Lecoy delà Marche, t. I, p. 119. Cf. Gr^el, p
4. Le 23 novembre, le chancelier et le comte et la comtesse de Richemont passaient par Paris pour se rendre en Flandre. Archives, LL 217, f. 122.
tout le mois de janvier. Enfin, le 28, le roi René s'engagea à faire au duc de Bourgogne l'abandon des terres de Cassel et du Bois de Nieppe, à renoncer à tous droits sur Dunkerque , Bourbourg et les autres terres de Flandre venant de l'héritage de Robert de Bar, et à payer au duc, pour sa rançon, une somme de quatre cent mille écus d'or. Le 3 février, Philippe donna son approbation au traité. Le même jour fut signé le contrat de mariage de Jean d'Anjou, fils aîné du roi René, avec Marie de Bourbon, sœur du duc Charles : la dot (Je la princesse était fixée à cent cinquante mille écus ; cent mille furent payés comptant et servirent à acquitter le premier terme de la rançon. Tous les arrangements particuliers étant conclus, le traité définitif fut signé le 7 février 1437. Philippe et René jurèrent sur la vraie croix de n'avoir plus aucune querelle, de vivre en bonne intelligence, et de ne point conclure d'alliance sans s'y comprendre mutuellement *.
On a dit qye le duc traita son prisonnier avec magnanimité , le mettant en liberté sans l'obliger à payer de rançon*. Les actes donnent, on le voit, un complet démenti à cette asserlion. Quelque fussent les sacrifices que René dût s'imposer, il s'estima cependant heureux ; car, s'il sortait de prison très appauvri par la somme exorbitante exigée de lui, il conservait son duché de Bar, et il était reconnu légitime possesseur du duché de Lorraine. Mais sa longue détention l'avait mis dans l'impossibilité àe faire valoir ses droits sur le royaume de Sicile ; les chances qu'il pouvait avoir de s'emparer du trône se trouvaient par là fort compromises.
Ainsi fut obtenue la première réparation que Charles VII était en droit d'attendre du duc de Bourgogne. Remarquons toutefois qu'en accordant la liberté au chef de la maison d'Anjou , Philippe eut soin de l'envelopper dans le réseau d'alliances par lequel il voulait rattacher à sa cause tous les princes du sang.
1. Chaitier, 1. 1, p. 233 ; Lecoy de laMarche, le roi René, 1. 1, p. 12. Voir les documents originaux dans la Collection de Lorraine, vol. 238, n«* 11 et suivants.
2. Cest le bourguignon Georges Chastellain qui n*a pas craint de porter cette prétendue libéralité au compte de son maître : (c Quitta au roy Renier sa rencon gratis . » dit-il dans sa Déclaration des hauts faits du duc de Bourgogne, Œuvres, t. Vll, p. 216-17.
8^ HISTOIRE DE CHARLES VII. 143o et SUiv.
C'est en obéissant à la même pensée que Philippe allait s'intéresser à la délivrance du duc d'Orléans ; ne fallait-il pas, pour le triomphe de sa politique, que le fils de la victime de Jean sans Peur devînt l'obligé de la maison de Bourgogne ? Et le malheureux prisonnier se ]}»rêtait à ce rôle avec une singulière complaisance : on n'a point oublié le gracieux accueil que reçut Hugues de Lannoy, quand il vint, au nom de son maître, faire les premières avances *.
Dès le lendemain du traité d'Arras, le bâtard d'Orléans avait juré de ne rien épargner pour arracher le duc son frère à la captivité où il languissait depuis vingt-cinq ans. Dans ce but, le bâtard se mit en relations (et peut-être en relations personnelles) * avec le duc de Bourgogne , et il entama une négociation secrète ayec le duc de Savoie.
Cette négociation, restée inconnue jusqu'ici, fut conduite par le président Lou vet , lequel , on se le rappelle , avait fait épouser une de ses filles au bâtard. Retiré à Avignon depuis sa disgrâce, Louvet était loin de se désintéresser des affaires politiques; il saisit avec empressement cette occasion d'y reprendre un rôle actif. Il s'agissait d'obtenir, pour le duc d'Orléans, la main de la dernière fille d'Amédée VIII, devenue veuve de Louis III , roi de Sicile , avant la consommation du mariage. La première pensée de cette union remontait au commencement de 1435 et était due au bâtard d'Orléans; le duc, interrogé à ce sujet, l'avait encouragé à poursuivre son dessein*. De son côté , Louvet avait songé à faire épouser Marguerite de Savoie au comte d'Angoulême *. Bientôt il fut chargé de traiter