‹ Histoire de Charles VIIChapitre 62 sur 340 · LES CONFERENCES DE GRA VELINES · texte numérisé non relu

LES CONFERENCES DE GRA VELINES

Rapports de Charles VU avec le duc de Bourgogne depuis le traité d*Arras. — Affaires en litige; plaintes formulées par le duc. — Mariage de Catherine de France avec le comte de Charoiais; Ambassade envoyée pour conduire la jeune princesse à Saint-Omer; Célébration du mariage. — Intervention de la duchesse de Bourgogne dans les négociations avec PAngletarre. — Pourparlers préliminaires avec le cardinal de Winchester. — Conférences de Graveliaes. — Rupture des négociations.

Sans être jamais intimes , les relations de Charles VII et de Philippe le Bon furent d'abord amicales. Le Roi débuta par une démarche pleine de courtoisie. Un fils lui était né : il choisit le duc de Bourgogne pour parrain de Tenfant, qui reçut le nom de Philippe. Aussitôt après le baptême, il écrivit (4 février 1436) une lettre affectueuse au duc : « Veuillez, disaitil, avoir pour agréable ce que fait en avons et reputer notre dit fils pour votre filleul, comme si, en propre personne, l'eussiez levé et tenu sur les saints fonts. Car Dieu sait que en toute bonne amour et intention l'avons ainsi fait, et même pour toujours mieux accroître et continuer amour entre vous et nous, notre lignée et la vôtre *. r>

1. Le texte de cette lettre a été donné par Sainl-Remy, t. II, p. 367-69. — Nous en aTons ooe copie, tirée des Registres de l'Mtelde ville d' Amiens ^ dans la collection Grenier, vol. 100, p. 43.

96 HISTOIRE DE CHARLES VII. 1436 etSOiv.

Le duc fit très bon accueil au héraut Goutances , qui lui apporta le message royal*. Il le chargea d'une lettre où il exprimait au Roi sa reconnaissance pour l'honneur qui lui était fait et son sincèHe désir de maintenir une paix dont l'accomplissement l'avait rendu si joyeux ^ Le 13 février il fit partir Bertrandon de la Broquière , son premier écuyer tran- ' chant, avec mission d'offrir à la Reine un riche tableau d'or garni de pierreries et un « cornet d'or, » enrichi de pierres précieuses , destiné au nouveau-né ^

Dans cet échange de communications, les affaires politiques eurent bien vite leur place. C'est ainsi que , dans les lettres que nous venons de citer, le Roi rappelait qu'il avait déjà écrit au duc pour le presser de mettre René d'Anjou en liberté, et revenait à la charge ; il parlait aussi d'une difficulté soulevée au sujet de l'évêché de Tournai, dont Jean d'Harcourt n'avait pu entrer en possession. Le duc répondit assez sèchement sur le premier point ; sur le second il opposa un refus formel *.

Le traité d'Arras, par ses multiples stipulations, par les points délicats auxquels il touchait, ne pouvait manquer de soulever bien des difficultés.

Charles VII s'était empressé de donner au duc de Bourgogne, au point de vue des concessions territoriales, les satisfactions auxquelles il avait droit ; à la date du 2 février 1436, les généraux des finances avaient pris des mesures pour assurer, sous ce rapport , l'exécution du iraité *. Dès le mois de décembre précédent, le Roi avait donné des lettres relativement à la

1. Le 21 mars 1436, le duc, par un mandement donné à L'Écluse, visait le paiement de 120 I. fait à Goutances, héraut du Roi, venu à Bruxelles « nous apporter nouvelles que madame la Royne esloit accouchiée d*un beau fils , qui avoit esté tena sur phons ou nom de nous. » Archives du Nord, B 1958, n» 5.

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