‹ Histoire de Charles VIIChapitre 56 sur 340 · Voir tome II, p · texte numérisé non relu

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3. Gela parait résulter de ce fait qu'une lettre » ëmte par le bâtard d*0rléans au présideat Louvet, porte la date de Bruges, ce mardi xxu jour de may. Archives de Turin, Archivio camerale.

3. a Mon dit seigneur m'a faite responce que audit fait il a voulenté sur toutes riens et plus que nulle autre part, et que bien cognoissoit la chouse convenable pour toutes les parties, me faisant savoir que je travailiiasse en la chouse tellement que ladicte Reine ne fust aultre part mise. » Lettre du bâtard d'Orléans à Louvet, 22 mai U36. Archivio camerale.

4. Le président Louvet avait suggéré cette idée du duc par Tintermédiaire du héraut Orléans , venu le consulter de la part de son maître sur les moyens de faire finance pour payer la rançon du comte d*AngouIéme. Le duc d'Orléans, en lui répondant, lui dit que, toutes choses considérées , c'était pour son propre compte , et non pour celui de son frère , qu*il entendait poursuivre le projet de mariage. Instructions de Louvet en date du 26 novembre 1435. Archivio camerale.

1435 çt suiv. i^ES SUITES du traité d'arras. 87 ,

Taifaire pour le compte du duc Charles, et de sonder habilement à ce sujet le duc de Savoie. Avec sa finesse et son sens politique, le vieux diplomate vit d'un coup d'oeil les résultats qui pouvaient découler d'une telle union. Il connaissait de longue date la sagesse d'Amédée VIII ; il se rappelait la modération dont ce prince avait fait preuve au milieu des dissensions qui, depuis tant d'années, existaient entre les princes de la maison royale ; plus d'une fois, le duc était intervenu comme médiateur* ; Louvet était persuadé que s'il obtenait l'assentiment d'un prince qui, uni à la couronne par des liens de parenté, était à la fois l'ami du duc de Bourgogne et du comte d'Armagnac, et qui, d'un autre côté, entretenait de bonnes relations avec le Roi d'Angleterre , il en résulterait un grand avantage, non seulement pour la délivrance du duc d'Orléans , mais encore pour « Tapaisement de tout le royaume ; » car, malgré la conclusion du traité d'Arras , jamais la paix ne serait assurée ni la tranquillité rétablie d'une manière définitive , tant que le « débat d'Orléans » n'aurait point été terminé par une solution amiable ^.

Le président chargea un familier du duc de Savoie , Luc de Guya ou de Jouge , capitaine de Saint-André-les-Avignon , en qui il avait pleine confiance , d'aller trouver son maître , et de lui faire des ouvertures relativement au mariage de la jeune reine de Sicile avec le duc d'Orléans. Luc de Jouge partit aussitôt, et ne tarda pas à informer Louvet que sa communication avait été favorablement accueillie. Ceci se passait au mois de janvier 1436. Le président se hâta de faire part à son gendre de cette bonne nouvelle, afin qu'il la transmît au duc d'Orléans'.

Sur ces entrefaites, les Anglais, furieux de la conclusion du traité d'Arras et définitivement brouillés avec Philippe, firent des ouvertures au duc Charles. Ils lui promirent de le mettre

1 . « Et n*ay point veu quMl ait tenu nulle extrême partialité es brouillis et debatz do France ; mais s'est tousjours gouvernés comme moyen. » Mêmes instructions.

2. « Car Luques, queque cbouse qui se die de la paix, ne faites doubte que le royaume ne sera jamais bien paisible se le desbat d'Orliens n'est rapaisé ; et vous en ourrez brief aueones nouvelles. » Mômes instructions.

3. C'est ce qui ressort d'une lettre du bâtard à son beau-père, en date du 8 juillet 1436. ArchiiHo camerale.

en liberté s'il voulait embrasser leur parti contre le duc de Bourgogne , lequel , à les entendre , n'aurait cessé , à l'exemple de son père, de s'opposer par tous les moyens possibles à la délivrance de son cousin. Le duc d'Orléans répondit qu'il était disposé à tout faire pour sortir de prison , pourvu que son honneur fût sauf; il ajouta que, lorsque le roi d'Angleterre lui aurait fait connaître ses intentions, ce prince recevrait une réponse qui serait de nature à le satisfaire. Le duc n'entendait point, cependant^ épouser la querelle personnelle des Anglais : il avait vu avec plaisir le rapprochement opéré entre le Roi et le duc de Bourgogne, et avait conseillé à ses amis d'accepter le traité ^ espérant en voir sortir pour lui-quelque moyen de libération *.

Dès que le duc d'Orléans eut été informé des dispositions favorables du duc de Savoie, relativement au mariage projeté, il fit partir une ambassade chargée d'aller trouver ce prince et de poursuivre secrètement l'affaire. Louvet n'en restait pas moins investi de la direction supérieure des. négociations. Sur leur route , les ambassadeurs s'arrêtèrent à Tours , où se trouvait alors la Cour : là ils apprirent qu'il était question du mariage de la reine de Sicile avec le roi de Chypre ; ils jugèrent inutile de poursuivre leur route avant de s'être assurés si ce bruit avait quelque fondement. Louvet , qui les attendait avec impatience, fut très contrarié de ce retard : il s'empressa d'écrire au duc de Savoie , avec lequel il était en correspondance suivie, pour en prévenir l'effet*.

Mais d'autres incidents vinrent entraver le voyage des ambassadeurs. Le duc de Bourgogne avait été sondé relativement au concours qu'il consentirait à prêter à son, cousin d'Orléans pour le tirer de prison, et l'on attendait sa réponse'. En Angleterre, l'influence du cardinal de Winchester ayant prévalu sur celle du duc de Glocester, on venait de décider qu'une ambassade serait envoyée en France pour traiter de la

1. Mémoire de Louvet : « A celle fia, ï> etc. Archivio camerale.

2. Lettres de Louvet des 7 juin et 28 juillet ; Réponses du duc de Savoie des 16 juin et 4 août. Arehivio camerale.

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