qu'après avoir réussi , au prix de si grands sacrifices , à conjurer la ruine des Grecs et des Orientaux , vous ne dédaignerez pas de préserver l'Occident d'une ruine à laquelle il vous est facile de porter remède. »
L'ambassade avait également pour mission de s'occuper des aflfaires du roi René , qui devenaient de plus en plus critiques .
Eugène IV, qui n'avait jamais cessé de donner des marques de sa sympathie pour la cause du roi de Sicile *, parut plus touché de la démarché en faveur de ce prince que de la requête présentée au nom du Roi relativement à la réunion d'ud nouveau Concile. Il venait (26 avril 1441) de transférer à Rome le Concile de Florence ; après avoir opéré l'union avec le pa-
1. Dans une lettre citée plus haut, le Pape disait qii*il avait envoyé à grands frais au roi René des secours sans lesquels la ville de Naples serait tombée au pouvoir de Tennemi, et qu'il n*avait rien négligé en sa faveur, ce qui lui avait attire les colères du roi d'Aragon, qui faisait tout ce qu*il pouvait pour nuire à l'Église et au Pape. Raynaldi, année 1410, § i.
triarche de Constantinople, puis avec les Àrméaiens (22 novembre 1439), il allait conclure la même uuion avec les Jacobites (4 février 1442).. Ce n*était pas le cas de convoquer un autre Concile, alors que celui-ci obtenait d'aussi importants résultats. Pourtant trois cardinaux furent désignés pour conférer avec les ambassadeurs de Charles VIL
Le Pape, voulant témoigner de sa déférence pour le Roi et poursuivre les négociations entamées à Florence avec ses ambassadeurs, donna, à la date du 22 mai 1442, des instructions à ses ambassadeurs, à la tête desquels se trouvait Tévêque de Brescia, désigné comme nonce en France. Les envoyés du Pape avaient mission de se rendre à la fois près de la reine de Sicile Isabelle et de Charles VIL
En passant par la Provence, les ambassadeurs devaient mettre la reine de Sicile au courant de tout ce que le Pape avait fait pour venir en aide à son mari, et lui faire connaître la situation des affaires dans le royaume de Naples. De là, passant par Avignon , où ils s*arrêteraient pour visiter le cardinal de Foix , ils devaient se rendre à la cour de France. 11 leur était recommanda de se mettre dans les bonnes grâces de Charles çl*Anjou, du cardinal de Reims (Regnault de Chartres), en qui le Pape avait une confiance particulière , de Tarohevêque de Vienne (Geoffroy Vassal)* et de maître Pierre Beschebien, physicien du Roi, qui, a sous prétexte de se rendre utile en leur donnant les secours de son art, les assisterait en toutes choses. » Au jour et à l'heure de l'audience du Roi, après lui avoir donné, selon l'usage, la bénédiction de la part de Sa Sainteté, et lui avoir témoigné l'affection du Souverain Pontife pour sa personne et pour son royaume , et le désir qu'il avait de voir ses Etats prospérer et s'agrandir, comme l'attestait assez ce qu'il avait fait tant en vue de la paix qu'en faveur du roi René, ils devaient développer ce qui avait été dit de vive voix à ses ambassadeurs , et insister sur les graves inconvénients qui résulteraient de la convocation d'un troisième Concile. La seule voie à suivre était de procéder par les armes contre l'antipape,
i. Domim VUennenm. lifaut lire saus doule Viennetinh.
le conciliabule de Bâle et ses partisans , comme scbismatiques et hérétiques opiniâtres. Les envoyés du Pape devaient ensuite aborder la question de la Pragmatique : la seule lecture de cet acte montrait combien il était blessant pour la plupart des droits et des libertés du Saint-Siège ; le Roi devait être sollicité de le révoquer, et de maintenir, comme il l'avait fait jusqu'ici, comme l'avaient fait avant lui tous ses ancêtres les Rois très chrétiens, fils dévoués de la sainte Église romaine, les droits et les libertés de TÉglise et du Siège apostolique. « Sa Sainteté ne pouvait croire qu'une chose si préjudiciable à Vkme du Roi et à son honneur eût été faite de son consentement ; s'il avait compris quelle est entièrement contraire au droit divin et humain, aux privilèges et aux libertés de l'Église romaine, il se fût abstenu. Chacun sait quel est l'auteur et le . promoteur de ce grand attentat. » Dans le cas où le Roi , pour abolir la Pragmatique, voudrait entreprendre une réforme notable, on pourrait lui démontrer que cette réforme serait très profitable à son royaume ; si, au contraire, le Roi n*était disposé ni à abolir la Pragmatique, ni à entreprendre cette réforme, il conviendrait de la passer sous silence. D'autres points devaient être traités par les envoyés pontificaux : le procès relatif à la ville et au diocèse de Cambrai, la décime que le Roi voulait mettre sur le clergé, l'affaire de l'évôché d'Avignon, Tafifaire de l'évêché d'Angers; enfin ils devaient s'élever avec énergie contre la détention de l'évêque de Laon, que le Pape regardait comme un véritable scandale pour l'Église universelle, et réclamer la mise en liberté de ce prélat*.
L'évêque de Bresda passa de longs mois en France , en qualité de nonce apostolique. Tout en s'occupant d'assurer le succès de la mission dont Eugène IV l'avait chargé, il s'efforça, nous l'avons vu, de procurer la paix entre la France et l'Angleterre '•
C'est à ce moment qu'il faut , croyons-nous , placer une im-
1. lie texte de ces inslnictions a été pablië par M. Lecoy de la Marche, le Roi René , t. II, p. 2i5-5i. — Guillaume de Champeaux, révoqué le 31 décembre 1441, était sous le coup de graves accusations. Voir plus loin, chap. xvii.