Archives du Nord, B 1966, f. 128 et 128 v
4. Jean Viguicr partit le 21 novembre pour se rendre près du Roi. Archives du Nord, B1969, f. 56vo; cf . f . 156.
5. Regnault Girard , seigneur de Bazoges, conseiller et maître d*hdtcldu Roi; Robert Mallière, conseiller et maître des comptes. Rymer, l. c, p- 59. Cf. Archives du Nord, B 1969, f. 156 V». — Il y a dans Claii'ambault, 53, p. 4029, une quittance de cent livres, signée de Regnauit Girard, en date du 14 décembre 1438, pour un voyage qu*il fait présentement vers le duc de Bourgogne. — Le 11 décembre Yalentinois, le poursuivant recevait 55 s. t. pour aller de Bourges à la Charité porter lettres closes , de par le Roi et son Conseil, à Robert Mallière, et rappoiter réponse. Pièces originales, 1955 : Mailuêre.
tenue entre Calais et Gravelines; il y fut décidé que, dans le cour^int de l'année, on se réunirait, soit à Cherboui^, soit à Calais, et que le duc d'Orléans serait présent*. Conformément à ces préliminaires, le 4 mars suivant, le roi d'Angleterre déclara consentir à ce que les conférences fussent tenues à Calais , ou à Cherbourg si V « Adversaire de France » le . préférait , et à ce que le duc d'Orléans y assistât*. De son côté, Charles VII, après avoir mûrement examiné la question' et malgré la vive opposition de certains membres du Conseil, décida qu'il entrerait en négociations avec les Anglais *. Le 7 avril , du /fond de l'Auvergne où il se trouvait, partirent des lettres portant pouvoir au duc de Bourgogne, au comte de Vendôme, au chancelier Regnault de Chartres, au bâtard d'Orléans, et à un grand nombre d'autres conseillers de la Couronne, d'aller traiter « de paix finale entre les royaumes de France et d'Angleterre*. » Le 8 mai, à la requête de la duchesse de Bourgogne, des lettres de sauf-conduit furent délivrées aux ambassadeurs de France pour se rendre sur les marches de Calais •. Enfin, les 23 et 25 mai, Henri VI donna à ses ambassadeurs des pouvoirs et des instructions \
i. Monstrelet, t. V, p. 342-53. Cf. Protestation da duc de Glocester contre Tëlargissementdu duc d'Orléans , dans Stevenson, t. II, p. i45.
i. Rymer, t. V, part, i, p. 59.
3. Le 16 février, Jean Viguier partait? de Saint-Omer pour aller trouver le Roi à Limoges et c avoir son scellé de entretenir certaine journée prinse avec les Angloiz pour le fait de la paix des deux royaumes de France et d'Angleterre. « Archives du Nord , B 1969, f. 156 vo. Cf. B 1666, f. 113.
i. c Le Roy estant à Riom , en caresme dernier passé a eu un an , print sa conclusion sur la paix generalle de France et d'Angleterre. » Preuves de Mathieu d'Escouchy, p. 5. Cf. lettres du 28 mai's 1439, où il est question de « certaine convention et assemblée qui se doit faire au mois de may prochain es marches de Calais d'aucuns de nos gens avecques ceux de nostre adversaire d'Angleterre pour entendre et besoingner au fait de la paix générale de nostre royaume et de cellui d'Angleterre... » Fontanieu, 117-118.
5. Ces lettres sont dans D. Plancher, Histoire de Bourgogne, t. IV, Preuves, p. clxiii. — La veille de la date de ces lettres, 6 avril, le Roi ordonnait de payer 2,000 1. 1. au bâtard d'Orléans pour le voyage de Calais. Quittances des U avril et 4 mai 1439. Clairambault, 1123, no» 35 et 36.
6. Rymer, t. V, part, i, p. 59. Le héraut Touraine et Porc Ëspy, poursuivant d'armes, étaient à Rouen au milieu d*avril pour solliciter des sauf-conduits. Lettres de Henri VI données à Rouen le 21 avril 1439. Ms. fr. 26065, n» 3756.
