Original sur parchemin. Cabinet de Tauteur
rance, Dieu devanl, de recouvrer les passages que occupent encores nosdîz ennemis et de faire au seurplus ce que Dieu nous conseillera. Et ausdiz explois a tousjours esté la Pucelle, laquelle est venue devers nous, ainsi que toutes ces choses pourrez plus ad plain savoir par le porteur de cesles, clerc et serviteur de nostre amé et féal conseiller et chambellan le sire de Gaucourt.
L'assignation duquel nostre conseiller, au regard des ii"^ frans de bonne monnoye que pieçà, par vos ainbaxeurs envoyez devers nous en nostre ville de Ghinon, lui furent en nostre présence promis paier, et iceulx par marchands de Bruges ou autres faire rendre à Londres en racquit de la parpaye et surplus de sa finance, et dont pour celle cause vous quitasmes les arreraigeB d'une année et demie de la composicion des vi™ que nous estes tenus paier chascun an, et dont de ce vous avons plusieurs fois escript, voulons, comment que soit, que lui faictes paier et délivrer sans plus de délai, et ainsi le vous mandons, sur le plaisir et service que nous desirez faire, car bien savez que nous sommes grandement tenus à lui paier, pour cause dés gratts et {yroufîtables services quMl nous a fais et fait incessamment. Et s'il n'eôtoit payé de ce qme là et autre part Tavons appointié pour sadicte finance et raençon, il ne se pourroit autrement acquitter à nosdiz ennemis, et par ainsi ne nous pourrions de lui aider et servir comme besoing nous est. De laquelle chose ne pourrions estre contons en manière quMl soit. Si en faictes tantceste fois qu'il 8*en doye à nous louer et plus n'en esconviengnç vers nous retourner, en gardant que faulte n'y ait. Et souvent nous escrivez de voz affaires et besongnes, que tousjours aurons pour recommandées.
Donné en nostre chastel de Loches, le xxiv* jour de may.
CHARLES»
1. Original. Aicbives de Tournai. (Publié d'après Extniils analytique» des anç^erù comaux de la ville de Tournai^ t. II, p. 339-30,)
Le Roi aux habitants de Reims
Sainl-Denis» 13 sepierubre 1429.
' A noz chiei's et bien amez les gens d'église, hourgois ei habitons
de la ville et cité de Reims.
De par le Roy.
Ghiers et bien amez, après ce qfue nous avons eii conquis et mis en nostre obéissance plusieurs des villes, places et forteiresses de noz pais de par deçà, pour parvenir à mectre paix en nostre royaume et mesmement entre nous et nostre cousin de Bourgoigne, et faire cesser les grans et innumerables maulx et inconveniens qui par les guerres et divisions qui sont en icellui y sont adveauz et adviennent chascun jour, aient esté tenues aucunes journées tant par nous et noz gens que par nostre dit cousin de Bourgoigne et les siens. Ausquelles journées ait envoyé nostre très cbier et très amé cousin le duc de Savoy e ses ambaxadeurs, par le moien de»quelz ait esté prinse et accordée certaine abstinance de guerre entre nous et nostre dit cousin de Bourgoigne jusques à Noël prochain venant, pendant lequel temps de ladiete abstinance Ten pourra plus* amplement procéder à icelle paix, de laquelle avoir avons fait et ferons nostre devoir tant que il sera véritablement cogneu que par nous n*a tenu ne ne tendra, et de ce en appelions Dieu en tesmoing comme vray juge. Et pour ce que se, durant icelle abstinance, attendu le très grant nombre de gens qui sont en nostre compaignie, feussions demeurez en noz pais de par deçà, ce eust esté la totale destrucion dlceulx, veu que ne les povons emploier en fait de guerre, nous, pour alléger noz diz paîs durans icelles trêves, et aussi pour assambler et mectre sus plus grant armée affin de retourner après le temps de ladiete abstinance, ou plus tost se besoing est, à toute puissance, et entendre et poursuir le demourant de nostre conqueste et recouvrement de nostre seigneurie , avons délibéré de faire ung tour oultre ladiete rivière de Seine; et pour la garde et gouvernement de nosdiz pais de par deçà avons laissié nostre très chier et amé cousin le conte de Glermont , nostre lieutenant gênerai en et partout nosdiz pais de par deçà, et en sa compaignie beau cousin le conte de Vendosme,
nostre chancellier, beau cousin Ghristofle de Harecourt, et plusieurs autres de nostre grant conseil , auquel nostre cousin et lieutenant gênerai avons baillé plain povoir et auctorité de vous et les autres garder et deffendre de toutes oppressions, jusques à nostre retour, comme nous mesmes pourrions faire se presens y estions, ce que savons certainement qu'il fera de tout son povoir sans riens y espargner. Si vous signifiions la provision que avons laissiée par deçà, durant nostre absence, pour vous et tous leâ autres, affin que en tous voz affaires vous tirez par devers nostre dit cousin et que à lui obéissiez comme à nous mesmea. Doané à Saint Denis en France, le xiii« jour de septembre.
CHARLES