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LES CONFÉRENCES DE GRA.VELINES

Cette offre fut repoussée avec dédain par les plénipotentiaires anglais , et la séance fut levée.

Après le dîner, la duchQSse de Bourgogne , se faisant l'interprète du cardinal de Winchester, s'efforça en vain d'obtenir des ambassadeurs de France l'abandon de la clause relative à l'hommage. On se sépara , en fixant la prochaine réunion au 13 juillet.

Ce jour-là , Isabelle se rendit à Melgate , près de Calais , où elle eut un long entretien avec le duc d'Orléans, en présence du cardinal et des ambassadeurs de France.

Sur ces entrefaites, une indisposition de Philippe le Bon* appela la duchesse à Saint-Omer. Qe fut seulement le 18 que les négociations purent être reprises.

La duchesse de Bourgogne fît savoir qu'il lui paraissait impossible d'arriver à conclure la paix, puisque le roi de France réclamait une renonciation formelle à la couronne de la part du roi d'Angleterre, et que celui-ci refusait de rien tenir en hommage de la partie adverse. Elle proposa donc de traiter sur les bases suivantes : conclusion d'une trêve de trente, vingt ou quinze années, laissant les choses en suspens; le roi d'Angleterre, durant ce laps de temps, s'abstiendrait de prendre le titre de roi de France, mais il aurait la faculté de le reprendre et de continuer la guerre; il abandonnerait toutes ses possessions en France, sauf celles qu'on serait d'accord de laisser entre ses mains ; chacun reprendrait ensuite possession de ce qui lui appartenait; enfin le duc d'Orléans serait mis en liberté, sans avoir de rançon à payer ^.

En recevant cette ouverture, les ambassadeurs anglais s'empressèrent de déclarer qu'ils n'entendaient rien faire qui pût porter préjudice au droit de leur maître, et que, s'ils faisaient quelque concession, ce serait uniquement afin de maintenir la foi catholique, de favoriser la conclusion de la paix et d'éviter l'eiïusion du sang chrétien.

1. Voir à ce sujet un document en date du 3 octobre li39. Pièces originaUi, 1692 : Lbscrivain.

S. Voir le texte des propositions formulées par la duchesse et le duc d*0rléans , dans kJournol de Bekynton : Prœtettings, t. V, p. ^67*69. Cf. Préface, p, LVi-Lvn.

Mais une difficulté se présentait : le duc d'Orléans n'était point d'accord avec la duchesse de Bourgogne sur les termes de la proposition faite par celle-ci. Le texte, rédigé après coup, différait, paraît-il, de la communication verbale de la duchesse. Une négociation reposant sur des bases aussi incertaines n'avait guère chance d'aboutir.

Au bout de quelques jours , les ambassadeurs anglais firent connaître leur réponse. Elle consistait en une contre-proposition : ils déclaraient, au nom de leur maître, se contenter de ce que possédaient en France ses prédécesseurs avant que le titre de roi et la couronne leur fussent échus, en y ajoutant la ville et les marches de Calais, le château et la seigneurie de Guines et les autres châteaux du voisinage , le tout à tenir de Dieu, sans hommage.

On leur demanda de s'expliquer sur ces anciennes possessions. Ils répondirent qu'ils enten(Jaient y comprendre les duchés de Normandie et de Bretagne , le comté de Flandre , le duché d'Anjou, le comté du Maine, le duché d'Aquitaine, y compris les terres de Gascogne et le pays basque, le duché de Touraine , les comtés de Toulouse , de Poitou et de Ponthieu, la ville de Montreuil, et les seigneuries de Beaufort et de Nogent.

Quant à la cédule présentée par la duchesse de Bourgogne , elle semblait aux ambassadeurs conçue dans des termes tellement vagues qu'il leur était impossible de se prononcer à ce sujet : il faudrait au moins, disaient-ils, que l'on spécifiât les terres qu'on entendait offrir au roi leur maître pendant la durée de la trêve.

Pour la première fois, à la date du 22 juillet, les ambassadeurs de France entrèrent dans la voie des concessions : conformément à la proposition de la duchesse de Bourgogne , ils consentaient à abandonner au roi d'Angleterre deux des bailliages de Normandie , le bailliage de Caen et le bailliage de Cou tances.

Nicolas Rolin, chancelier de Bourgogne, prit alors la parole pour exposer les motifs qui avaient porté la duchesse à formuler sa proposition. Cette communication n'eut d'autre

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