7. Rymer, p. 61, 62, 64; Proceedings and ordinances, t. V, p. 354 et 349; Brequigny, 82, f. 34,39, 59, 69.
1439 LES CONFÉRENCES DE GRAVELINES. lOS
Les pléuipotentiaires français étaient chargés en même temps de conduire à la cour de Bourgogne la fiancée du comte de Charolais. On cédait en cela aux instances du duc Philippe, qui avait demandé, conformément au traité du 30 septembre 1438, que la jeune princesse fût remise entre les mains de la duchesse sa femme K
Catherine de France était alors âgée seulement de six ou sept ans. Elle partit de Tours, conduite par Louis de Bourbon, comte de Vendôme, Jean de Bretagne, comte de Penlhièvre, Jean de Chalon , comte de Tonnerre , Pierre de Bourbon , sire de Beaujeu, Jean d'Harcourt, archevêque de Narbonne, et Jacques de Chatillon, seigneur de Dampierre'; elle était accompagnée de sa gouvernante , la dame de la Rochè-Guyon , et de douze dames ou demoiselles. Elle fut reçue pompeusement à Reims par le chancelier, le connétable et le bâtard d'Orléans. L'entrée eut lieu le 19 mai '. Le cortège prit ensuite le chemin de la Flandre. A Cambrai attendaient les représentants du duc de Bourgogne : c'étaient les comtes de Nevers et d'Étampes et le chancelier Rolin, entourés d'un grand nombre de seigneurs et de dames, parmi lesquelles les chroniqueurs nomment la comtesse de Namur, la dame de Crèvecœur et la dame de Hautbourdin. De là on se dirigea vers Saint- Omer, où se trouvaient alors le duc et la duchesse de Bourgogne. Philippe vint au-deyant de la princesse pour lui souhaiter la bienvenue. Les noces furent célébrées au milieu de divertissements et de joutes qui se prplongèrent pendant plusieurs jours ^ Le duc et la duchesse firent « grand hon-
1. Mission de Jean Viguier vers le Roi au Puy, vers la Reine et la comtesse de Charolais à Tours , c tant pour le fait de la journée advisée estre tenue pour le fait de la paix générale de France et d'Angleterre, comme pour la venue devers mondil seigneur de madame Katherine de France. » II partit le 14 avril de La Haye, où était le duc. Archives du Nord, B 1969, f. 156 v»; Archives de la Côte-d'Or, B 1673, f. 76 et 76 v.
2. Monstrelet, t. V, p. 400; Jean Gharlier, t. II, p. 9. -^ Le nom du comte de Penthièvre est fourni par un curieux document : c'est une lettre de la reine Marie d* Anjou, datée de Tours, le 11 mai, et adressée au chancelier Rolin, par laquelle elle lui recommande les intérêts du comte. Original , Brilish Muséum , Additionalj manuscripts, n« 21505.
3. Jean Chaiiier, /. c. Voir, sur les présents faits à la jeune princesse et à son escorte, Var'm, Archives législatives de la ville de Reims, 2*2partie, t. I, p. 639, note.
i. Monstrelet ,tt. V, p.;401.
neur » à leur belle-fille, lui donnant la première place et l'appelant Madame, comme il appartenait à la fille du Roi *.
De Saint-Omer, où ils séjournèrent durant le mois de juin, les plénipotentiaires français se rendirent le 28 juin à Calais , où, deux jours auparavant, étaient débarqués le cardinal de Winchester et les autres ambassadeurs anglais , en compagnie du duc d'Orléaiîs. C'était la première fois que le duc se retrouvait en présence de son frère le bâtard , et cette entrevue ne fut pas sans émotion. Charles d'Orléans eut avec le bâtard et les autres représentants du Roi un long entretien.
Les préliminaires ayant été réglés et la duchesse de Bourgogne étant arrivée de Saint-Omer, les conférences s'ouvrirent le 6 juillet, près du château d'Oye. Des tentes, magnifiquement ornées, avaient été construites pour le cardinal, pour la duchesse, pour les ambassadeurs de France. Une grande tente servait en outre de salle de réunion. Le cardinal de Winchester, médiateur du côté de l'Angleterre , présidait , ayant à sa droite la duchesse de Bourgogne, qui remplissait le même rôle du côté de la France. La duchesse avait un cortège de dix dames. Près d'elle était une jeune princesse de la maison de Bourgogne , Anne de Clèves , fiancée au prince de Viane , fils du roi de Navarre. Le duc d'Orléans n'était point présent. Craignant qu'on ne cherchât à le faire évader, les Anglais ne lui avaient pas permis de quitter Calais , où il était étroitement gardé *.
Charles VII avait pour ambassadeurs le comte de Vendôme , les archevêques de Reims et de Narbonne, le bâtard d'Orléans, le premier président Adam de Cambray, Jacques de Châtillon, seigneur de Dampierre, Regnault Girard, seigneur de
1. Ces détails sont donnés par Aliénor de Poitiers, dans ses Honneurs de la Cour, où elle constate que le Roi avait défendu aux dames de Tescorte de Catherine de France de lui laisser prendre le pas sur sa belle-mère la duchesse de Bourgogne , a car il disoit que la dite dame estoit fille de Roy, cy estoit sa bello-mère. » Mémoires sur l'ancienne chevalerie, t. U, p. 160.
2. Ces renseignements , et ceux qui vont suivre , sont empruntés à un journal écrit par Thomas Bekynton , secrétaire du roi Henri VI ; il est conservé en copie dans la collection Brequigny (vol. 81 , f. 230-337) , et a été imprimé par sir Barris Nicolas dans le tome V des Proceedin^ and ordinances (p. 334-407). Voir la longue analyse que le savant éditeui' en donne dans sa préface, p. xxxv-LXii.