Archives du Nord, B1966, f. 167 v
i438 LES CONFÉRENCES DE GRAVELINES. 103
de Widchester, Henri VI donnait des lettres de sauf-conduit à un envoyé de la duchesse de Bourgogne * ; le surlendemain, il signait des pouvoirs au cardinal , à Tarclievêque dTork et à d'autres de ses conseillers pour traiter avec les ambassadeurs de cette princesse*. De son côté, la duchesse de Bourgogne se rendait à Saint-Omer, en compagnie de Tévêque de Tournai, du seigneur de Grèvecœur et d'autres conseillers de son mari , pour se mettre en rapport avec les Anglais '. Les négociations ne tardèrent point à s'ouvrir sur cette double base : rétablissement des relations commerciales entre l'Angleterre et la Flandre ; tenue d'une conférence pour s'occuper de la paix avec la France. Le Conseil privé de Henri VI, qui avait reconnu l'impossibilité de traiter avec Charles VII sans la participation du duc de Bourgogne , n'hésita point à donner son assentiment.
Informée de ce résultat, la duchesse de Bourgogne s'empressa d'en aviser le Roi*. Charles VII fit partir aussitôt, pour se rendre près d'Isabelle, un de ses maîtres d'hôtel, Regnault Girard — le même que nous avons vu, en 1435, chargé de la délicate mission de ramener d'Ecosse la Dauphine, — et un de ses conseillers , Robert Mallière *. Ces deux ambassadeurs devaient assister la duchesse dans la conférence
projetée.
A la fin de janvier 1439, le cardinal de Winchester, accompagné de l'archevêque d'York et d'autres notables conseillers de Henri VI , se rendit à Calais. Une première conférence fut
1. Sanf-condait délivré le 21 novembre 1438 à Sampson de la Laing, « militem illius ducis Burgundiae se dicentis, qui nuper ad diclum avimculum Régis a consanguinea sua dacissa Burgundiae cum litteris in nuDcium venit. ikCe sauf-conduit était d'une durée de deux mois. Rymer, l. c, p. 58.